Suess, Antlitz, II, p
crétacé, marqué jcomme en Europe par l'apparition' des dicotylédones, repose en beaucoup de points en discordance sur les terrains plus anciens. Mais d'autre part dans plusieurs parties de l'île Sud on reconnaît aussi des plissements postcrétacés. Les volcans actifs, les nombreuses sources chaudes de l'île Nord et les phénomènes séismiques font présumer que la dislocation des Cordillères n'est même pas achevée.
Les contours de la Nouvelle-Zélande ne correspondent qu'en partie à la direction des plissements montagneux ; des ruptures et des effondrements ont exercé une grande influence sur sa configuration actuelle. Un fait remarquable a lieu dans le Sud de l'archipel Néo-Zélandais. D'après Suess, deux directions presque perpendiculaires de couches et de plissements s'y rencontreraient, ce qui ferait présumer la combinaison de deux chaînes montagneuses distinctes. Leur réunion ne se fait pas sous un angle aigu, mais sous un angle assez ouvert ; telle est au moins l'apparence qu'elles doivent peut-être aux dénudations. L'une de ces chaînes occupe la partie méridionale de l'île Sud et l'île Stewart ; elle se dirige vers le Sud-Est, et ses roches les plus anciennes se trouvent à son extrémité Sud-Ouest ; ce sont des gneiss ; puis viennent des schistes, des terrains secondaires tant marins que continentaux, enfin une large zone paléozoïque ; tous ces terrains sont dirigés au Sud-Est et viennent aboutir à la côte orientale, qui les coupe transversalement sur toute leur largeur1.
La seconde chaîne montagneuse se dirige au Nord-Est, et ses couches les plus anciennes se trouvent au N.W. et à ÎW. ; elle comprend le reste de l'île Sud et toutes les parties montagneuses de l'île Nord. C'est dans la partie moyenne de l'archipel Néo-Zélandais, dans les provinces de Westland et de Canterbury, que les formations géologiques se présentent avec l'ordonnance la plus régulière et avec une disposition en quelque sorte typique. Une longue et étroite bande de gneiss et de granit accompagne la côte Ouest ; sur sa pente occidentale se rencontrent seulement quelques lambeaux paléozoïques, tandis que vers l'Est elle supporte une très puissante formation de schistes primaires qui constituent les plus hauts sommets des Alpes néo-zélandaises, notamment le mont Cook. La haute région montagneuse est suivie à l'Est d'un grand synclinal de couches secondaires, puis, après une réapparition du sous-sol paléozoïque, on atteint les larges plaines tertiaires de Canterbury, qui s.'étendent jusqu'à la péninsule volcanique de Banks.
Au Nord des Alpes du Sud 2, de nouveaux changements se produisent. Les roches archéennes de l'Ouest, formant des noyaux mon-
1. Hutton, Sketch of the Geology of New Zealand (Quart. Journ. Geot. Soc, 1885,