‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 83 sur 112 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ORNEMENTS, ftMICT, ftUBE, CORDON.

I. La coutume de prendre des ornements particuliers pour célébrer la liturgie, dit Bergier (Art. Ornements) , nous paraît aussi ancienne que le christianisme. Saint Jean ravi en esprit un jour de dimanche, voit , au milieu de sept chandeliers d'or, un personnage vénérable vêtu d'une longue robe et ceint d'une eeinture d'or. Il vit aussi sur un trône un personnage d'un aspect éblouissant et, autour de l'autel, vingt-quatre vieillards (ou prêtres) vêtus de blanc , avec des couronnes d'or sur la tête.

Or, il est évident, ou que cette vision avait pris son point de comparaison dans les assemblées liturgiques , ou qu'elle donna lieu de s'y conformer dans la suite. Car, comme le remarque Fleury [Mœurs des Chrétiens)^ dès les premiers temps de l'Eglise , l'évêque était revêtu d'une robe éclatante , aussi bien que les prêtres et les autres ministres. Dès-lors donc on avait des habits particuliers pour les offices religieux et même des insignes pour les chefs du clergé, puisque l'histoire parle d'une lame d'or qui ornait la tête de l'apôtre saint Jean et celle de saint Jacques.

Dès le milieu du iii^ siècle , le pape saint Etienne défendit aux prêtres et aux diacres de se servir , dans l'usage commun de la vie, des habits qu'ils portaient à l'autel (Lib. Pontif.).

Cette prescription était à peu près universellement observée au IV® siècle, comme le prouvent des textes formels de saint Grégoire de Nazianze, de saint Jérôme, etc. , bien qu'il y eût

encore des exceptions (Voir Bocquillot, pag. 138). Mais si les habits dont on se servait à Tautel étaient plus propres et plus riches que les habits ordinaires, il faut avouer qu'ils n'étaient pas différents quanta la forme, comme nous allons le voir, en parlant de chaque ornement en particulier.

IL L'Amict. Amictus , Anaboladium , Ambolagium, Humerale , Super-humerale ^ est un linge de toile fine qui doit avoir environ 90 centimètres de long sur 55 de large. D'après Benoît XIV, il a été introduit vers le viii® siècle pour couvrir le cou des ministres sacrés qui , jusque-là , l'avaient eu entièrement nu. Il paraît que d'abord on le laissait pendre sur Taube au lieu de le mettre au-dessous comme nous le faisons aujourd'hui: £n certaines églises , on le mettait sur la tête ; ce que font encore quelques religieux.

Au XVII® siècle, on l'ornait quelquefois de franges d'or et d'argent. Dans les miniatures et les sculptures du moyenâge , on rencontre quelques évoques , prêtres ou diacres qui portent l'amictplus ou moins orné (*).

III. L'Aube, Alba, Poderis , Camisia , est une robe de lin qui , dès la plus haute antiquité , était un des ornements destinés aux ministres des choses saintes, tant chez les Juifs que chez les nations infidèles. Dans la primitive église , tous les ecclésiastiques la portèrent même en dehors des cérémo nies religieuses. Dès-lors , cependant , ils en avaient de plus fines et de plus propres , uniquement réservées aux fonctions sacrées. Benoit XIY nous apprend qu'anciennement les prêtres se revêtaient d'une tunique noire le Vendredi-Saint. Pendant le moyen-âge, les aubes étaient parfois brodées en soie ou en or. On en rencontre qui sont richement ornées d'orfrois dès le IX® siècle. Cette coutume s'est perpétuée au moins jusqu'au XV® siècle. Ces broderies représentaient parfois des sujets profanes. Dans l'histoire de saint Césaire , il est question d'une aube paschale du saint. Ce devait être une aube plus riche dont saint Césaire ne se servait qu'aux fêtes les plus solennelles (301). (V. Parura, ch. viii.)

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