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Ilot voisin de l'Ile des Pins

calcaires coralligènes ; par suite de son long séjour au milieu du corail, elle avait perdu non seulement son brillant, mais encore l'éclat que conserve habituellement toute cassure ; la roche qui l'emprisonnait avait une certaine épaisseur, et on y rencontrait [je Bulimus senilis ave<; d'autres coquilles fossiles ou subfossiles. A Bourail, M. Glaumont1 a trouvé des foyers canaques recouverts de lœ,50 d'alluvions, et, par 6 mètres de profondeur, 4 marmites calédoniennes. Il convient d'ajouter que dans cette vallée le colmatage par les alluvions est extrêmement rapide.

Les Mélanésiens paraissent donc avoir peuplé la Calédonie à une époque fort ancienne au point de vue historique, bien que fort récente au point de vue géologique. Il est évident qu'ilsy sont venus par mer; si les relations qui ont uni la Nouvelle-Calédonie à d'autres terres ont joué un rôle dans les caractères de sa flore et de sa faune, il serait, à ce qu'il semble, assez puéril de leur attribuer une importance quelconque pour les migrations humaines. D'Urville * et d'autres après lui 3 ont cru à ces grands continents qui, occupant la place du Pacifique à une époque récente, auraient facilité l'expansion des groupes humains. La géologie rend l'hypothèse inacceptable, et la géographie humaine ne la rend en aucune façon nécessaire.

Quant à chercher le point de départ des populations du Pacifique, ce serait dépasser de beaucoup le cadre de la présente étude. C'est, semblet-il, dans l'Asie méridionale, plutôt que vers l'Amérique, qu'il faut le chercher4. C'est de l'Asie du sud-est que paraissent diverger toutes les populations dites océaniques ou interocéaniques 5 répandues de Madagascar à l'île de Pâques, et en particulier les Mélanésiens et les Malayo-Polynésiens. Comme les plantes et les animaux, les habitants des îles du Pacifique sont apparentés à ceux de la région indienne 6 ; ils ont été conduits par les moussons de la mer des Indes d'une part, par les moussons du Pacifique d'autre part.

Il est suffisamment établi en tout cas que la direction des vents dominants n'est pas un obstacle, et que l'alizé n'est nulle part assez régulier dans le Pacifique pour empêcher des mouvements de populations d'Ouest en Est. M. de Quatrefages7 s'est longuement étendu sur cette démonstration. L'oscillation des zones de vents avec les saisons, les moussons

1. Pelatan, Mines de la Nouvelle-Calédonie, p. 21. Glaumont, Revue d'ethnogr., 1889, p. 214.

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