‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 119 sur 393 · Jouan, Mém. Soc. se, Cherbourg, 1864, p · texte numérisé non relu

Jouan, Mém. Soc. se, Cherbourg, 1864, p

mer : les vents de N.E. paraissent dominer au voisinage de l'Australie, et les vents de S.E. au voisinage de la Nouvelle-Calédonie, mais interrompus tout près du récif par des vents de S. W.

Que se passe-t-il dans les archipels mélanésiens situés au nord de la Nouvelle-Calédonie et à Test de l'Australie ? jusqu'où la mousson australienne s'étend-elle de ce côté? Là est le point capital. La question est encore insuffisamment étudiée. Une des causes d'erreur et de confusion est que l'époque de l'arrivée de la mousson varie suivant les contrées. En outre, « il serait plus exact, dit Kerhallet *, de désigner les vents en question par le nom de vents alternatifs et périodiques que par celui de moussons. Dans le Pacifique en effet, ils ne soufflent pas, comme dans l'Océan Indien, de rhumbs directement opposés. » Cependant le Nord-Ouest domine.

Quel que soit le nom qu'on leur donne, les vents de N.W. et d'W. se font sentir en été non seulement en Nouvelle-Guinée, mais aussi en Nouvelle-Bretagne et aux Salomon 8. Ils n'apparaissent guère dans ces îles et dans la mer de Corail qu'à la fin de décembre, et non en octobre comme on l'a dit parfois. Ils n'y soufflent que par périodes plus au moins longues, remplacés dans les intervalles par des vents d'E.S.E. qui reprennent le dessus. Ils soufflent généralement dans ces conditions d'intermittence jusqu'à la fin de mars ou au commencement d'avril.

A mesure qu'on s'avance vers le sud et vers l'est, le caractère de mousson est moins accentué, l'arrivée des vents d'Ouest plus tardive, leur part proportionnelle plus faible. Cependant aux Nouvelles-Hébrides la mousson de N.W. interrompt parfois l'alizé, surtout en décembre et janvier.

Quant aux vents d'ouest du Pacifique central, ce sont plutôt de simples brises que de véritables « vents de saison ». Cependant il est difficile de ne pas voir dans les vents d'été des archipels polynésiens un écho affaibli des moussons d'Ouest des îles indiennes 3. Aussi beaucoup de météorologistes n'hésitent pas à les qualifier de moussons, et à affirmer que c'est bien la mousson qui s'étend jusqu'aux Marquises. C'est l'avis du capitaine Hunter4 : il a réuni un certain nombre d'observations intéressantes dans le but d'établir la possibilité pratique d'aller dans l'est du Pacifique sans contourner l'Australie, à une époque où l'on ne se servait que de la voile. D'après lui, les moussons de N.W. se font sentir jusqu'à la partie nord des Nouvelles-Hébrides. Ces vents s'étendent ensuite dans l'est, en diminuant graduellement de fixité et de durée, jusqu'aux îles de la Société et aux Marquises. Leur limite en lati-

U Kerhallet, Considérations générales sur le Pacifique, p. î et suiv.

2. Kerhallet, ouvr. cité. Annales hydrographiques, 1870, p. 35.

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