‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 227 sur 393 · Deplanche, Ethnologie calédonienne, p · texte numérisé non relu

Deplanche, Ethnologie calédonienne, p

6. De Rochas, Nouvelle Calédonie, p. 114. Monin, ArcA. méd. nav., 1882, t. XXXV1I1, p. 406. Cf. la figure donnée plus haut, p. 45.

On rencontre dans les archipels du Pacifique deux groupes de populations : une population dolichocéphale noire à cheveux crépus, et une population mésaticéphale claire à cheveux lisses. On est convenu de désigner la première du nom de Mélanésienne, la seconde du nom de Polynésienne f. Qu'il y ait ou non, à l'heure actuelle, des races pures à la surface du globe, les anthropologistes reconnaissent généralement que les Mélanésiens et les Polynésiens ne sont pas de ce nombre. Ces races sont le produit du mélange de populations primitivement différentes ; ce sont des races mixtes *. Ce sont en outre, comme on le verra, des races métissées, et sur beaucoup de points les deux groupes se pénétrent et passent de l'un à. l'autre par transitions lentes. « La différence estT dit-on quelquefois3, assez tranchée pour que l'individu le plus foncé de l'un des groupes ne puisse être confondu avec l'individu le moins foncé de l'autre groupe, » C'est là une affirmation gratuite, indémontrable, et certainement imprudente. Ces réserves faites, rien n'empêche de continuer à parler d'une race mélanésienne et d'une race polynésienne, si on entend par race, suivant la définition de Prichard, « toute collection d'individus présentant plus ou moins de caractères communs, transmissibles par hérédité, l'origine de ces caractères étant mise de côté et réservée \ » Et c'est à. la race mélanésienne que se rattachent sans aucun doute la très grande majorité des habitants de l'archipel calédonien. Cela résulte de l'ensemble de leurs caractères, car, conformément au principe posé par Broca, c'est sur cet ensemble et non sur tel ou tel caractère que doivent s'établir les analogies et les distinctions de races 6.

Mais à côté des véritables Mélanésiens, tels qu'on les a décrits, et qui

1. On n'aperçoit pas très bien quel inconvénient il y aurait à employer, comme font fait beaucoup <f anthropologis tes français, le mot de Papou comme synonyme de Mélanésien. Cependant, comme des objections ont été élevées contre cette désignation, et que l'essentiel en pareille matière parait être d'éviter tout ce qui peut prêter a confusion, on se servira autant que possible du mot de Mélanésien. (V. Sergis, Archiv fur Anthropologie, t. XXÏ, p. 339, 383).

2. De Quatrefages, Les Polynésiens, p. 9. Les Mélanésiens sont, dit Sergis (art. cité p. 341) non une race, mais un mélange de beaucoup de variétés humaines.

3. Ch. Cauvin, Mémoire sur les races de VOcéanie, Archiv. missions scient., 3e série, t. VI11, 1882.

4. Topinard, Anthropologie, p. 200. Cf. id., De la notion de race en anthropologie { Revue d'anthropol . , 1879, p. 589) - « Les types sont des ensembles de caractères communs. Les races sont les suites d'individus descendant les uns des autres qui présentent ces types. Aucun groupe humain actuel n'est pur, c'est-à-dire homogène. Tous se composent de deux ou plusieurs types distincts plus ou moins fusionnés. » ip. 657).

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