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GUERNESEY. SUITE

Terre fertile, grasse, forte. Nul pâturage meilleur. Le froment est célèbre, les vaches sont illustres. Les génisses des herbages de Saint-Pierre-du-Bois sont les égales des moutons lauréats du plateau de Gonfolens. Les comices agricoles de France et d'Angleterre couronnent les chefs-d'œuvre que font les sillons et les prairies de Guernesey. L'agriculture est servie par une voirie fort bien entendue, et un excellent réseau de circulation vivifie toute l'île. Les routes sont très bonnes. A l'embranchement de deux routes on voit à terre une pierre plate avec une croix. Le plus ancien bailli de Guernesey, celui de 1284, le premier de la liste, Gaultier de la Salte, a été pendu pour fait d'iniquité judiciaire. Cette croix, dite la Croix aubaillif, marque le lieu de son dernier agenouillement et de sa dernière prière.

La mer dans les anses et les baies est égayée par

les corps-morts, grosses toues bariolées en pain de sucre, quadrillées de rouge et de blanc, mi-parties de noir et de jaune, chinées de vert, de bleu et d'orange, losangées, jaspées, marbrées, flottant à fleur d'eau; on entOTd par endroits le chant monotone des équipes halant quelque navire, et tirant le tow rope.

Non moins que « les poissonniers », les laboureurs ont l'air content; les jardiniers de même. Le sol, saturé de poussière de roche, est puissant; l'engrais, qui est de tangue et de goémon, ajoute le sel au granit; d'où une vitalité extraordinaire ; la sève fait merveilles ; magnolias, myrtes, daphnés, lauriers-roses, hortensias bleus; les fuchsias sont excessifs ; il y a des arcades de verbènes triphylles ; il y a des murailles de géraniums ; Torange et le citron viennent en pleine terre ; de raisin point, il ne mûrit qu'en serre; là, il est exceUent; les camélias sont arbres; on voit dans les jardins la fleur de Taloès plus haute qu'une maison. Rien de plus opulent et de plus prodigue que cette végétation masquant et ornant les façades coquettes des villas et des cottages.

Guemesey, gracieuse d'un côté, est de l'autre terrible. L'ouest, dévasté, est sous le souffle du large. Là, les brisants, les rafales, les criques d'échouage, les barques rapiécées, les jachères, les landes, leB masures, parfois un hameau bas et frissonnant, les troupeaux maigres, l'herbe courte et salée, et le grand aspect de la pauvreté sévère.

ti L'ARCHIPEL DE LA MANCHE.

Li-Hou est une petite île tout à côté, déserte, accessible à mer basse. ERe est pleine de broussailles et ^ terriers. Les lapins de Li-Eon savent les heures. Ils ne sorfenk de leur trou qu'à marée haute. Us narguent rhomme. Leur «m l'océan les isole. Ces grandeer fraternités c'est toute la naforaw

Si l'on creuse les alluvîons de-hk baie Vason, on y trouve des arbres. Il y a là, sous une mystérieuse épaisseur de sable, une forêt.

Les pêcheurs* rudoyés de cet ouest battu des vente font des pilotes habiles. La mer est particulière dans les îles de la Manche. La baie de Cancale, tout proche, est le point du monde où les marées marnent le plus.

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