Reclus, La Teire, t. II, p
C'est, comme on sait, le jeu des courants atmosphériques, résultat de la pression, qui règle la plupart des autres phénomènes du climat. Il n'est pas douteux que le vent dominant en Nouvelle-Calédonie est l'alizé du S. E. A Nouméa », le vent souffle plus des 2/3 du temps du deuxième quadrant (de TE. au S.S.E. inclus). De 1879 à 1887, M. Louvet ne connaît que trois mois pendant lesquels la direction du vent moyen se soit placée dans le troisième quadrant (de S. à W.S.W. inclus).
Il n'est pas douteux non plus que l'alizé est souvent interrompu en Nouvelle-Calédonie. « On avait cru d'abord, dit Kerhallet *, que sur toute l'étendue occupée par l'Océan Pacifique les alizés soufflaient avec autant et même plus de régularité que dans l'Atlantique. Mais des observations nombreuses ont fait penser qu'il n'y a probablement pas une moitié de cette mer soumise à l'influence constante des alizés, et l'on est à peu près certain aujourd'hui que l'alizé de S. E. ne souffle pendant toute l'année que sur la partie comprise entre le méridien des Galapagos et le méridien des îles Marquises. » C'est en effet une erreur de croire que l'hémisphère Sud offre une régularité des vents plus grande dans le Pacifique, que dans l'Océan Indien ou dans l'Atlantique ; ces derniers océans sont moins larges, mais les îles y sont moins nombreuses. La multiplicité des îles du Pacifique, et la grande altitude de beaucoup d'entre elles par rapport à leur étendue, paraissent être de très bonnes conditions pour des interruptions ou du moins des déviations de l'alizé. C'est ce qu'a bien vu M. Meinicke a : « On a coutume, ditril, comme dans toute la zone tropicale où le climat et le partage des saisons dépendent des vents dominants, de regarder le Pacifique comme le domaine de l'alizé régulier soufflant vers l'E., et les îles indiennes au contraire comme le domaine de la mousson, avec des vents également réguliers soufflant alternativement du N.W. et du S.E. Mais un examen plus attentif montre que cela n'est pas tout à fait juste. Cette idée d'un vent soufflant de l'Est toute l'année, si elle est fondée dans la nature, peut s'appliquer surtout à la partie orientale de l'Océan, vide d'îles, et dont les rares terres dépendent du continent américain ; dans les autres parties, on trouve plutôt une transition insensible de lamousson à V alizé, et il est d'autant plus nécessaire d'insister sur ce fait que le