Deplanche, Ethnologie calédonienne, p
4. A. R. Wallace, Australasia, p. 440. Ch. Gauvin. Mémoire sur les races d'Océanie, p. 142.
5. Deplanche. Ethnologie calédonienne, p. 15. Bourgarel, Mém. soc. anthrop., 1863, t. I, p. 252.
6. 11 est superflu de chercher à tracer le « portrait physique » des Canaques et à apprécier leur genre de laideur ou de beauté. Les uns les trouvent absolument hideux, d'autres les déclarent fort beaux : «J'ai vu, parmi eux, dit Schellong {Zeitschr. f. Ethnol. 1891, t. XXlll, p. 156), des physionomies qui me rappelaient de bons chrétiens : professeurs d'Université, paysans de la Prusse orientale, etc.. >» On est ici évidemment sur le terrain de l'art et de l'esthétique, non plus de la science.
La taille des Calédoniens est un peu supérieure en moyenne à celle des Français pour les hommes, très supérieure pour les femmes. M. Bourgarel J, ayant mesuré 50 adultes, trouve comme moyenne im,67, maximum im,79, minimum lm,56. M. Deniker1 a mesuré un Canaque qui atteignait lm,86, taille qui parait exceptionnelle. Le corps atteint son complet développement vers 17 à 18 ans. Les Canaques sont en général solidement constitués, ils ont les épaules et les hanches larges et bien musclées. Ils n'ont pas, comme les habitants de Tonga et de Taïti, de tendance à l'obésité3.
Quelques particularités de leur structure pourraient être rapportées, selon Deplanche 4, à leur genre de vie ou à leurs habitudes. Ainsi les membres inférieurs offrent une légère courbure interne ; il faut peut-être l'attribuer au mode d'articulation du fémur sur le bassin, articulation telle que le col de cet os semble dirigé plus en avant que chez l'Européen : de là une rotation du fémur sur lui-même, d'où il suit pour les genoux et les pieds une tendance à se porter en dedans. Cette disposition n'est-elle pas en relation avec l'étroitesse des sentiers, qui contraint dès l'enfance les naturels à marcher la pointe des pieds un peu rentrée pour éviter les cahots trop fréquents? Le tibia de son côté offre une courbure légère à convexité antérieure, qui provient sans doute de la manière dont les femmes portent les enfants à califourchon sur les hanches, le bras passé pous leurs aisselles; dans ce cas, l'enfant ne se retient du ballottement qu'à l'aide de ses jambes, qui enserrent le corps de la mère et en sont souvent rapprochées à l'aide d'un morceau d'étoffe.
Enfin le pied du Canaque 5 offre une particularité assez remarquable ; le premier métatarsien est assez éloigné des autres, ce qui peut être dû à l'habitude de monter aux arbres, aux cocotiers surtout. Dans cet acte, le gros orteil joue le principal rôle; il en résulte un caractère que l'on retrouve, paraît-il, dans le midi de la France, chez les individus qui dépouillent les chênes-liège de leur écorce. Le gros orteil est porté en dedans, et jouit d'un mouvement partiel d'opposition dont les indigènes se servent pour grimper aux arbres, et quelquefois pour ramasser à terre de petits objets sans se baisser. Les pieds sont donc des organes de préhension. Les Canaques grimpent aux arbres en saississant le tronc des deux mains et se cramponnant par les pieds; ils marchent en grimpant. Jamais ni le tronc, ni les bras, ni les cuisses, ne sont appliqués contre l'arbre 6.