‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 223 sur 393 · BertUlon, art. cité · texte numérisé non relu

BertUlon, art. cité

représente chez eux un ovoïde aplati de haut en bas. Les Calédoniens au contraire ont la tête plus haute que large ; la voûte du crâne est élevée en dos d'âne ; c'est là, dit M. Bertillon, la véritable caractéristique des crânes canaques. Il en est d'autres presque aussi dolichocéphales qu'eux, mais il n'en est pas d'aussi scaphocéphales.

L'indice facial f des Calédoniens est voisin de 67, l'indice nasal de 52, l'indice orbitaire de 84. La tête du Canaque présente deux caractéristiques en apparence singulièrement contradictoires : le crâne est étroit, très-étroit, et la face large, très-large, au moins dans la partie moyenne. M. Bertillon * s'est demandé s'il n'y aurait pas lieu d'établir une relation entre ces caractères. Le trait le plus remarquable de la face osseuse du Calédonien réside dans le maxillaire inférieur, son volume, sa force, son poids, l'absence presque complète de la saillie du menton. La surface articulaire du condyle du maxillaire inférieur est chez le Parisien longue et étroite : c'est presque un condyle de carnassier. Chez le Calédonien le condyle est presque aussi long que large : c'est un condyle d'herbivore permettant d'amples mouvements de latéralité. D'ailleurs les dents volumineuses, plates, très-usées, sont manifestement des meules chargées de triturer une alimentation végétale et résistante. On peut ajouter qu'on a constaté chez les Calédoniens l'existence fréquente d'une paire de molaires supplémentaire, une 33e et une 34* dents3. « Quand on étudie, ajoute M. Bertillon, la puissante mâchoire de ces insulaires, quand on constate le volume exceptionnel de ces mâchoires, la large surface triturante de leurs molaires, et le condyle large et plat du maxillaire inférieur, il est facile de présumer la puissance du muscle temporal nécessaire pour mouvoir ce puissant appareil. On est frappé, quand on examine tous ces crânes, de voir l'aplatissement bilatéral se prononcer tout à coup là où commence l'insertion du temporal ; on est frappé aussi de voir que cet aplatissement bilatéral paraît être proportionnel au développement des muscles temporaux, au maximum chez l'homme, au minimum chez l'enfant. Cela paraît bien établir ce fait générai: l'aplatissement bilatéral est en rapport avec le développement des muscles bilatéraux recouvrant les parties qui subissent cet aplatissement. On est autorisé à se demander si un lien de causalité ne relie pas les deux phénomènes. » Il est manifeste que les puissants muscles crotaphites compriment le crâne calédonien, surtout dans leur activité, dans l'œuvre de la mastication, la grande œuvre du sauvage quand il réduit en pulpe ces aliments

1. Crania ethnica, Ioc. cit. Cf. Broca, Bull. soc. anthrop,. 1872, p. 25. Hovelacque et Hervé, Précis d'anthropologie y p. 256, 386. Crania Ethnica, p. 283 et 287. Quatrefages. Introduction à l'étude des races humaines, p. 319.

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