LES INDIGÈNES. — LA RACE
L'anthropologie de la Nouvelle-Calédonie a fait l'objet de nombreux travaux. Les mensurations anthropologiques ont porté sur un nombre de crânes relativement considérable. Des médecins et chirurgiens de la marine française, MM. V. de Rochas, Bourgarel, Vieillard etDeplanche, ont rapporté de leur séjour dans l'archipel Canaque de nombreux matériaux d'étude. Les deux premiers ont fait connaître presque simultanément les résultats de leurs recherches dès 1860 *. Deplanche n'a donné qu'un résumé de ses études1, mais M. Bertillon8, autorisé par lui à publier une partie de ses pièces, a fait paraître un mémoire important sur la cràniologie de la Nouvelle-Calédonie et des Loyalty. Le Musée de Caen et le Muséum de Paris sont particulièrement riches en crânes calédoniens. M. J. Deniker a récemment publié une intéressante note sur les indigènes de Lifou4. Enfin les études générales entreprises soit sur les Mélanésiens, soit sur les races océaniennes en générai, fournissent aussi des indications5.
1. De Rochas, Sur les Néo-Calédoniens , Bull. soc. anthrop., 1860, t. I, p. 389. ld., La Nouvelle-Calédonie et ses habitants, Paris, 1862, in-lG. A. Bourgarel, Des races de l'Ocèanie française et de celles de la Nouvelle-Calédonie en particulier, Mém. Soc. anthrop.f 1860 t. I, p. 251 ; 1866, t. H, p. 374.
2. Deplanche, Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie, 1869, t. IV, p. 186, Ethnologie calédonienne, (tirage à part).
3. Bertillon, Forme et grandeur des divers groupes de crânes néo-calédoniens (Revue d'anthropologie, 1872, t. I, p. 250).
4. J. Deniker, Les indigènes de Lifou (en partie d'après les observations du Dr François), Bull. Soc. Anthrop., 1893, p. 791.
5. V. surtout de Quatref âges et Hamy, Crania ethnica, Paris, 1882, in-fol. avec atlas.
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On ne saurait reproduire ici toutes les mensurations effectuées par les anthropologistes sur les têtes de Calédoniens, d'autant plus que bien souvent, dans l'état actuel de la science, il faut se borner sous ce rapport à constater des faits, sans apercevoir les conséquences qu'on en peut tirer. La diversité des procédés de mensuration suivant les observateurs, l'accumulation de mesures parfois inutiles, diminuent beaucoup la portée des travaux déjà un peu anciens sur les crânes de Calédonie. On se bornera donc aux caractères les plus essentiels ou généralement regardés comme tels.
La moyenne de la capacité des 57 crânes mesurés par M. Bourgarel1 est de 1407 centimètres cubes, celle des 39 crânes mesurés par M. Bertiilon 2 de 1395 centimètres cubes, celle des 152 crânes mesurés par MM. de Quatrefages et Hainy3 de 1392 centimètres cubes *.
Le crâne du Calédonien est supérieur à celui de l'Européen sous le rapport du diamètre antéro-postérieur, c'est-à-dire de la longueur du crâne (183 d'après Crama ethnica 5 et Bertiilon 6, 184 d'après Bourgarel) 7, mais il est bien inférieur sous le rapport du diamètre transverse, c'est-à-dire de la largeur du crâne (129 d'après Crania ethnica, 127 d'après Bertiilon, 132 d'après Bourgarel). L'indice céphalique moyen des Calédoniens des deux sexes pris en masse peut donc être considéré8 comme voisin de 70. Les Calédoniens sont franchement dolichocéphales.
Quant au diamètre vertical, il est chez les Calédoniens de 136 d'après C?ania ethnica, 138 d'après Bertiilon. L'indice vertical (hauteurlargeur) est voisin de 106. Les Parisiens9 ont en général la tête plus large que haute: on les a appelés platicéphales; la boite crânienne