Fontan, Bull. Soc. anthrop., 1880, p. 675; 1881, p
résistants qui usent si vite ses larges et puissantes molaires. Ce serait donc son régime végétal, composé de substances dont l'usure de ses larges dents, l'aplatissement de ses condyles, accusent la laborieuse et difficile trituration, qui ferait du Calédonien un scaphocéphale.
Ainsi s'expliqueraient ces deux caractéristiques de la tête du Calédonien : étroitesse du crâne et largeur de la face. Elles seraient, d'après Bertillon, la conséquence l'une de l'autre; le Calédonien a la face large parce que le crâne est aplati par les énormes muscles qu'il faut loger, et ce sont eux qui élargissent la face en son milieu. Certaines particularités anthropologiques pourraient ainsi se rattacher au genre de vie et au régime alimentaire.
On a invoqué aussi, il est vrai, la possibilité d'une déformation crânienne artificielle pour expliquer l'aplatissement des parties latérales du crâne Calédonien; mais les déformations exercées ainsi sont en Calédonie absolument impuissantes à imprimer des modifications durables à la boîte crânienne. Elles sont d'un usage général, mais ne " consistent qu'en quelques pressions peu prolongées. Leur direction varie suivant les tribus; d'ordinaire on essaye d'allonger la face du garçon, d'aplatir celle de la fille, sans se servir d'aucun appareil1.
Quoi qu'il en soit, le peu de largeur du crâne, l'étroitesse du front, l'aplatissement du nez à la racine, le prognathisme, la saillie des pommettes, tels sont les principaux traits qui distinguent le Calédonien 2.
Si, des caractères anatomiques, on passe aux caractères morphologiques, notamment ceux de la peau et des cheveux, ou constate que la couleur de la peau des Canaques n'est jamais aussi noire que chez les Africains ou même les Australiens.
Les Calédoniens3 ne sont pas aussi noirs qu'on l'a parfois dit; il en est très peu dont la couleur soit plus foncée que celle du chocolat. Cette différence entre le Nègre et le Calédonien n'est pas toujours remarquée lorsqu'on n'a pas de point de comparaison sous les yeux. Il est fâcheux que cette couleur de peau n'ait été que rarement mesurée d'après le tableau des teintes de la société d'anthropologie, qui laisse moins de part à l'appréciation individuelle. Ce qu'il y a surtout de remarquable, c'est que chez tous la peaii reflète une teinte purpurine plus on moins foncée, qui, à elle seule, suffirait pour les différencier des autres races \ Les enfants au moment de leur naissance seraient,
1. Bourgarel, mémoire cité. Montrouzier, Bull. soc. anthrop., 1870, p. 34.
2. Deplanche, Ethnologie calédonienne, p. 4. De Rochas, La Nouvelle-Calédonie, p. 111.
3. Bourgarel, Mém. Soc. anthrop.% 1865, t. II. p. 375. Bourgey, Notice ethnologique sur la Nouvelle-Calédonie, Grenoble, 1870. De Rochas, La Nouvelle-Calédonie, p. 111.