Nicomède, Bourail, p. H
disent les Notices pour l'Exposition d'Anvers1, comme d'ordinaire dans les régions intertropicales, une saison de pluies bien déterminée. » MM. Bourgarel *, de Rochas3, Meinicke4, se prononcent dans le môme sens. M. A. Legrand 5 dit que « les pluies sont loin d'être régulières et fréquentes en Nouvelle-Calédonie ; elles tombent d'une façon aussi incertaine dans l'époque de leur apparition que dans leur fréquence ». « La Nouvelle-Calédonie, lit-on ailleurs 6, n'est pas dans la zone des pluies régulières, la pluie n'y caractérise pas une saison de l'année. »
M. Louvet s'inscrit en faux contre cette assertion : « On a écrit, dit-il7, que, sous le rapport de la distribution de la pluie, les saisons ne sont pas tranchées à Nouméa, et y sont même irrégulières. Si l'on entend seulement par là qu'il pleut plus ou moins dans tous les mois de l'année, il n'y a rien à relever. Mais l'opinion visée paraîtra de moins en moins fondée à mesure que l'on récapitulera un plus grand nombre de millésimes partagés en vraies saisons météorologiques : on verra alors qu'il y a une saison véritablement pluvieuse à Nouméa, qui est l'automne météorologique (mars-avril-mai), de même que dans l'Europe sud-occidentale (septembre-octobre-novembre) ; on verra aussi qu'il y a une saison météorologique relativement sèche, qui est le printemps austral (septembre-octobre-novembre), plus le mois d'août. »
On ne saurait partager entièrement cette manière devoir. Évidemment, on se fait une idée très fausse du climat tropical lorsqu'on se figure que les pluies y fonicomplètement défaut en hiver, dans la saison dite sèche, à peu près au même degré qu'elles font défaut en été dans les pays méditerranéens. On n'observe presque jamais rien de pareil. Évidemment, les saisons calédoniennes apparaissent mieux tranchées au point de vue des précipitations si on les groupe par saisons météorologiques; le printemps est sec, l'automne pluvieux : ce qui signifie un relard des saisons véritables sur les saisons astronomiques, autrement dit un climat maritime. Mais, malgré toutes ces restrictions, il semble bien qu'on peut continuer à affirmer comme l'Annuaire que les saisons à Nouméa sont irrégulières et peu tranchées au point de vue de la pluie ; 686mm de pluie et 65 jours de pluie pour la saison chaude, contre 459 mm et 49 jours pour la saison fraîche ne constituent pas l'écart qu'on serait en droit d'attendre, et surtout cet écart même est, on l'a constaté, des plus variables d'une année à l'autre.
Futuna fournit à cet égard des comparaisons intéressantes avec
1. Notices colon, pour l'exposition d'Anvers, 1885, t. II, p. 120.