STATUES DES ÉVÊQUES , DES ABBÉS, DES PRÊTRES, ETC
I. Les Statues et les images tumulaires du moyen-âge méritent une spéciale attention de la part des archéologues. Car, non-seulement elles servent à déterminer Tâge d'un monument funèbre ; mais elles sont encore d'un très-grand secours pour l'étude et la connaissance des mœurs de cette époque si intéressante de la civilisation chrétienne. Elles nous montrent les costumes variés des différentes classes de la société d'alors ; les ornements sacerdotaux et plusieurs vases sacrés ; les armures des chevaliers; les insignes honorifiques réservées à certaines dignités, dans la hiérarchie soit ecclésiastique , soit militaire , soit civile , etc.
Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas d'entrer dans des détails qui, sans doute, seraient des plus intéressants; mais qui exigeraient aussi de trop longs développements. Nous nous contenterons donc de donner à nos jeunes archéologues quelques courtes notions sur les costumes les plus nécessaires à connaître dans l'étude des tombeaux.
II. Parmi les costumes du moyen-âge que nous avons à étudier, nous mettrons en première ligne les vêtements sacrés des ecclésiastiques, comme étant les plus intéressants pour nous , et offrant d'ailleurs des formes très-variées , et partant des caractères souvent très-propres à aider les archéologues à déterminer assez sûrement l'âge des tombeaux. Or , au moyen-âge, les habits sacerdotaux consistaient comme aujourd'hui en ornements communs à tous les ordres sacrés et en ornements particuliers, réservés à certains ordres ou à certaines dignités ecclé-
siastiqucs. Ainsi les ornements des sous-diacres sont : Yamict, Y aube avec son cordon, le manipule et la tunique. Le diacre a de plus Yétole , et, au lieu de la tunique^ il porte la dalmatique. Le prêtre, à la place de la dalmatiquey prend la chas^ible. L'évoque porte à la fois tous ces divers ornements, et a, de plus , la crosse et la mitre ; quelquefois il n'est revêtu , sur l'aube ou sur le rocket , que du pluvial ou de la chape. On donne, en outre, aux archevêques le pallium et la double croix. Les papes , sur leurs tombeaux, portent indifféremment la tiare ou la mitre.
IIL Comme nous traitons en particulier de chacun de ces ornements dans le second article de cette deuxième partie , nous y renvoyons pour les détails et les diverses modifications qu'ils ont subies pendant le moyen-âge, modifications souvent très-utiles pour déterminer l'âge du tombeau. (Voyez surtout au mot mitre). Nous nous bornerons ici à avertir les archéologues encore novices, que les abbés mitres et crosses sont souvent représentés sur leurs tombeaux avec la crosse et la mitre, et qu'alors, il est facile de les prendre pour des évêques; mais ce qui les distingue au premier coup-d'œil, c'est que la crosse des évoques est toujours tournée en dehors, en signe de la juridiction qu'ils exercent sur tout leur diocèse ; tandis que la crosse des abbés est toujours , sauf erreur de la part des ouvriers, tournée en dedans , pour marquer que leur juridiction ne s'étend que sur leurs religieux (*). Nous ferons encore remarquer que d'après de savants antiquaires, il ne paraît pas qu'avant le x® siècle , les évêques aient été représentés sur leurs tombeaux avec la crosse et la mitre.
Les moines sont ordinairement vêtus d'une longue tunique, d'un scapulaire et d'un manteau ou coule attaché sur la poitrine. Ils ont la tête nue ou couverte d'un capuchon (**).
C") Malbeureusement Tes artistes n^ont pas été toujours , bien s'en faot, fidèles à cette règle .
(**) Nous devons observer ici que souvent , de pieui laïques demandaient à mourir et à être inhumés dans un costume monastique. De là, il est arrivé plusieurs fois qu'on les a représentés ainsi costumés sur leurs tombeaui. Cette observation est applicable à toute la période du moyens âge.
Les vierges consacrées i Dieu n'ont pas ordinairement d'autres vêtements que ceux des autres femmes de leur temps , surtout des veuves ; mais souvent elles portent à leur ceinture les cheveux frisés qu'on leur a coupés au jour de leur consécration , sont ordinairement voilées et portent la guimpe. Vers le XV® siècle, elles prennent un manteau noir sur leur robe blanche.