Seemann, Flora Vitiensis, London, 1865-73, p
8. V. l'étude très complète de MM. Pailleux et Bois, Le potager d'un curieux, in Bull* soc. Acclimat., 188», p. 373 et suiv., et Sagot, Manuel des cultures tropicales, p. 68-70.
Vincent; en 1859, il y avait, d'après Rochas, environ 1000 têtes de bétail *. On s'est occupé presque uniquement de l'élevage de la race bovine ; les moutons et les chevaux sont restés assez peu nombreux. D'après un recensement entrepris en 1890, la race bovine comptait 102000 têtes, la race ovine 11 400 têtes, la race chevaline 3000 têtes '. La colonie consommant annuellement 1 million 1/2 kilogr. de viande, les bêtes à cornes étaient devenues beaucoup trop nombreuses pour les besoins du pays ; la création d'une usine à Gomen-Ouaco a, pour les conserves de viande et produits accessoires, a ramené les troupeaux à un chiffre normal. L'établissement de Ouaco a exporté des produits et dépouilles d'animaux pour un chiffre de 1 'million en 1889, 635000 francs en 1891 \
L'histoire de l'élevage en Calédonie doit être considéré comme l'histoire d'une véritable erreur géographique : on avait ouï dire que l'élevage avait fait la fortune de l'Australie, on n'a imaginé rien de mieux que de le pratiquer à la manière australienne, sans tenir compte de la différence des deux contrées. On a servilement imité les usages des grandes exploitations australiennes 5, comme si la Calédonie disposait d'espaces iixdéfjnis et indéfiniment plats ; comme si ce qui convient aux vastes steppes de l'Australie et de l'Argentine pouvait réussir dans une île étroite et montagneuse. Cette erreur a ruiné les éleveurs et la colonie. Pour les éleveurs, le rassemblement annuel des troupeaux dans un parc par les stockmen présentait des difficultés très grandes, à cause du puissant relief du sol ; la race bovine, abandonnée à elle-même, laissée sans soins et $ans surveillance, a dégénéré, est devenue la proie des épizooties 6 ; les pâturages, dont l'étendue n'est pas indéfinie, ont été ruinés par les mauvaises herbes. Pour la colonie, les inconvénients ont été beaucoup plus sérieux encore : les troupeaux, vaguant à travers l'île, ont envahi les cultures canaques, ce qui fut la cause de l'insurrection de 1878; ils ont dévasté les cultures européennes; enfin c'est en vue de l'élevage qu'on a fait à des particuliers des concessions très étendues, créé un régime de grande propriété qui ne saurait convenir à la Calédonie à aucun point de vue. « Les terres arables étant peu étendues, disait Balansa7, il* ne faut pas que la moindre parcelle en soit improductive. » « Tout aux éleveurs est absurde 8, c'est la ruine de la colonie. »