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CHAPITRE IL MIINIPULE, ETOLE, TUNIQUE

I. Manipule. Mappula, Manipulus, Sudarium, Orarium ( nom que d'autres appliquent à l'étole) , FanoUy etc. — Le manipule, d'après le sentiment le plus commun, était un mouchoir ou une serviette que les ministres sacrés portaient d'abord à la main , puis sur le bras gauche , pour s'essuyer le visage pendant l'office divin. Ce ne fut que vers le xii® siècle qu'il devint un ornenient, en perdant sa forme et sa destination première. Dès lors , il fallut pour s'essuyer un autre linge qu'on nomma sudarium. Il n'est plus en usage depuis fort longtemps. Les anciens manipules, comme ornements, consistaient en une pièce d'étoffe fort étroite partout, et ornée de broderies et de franges. Il n'y avait qu'une seule croix placée sur le bras (301).

Le manipule était au commencement un privilège réservé aux clercs de l'église de Rome. Saint Grégoire autorisa les diacres de Ravenne à le porter ; mais les sous-diacres ne le portaient pas encore. Ce n'est que vers le xii« siècle qu'ils le

recurent à leur ordination. D'après le huitième ordre romain, il paraît qu'on le donnait quelquefois aux acolytes.

Pendant le moyen-âge, des religieux et môme des religieuses le portaient quelquefois.

Chez les Grecs , le manipule est une petite et courte manche de la même étoffe que la chasuble , qu'ils passent à chaque bras au-dessus du poignet.

IL L'Étole. Stola, Orarium. — Uétole, chez les Hébreux comme chez les Grecs et les Romains, était une grande robe à manches, commune aux hommes et aux femmes. Elle était ouverte par devant, et ses bords, de chaque côté, étaient ornés d'une bande plus riche, relevée par des orfrois, des broderies, des pièces de pourpre, etc. Cette bordure était appelée, d'après plusieurs, orarium, nom que d'autres appliquent à un linge que Ton portait autour du cou pour empêcher la sueur de salir l'étole , d'où nous serait venu Tusage d'entourer te haut des^ étoles actuelles d'une bande de toile, etc. C'est V orarium ou la bordure de l'étole antique, qui se séparait parfois du reste de la robe et se mettait seule sur te cou, pour plus de commodité, qui est devenue notre étole de cérémonie.

Dans les premiers siècles de l'Église, l'étole en tant que robe était un vêtement commun aux évêques , aux prêtres et à tous les ordres inférieurs, même en dehors des cérémonies religieuses. Au iv® siècle, le concile de Tolède la réserva aux évêques, aux prêtres et aux diacres. Toutefois, celle des diacres ne devait être ni de couleur éclatante, ni brodée d'or. D'après les canons, les évêques et les prêtres devaient la porter toujours , même en voyage ; tandis que les diacres ne pouvaient la prendre que pendant les cérémonies et devaient la retrousser sur le bras droit , afin d'avoir les mouvements plus libres à l'autel. Aujourd'hui encore, ils la portent sur l'épaule gauche et en unissent les deux bandes sous le bras droit. Les diacres maronites la portent aussi sur l'épaule gauche , mais ils la laissent pendre par devant et par derrière. Les diacres grecs la croisent par devant et par derrière pour qu'elle ne les embarrasse pas.

Depuis longtemps, les papes seuls portent constamment l'étote.

L'empereur Constantin avait donné à Macaire , évoque de Jérusalem, une étole sacrée toute tissue en fil d'or. Au moyenâge, on en a vu qni étaient garnies de clochettes comme la tuni-

que d*Aaron. Les étoles du moyen-âge ne s'élargissaient pas aux extrémités comme elles le font aujourd'hui (301 ).

III. Tunique. Tunica, Subtile, Colobium, — La tunique était primitivement une espèce de robe qui se mettait sur l'aube. C'était un vêtement commun aux peuples de l'Orient. Bile était en laine , en soie ou en toute autre étoffe plus ou moins précieuse , sans manches ou avec des manches très^ eourtes. L'usage de la tunique, pour les sous-diacres, n'a pas été constant dans l'Église. Saint Grégoire-le-Grand voulait que les sous-diacres ne fussent vêtus que d'une tunique de lin , e'est-à-dire probablement de l'aube qu'on a longtemps confondue avec la tunique.

En Espagne, vers la même époque, ils portaient une tunique semblable à celle des diacres. En France, ce ne fut que vers le X® siècle que la tunique leur fut réservée; auparavant ils portaient, à ce qu'il paraît, la chasuble antique.

Les évêques portent la tunique sous la dalmatique et la cha* subie lorsqu'ils officient pontificalement. On conserve encore dans la sacristie du Vatican une tunique du pape Jean IIL Elle est en soie bleue , ornée de broderies en or , d'inscriptions grecques et de figures représentant la Sainte-Cène , etc.

La tunique a subi dans sa forme les mêmes changements que la dalmatique, dont nous allons parler (296).

Chez les Grecs, le sous-diacre ne porte que l'aube; mais chez les Arméniens , cette aube est ornée de petites croix sur la poitrine et sur les manches.

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