‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 274 sur 393 · Trad. fr. de 1778, préface du traducteur · texte numérisé non relu

Trad. fr. de 1778, préface du traducteur

5. « Je suis mille fois plus en colère, écrivait à ce propos Lapérouse, contre les philosophes qui exaltent tant les sauvages, que contre les sauvages eux-mêmes ». (Lettre à Fleur ie u, Botan y Bay, 7 février 1788). Vieillard estime que Forster est peutêtre, de tous les voyageurs qui ont visité le pays, celui qui le jugea le mieux. Leconte est d'un avis opposé (Mémoires pittoresques, t. II, p. 484). Cf. Vieillard et Deplanche, Bévue mar. et cot., sept. 1862.

6. Cook, 2* voyage, trad. fr., t. IV, p. 400-478. Cf. Brainne, Nouvelle-Calédonie, p. 2.

demain matin, YAdventure et la Resolution vinrent mouiller au havre de Balade. Frappé de la ressemblance du pays avec quelques points des côtes d'Ecosse, Cook appela la terre ainsi découverte Nouvelle-Calédonie* .

C'est dans la baie de Bouayaoup, tribu de Pouma, un peu au nord de Balade, et non à Balade même, dont la baie est à peine susceptible de recevoir des embarcations, que Cook vint jeter l'ancre. La relation du capitaine et celle de Forster ne laissent aucun doute à cet égard. D'ailleurs la situation de l'îlôt Poudioué', VObseivalory-island (Bouguioué de la carte de d'Entrecasteaux), où Cook établit ses instruments pour observer une éclipse de soleil 3, la situation de l'aiguade où il se ravitailla, indiquent très précisément le lieu du mouillage. Le capitaine séjourna jusqu'au \3 septembre à Balade; il ne fit que d'assez courtes descentes à terre. Il aperçut cependant la vallée du Diahot et la côte occidentale, et put se rendre compte de la largeur de l'île, « qui, dit-il4, dans cette contrée, n'excède pas 10 lieues. » Quelques officiers dirigèrent une reconnaissance par mer sur les côtes nord-ouest et abordèrent à une petite île nommée Balabéa (Balabio); les indigènes leur parlèrent d'une terre située au nord et appelée Mingha, dont les habitants étaient leurs ennemis. Il s'agissait sans doute de l'île Art, du groupe des Bélep. Enfin, pendant les derniers jours, Forster fit une excursion plus prolongée et plus détaillée dans la partie septentrionale de la Grande-Terre.

Une si courte escale ne permettait pas aux voyageurs de se faire une idée bien nette du pays et de ses habitants. Cependant Forster décrivit assez bien la nature des roches du nord-ouest B; il présuma que la Nouvelle-Calédonie devait contenir des métaux précieux 6, sans d'ailleurs s'expliquer davantage sur ce point. Il recueillit 52 plantes calédoniennes, qu'il décrivit en 1786 dans son Prodromus1. L'appréciation générale sur le pays est peu favorable : « Sans le sol fertile des plaines et des pentes des collines 8, la contrée entière n'offrirait qu'un point de vue triste et stérile. Les montagnes et d'autres endroits élevés ne sont pour la plupart susceptibles d'aucune culture. Ce ne sont proprement que des masses de rochers. Le peu de terre qui les couvre est desséchée ou brûlée par les rayons du soleil, et cependant il y croît une herbe grossière et d'autres plantes, et çà et là s'élèvent des arbres et des arbustes. »

1. Beaucoup de cartes anglaises et allemandes ont appelé et appellent encore la grande lie Balade (Baladea). Un passage mal interprété de Hossel ( Voyage de d'Entrecasteaux, t. I, p. 348) paraît en être l'origine.

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