Finsch, ouvr. cité, p. 34. Cf. p
4. En somme, les uns parlent de la « variété claire » de Mélanésiens, les autres de la « variété foncée » de Polynésiens. Où est la limite entre les deux?
une fois parvenus dans un archipel, les immigrants ne se recrutent plus et sont absorbés. Cette absorption, que M. Finsch a bien mise en lumière, est une conséquence de « l'insularité ». L'archipel calédonien en fournit un exemple.
La présence de l'élément polynésien en Nouvelle-Calédonie semble être de date récente. En tout cas, la tradition à conservé le souvenir d'une migration de Polynésiens aux Loyalty. Ils étaient originaires de l'archipel des Tonga. Les Tongans1, qui avaient, dit-on, l'habitude d'étendre leurs voyages jusqu'aux îles Santa-Cruz, à une distance de 1800 milles, peuplèrent d'abord Ouvéa des Wallis. Puis des indigènes venus soit d'Ouvéa des Tonga, soit d'Ouvéa des Wallis, soit des deux îles, s'établirent dans la plus septentrionale des Loyalty, à laquelle ils donnèrent le nom de leur patrie d'origine, et où ils implantèrent leur langue. Cette migration remontait à une ou deux générations d'après Erskine f, cinq ou six d'après de Rochas et Deplanche3, quatre-vingt ou cent ans d'après Jouan \ En somme, les témoignages concordent à peu près pour la placer au milieu du xvin* siècle.
MM. Grundemann et de Rochas5 ne connaissent pas d'autres migrations polynésiennes aux Loyalty ; Erskine seul 6 prétend avoir recueilli de la bouche de la seule survivante, une vieille femme, le témoignage authentique d'une migration des Tongans à Mare. M. J. Garnier parle de migration des Fidji à Lifou, mais le renseignement est peu sûr. Il est plus probable que les Polynésiens ou prétendus tels rencontrés par Turner à Lifou7, par Erskine à Mare8, provenaient de la colonie d'Ouvéa des Loyalty.
L'île des Pins aurait également reçu soit des Polynésiens venus directement des Tonga et des Wallis, soit des émigrants des Loyalty9. M. Glaumont10 croit pouvoir y distinguer quatre émigrations récentes :
1. Journ. ofthe Polynes. Society, 1895, p. 107. John Martin, Histoire des naturels des Tonga, trad. fr. Paris, 1817, t, I, p. 91 et 325.