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LES ANCIENS CATACLYSMES

L'Atlantique ronge nos côtes. La pression du courant du pôle déforme notre falaise ouest. La muraille que nous avons sur la mer est minée de Saint-Valerysur-Somme à Ingouville, de vastes blocs s'écroulent, l'eau roule des nuages de galets, nos ports s'ensablent ou s'empierrent, l'embouchure de nos fleuves se barre. Chaque jour un pan de la terre normande se détache et disparaît sous le flot. Ce prodigieux travail, aujourd'hui ralenti, a été terrible. Il a fallu pour Iç contenir cet éperon immense, le Finistère. Qu'on juge de la force du flux polaire et de la violence de cet afibuillement par le creux qu'il a fait entre Cherbourg et Brest.

6 L'ARCHIPEL DE LA MAllîCHE.

Cette formation du golfe de la Manche aux dépens du sol français esl antérieure aux temps historiques. La dernière voie de fait décisive de l'océan sur notre côte a pourtant date certaine. En 709, soixante ans avant Tavénement de Charlemagne, un coup de mer a détaché Jersey de la France. D'autres sonamets des terres antérieurement submergées sont, comme Jersey, visibles. Ces pointes qui sortent de l'eau sont des îles. C'est ce qu'on nomme l'archipel normand.

Il y a là une laborieuse fourmilière humaine.

A l'industrie de la mer qui avait fait une ruine, a succédé l'industrie de l'homme qui a fait un peuple.

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