Meinicke, t. I, p
7. De Quatrefages, Les Polynésiens et leurs migrations, p. 94. F. Julien, Les commentaires d'un matin, 1870, p. 206.
provoquées par l'action des continents et des fies, le contre-courant équatorial, rendent le peuplement d'Ouest en Est très possible, même pour des peuples d'une science nautique peu avancée. 1 /objection tirée des lois de l'atmosphère résultait évidemment d'une étude incomplète de ces lois.
On ne fait d'ailleurs pas assez attention à ce que le fait primordial est ici la distribution des terres et des îles, l'émiettement des continents à mesure qu'on s'avance vers l'Est. Cette distribution n'a pas sensiblement changé depuis l'époque des migrations océaniennes. Or il est de toute évidence que les migrations s'accomplissent plus facilement à travers de grandes îles assez rapprochées comme celle du Pacifique occidental, même si les courants de l'atmosphère et de la mer sont contraires, qu'à •m\ travers des îles très petites et très éloignées comme celles du Pacifique
oriental, même si les courants sont favorables.
D'autres considérations sont également parfois négligées. S'il s'agit de migrations involontaires, les cyclones et les tempêtes qui jettent au loin les pirogues sont précisément un renversement des vents normaux. Aussi M. 0. Sittig \ qui a recueilli les exemples de migrations de cette espèce, en a constaté qui se sont effectuées dans tous les sens. Pour les migrations volontaires, elles se produiront aussi de préférence dans un sens opposé à celui des vents dominants. C'est pour assurer leurretourvers leur point de départ que les peuples primitifs tiennent compte des vents réguliers et des courants ; et ils mettent à profit la brise passagère pour aller à la découverte.
Enfin M. Balansa' indique un des procédés qui peuvent jeter quelque lumière sur cette obscure question d'origines : c'est l'histoire géographique des plantes introduites par les Canaques. Or ces plantes, ignames, taros, paraissent originaires de l'Asie méridionale.
Quant à aller plus loin et à vouloir suivre, à l'aide de légendes ou d'autres indices, ces migrations océaniennes, c'est peine perdue. Qu'il suffise d'avoir montré que les îles, même les îles les plus isolées du Pacifique, ne sont pas un asile où les races se conservent à l'abri de tout contact. Comme l'archipel Canaque, les autres groupes insulaires présentent à la fois une grande originalité et une grande diversité. Ils montrent des particularités propres à chaque île et des variations à courtes distances dans les îles mêmes. Le développement de l'espèce humaine, comme celui de la flore et de la faune, s'y poursuit dans des conditions très différentes de celles qu'on rencontre sur les continents. Les îles ne sont pas pour cela préservées de toute intrusion ; qu'une plante, un animal, un être humain y aborde, et, pour peu que les conditions de sol et de climat soient favorables, il y a là un élément qui se
!. PetermMitteU.y 1890, p. 161.