‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 237 sur 393 · Meinicke, t. I, p · texte numérisé non relu

Meinicke, t. I, p

une transition successive entre les Mélanésiens et les Polynésiens 4. » L'opinion contraire compte néanmoins des défenseurs éminents et très décidés. M. 0. Finsch a consacré son mémoire à la défendre *. Il constate que les Mélanésiens ont parfois la peau aussi claire que les Polynésiens et même que les Malais. « Ces variétés claires, dit-il 3, bien que dans certains cas elles caractérisent des familles entières, doivent être attribuées exclusivement à des anomalies individuelles, et n'ont mille part pour origine un mélange avec d'autres races ou d'autres peuples. En fait, je n'ai jamais trouvé en Mélanésie, pas plus qu'en Polynésie, une seule tribu qui eût le caractère d'une race métissée, comme on l'a si légèrement avancé. Les métis de Mélanésiens et de* Polynésiens retournent par des croisements répétés à Tune des deux races. » Et M. Finsch ajoute qu'il a rencontré des individus clairs dans toutes les tribus mélanésiennes, mais surtout dans le sud-est de la Nouvelle-Guinée, où à côté d'un village à. population très foncée on en trouve souvent un autre à population si claire qu'on a parlé de Papous blancs 4.

En réalité, si paradoxale que puisse paraître cette assertion, dire qu'une race n'est nulle part mélangée ou dire qu'elle est partout mélangée revient exactement au même. Dans le premier cas, on regarde les différences observées comme des variations individuelles, dans le second cas comme des variations ethniques. M. Finsch ne saurait prétendre que les Mélanésiens n'ont jamais eu de contact d'aucune espèce avec les Polynésiens, et qu'ils sont restés éternellement isolés dans leurs îles. Il veut seulement dire que les Polynésiens, dans les îles Mélanésiennes, sont rarement groupés sur certains points, qu'ils ne réussissent pas à s'y maintenir distincts et se fondent assez vite dans l'ensemble de la population. Auboutde quelques générations, l'infiltration étrangère est effacée, ou du moins n'est plus reconnaissable.

Il n'y a pas lieu d'en être surpris si l'on songe à la manière dont s'effectuent ces migrations, ces échanges de populations d'un archipel à l'autre. Il ne s'agit pas ici, comme sur un continent, d'une population devenue conquérante pour une raison ou pour une autre, refoulant devant elle des indigènes, et se substituant à eux en totalité ou en partie. Il ne s'agit que de l'arrivée d'une pirogue, parfois de quelques pirogues ;

1. M. Brown (Pat>uans andPolynesians, Jown. anlhrop. Instit., 1886, p. 340; 1887, p. 311), pense que les Mélanésiens sont les représentants d'une race primitivement étendue de Bornéo à la Nouvelle-Zélande, et remplacée ultérieurement par les races claires aux cheveux lisses. On n'a pas à discuter ici ce genre de problèmes.

2. 0. Finsch, Anlhropologische Ergebnisse einer Reise in der Sûdsee, Berlin, 1884 (Suppl. à Zeitsr.hr. fur ethnologie).

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