Rens. oral de M. le Dr François
4. M. A. Legrand, p. 176. » On ne doit pas se hâter de triompher. » (Sagot, Manuel, p. 122).
b. Notices illustr., Nouvelle-Calédonie, p. 100. M. A. Legrand, Nouvelle-Calédonie, p. 66. Journ. offic., b janv. 1891. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 249 et suiv. Sagot, Manuel, ch. 7, 8, 9.
ou trop sec, pour certains fruits : l'arbre à pain par exemple f; pas assez « tempéré », trop chaud ou trop humide, pour d'autres : la vigne, le mûrier.
La flore indigène ne présentait, on le sait, en fait d'arbres à fruits vraiment alimentaires, que le bananier et le cocotier ; encore les bananiers appartenaient-ils à de mauvaises espèces, et les cocotiers fructifiaient-ils mal et lentement, surtout dans le sud. Mais les Européens auraient tort de négliger ces cultures; on sait le rôle considérable que les bananes* tendent à jouer de plus en plus dans les régions intertropicales; quant au cocotier3, il se plaît sur les plages de sable, au bord des grèves, surtout dans le nord de la Grande-Terre et aux Loyalty, et c'est encore le coprah qui fournit, avec le maïs, le seul produit agricole d'exportation qui marque dans les statistiques calédoniennes.
Parmi les fruits des tropiques introduits, celui qui paraît destiné à acquérir le plus d'importance est l'ananas \ venu de Taïti ; il se contente de sols secs et arides, assure une culture rémunératrice dans des terres de mauvaise qualité ; la seule condition sur laquelle il ne transige pas, c'est la privation des rayons du soleil. Cependant la culture de l'ananas n'a pas pris d'extension, non plus que celle des fruits des régions tempérées, pêchers, orangers et vignes. Parallèlement à la culture du blé, et dans le même but : s'affranchir d'un tribut payé au dehors, on a essayé d'obtenir du vin 5, et on a planté un vignoble à Koé. Mais les conditions naturelles paraissent moins favorables encore que pour le blé, et sans doute on n'obtiendra que du raisin de table. Ce n'est là qu'une fantaisie.
3° Les essais de cultures industrielles montrent les mêmes hésitations, la même absence d'esprit de suite et de résultats sérieux. Les plantes utiles des pays intertropicaux ont presque toutes été essayées, presque toutes ont partiellement réussi, presque toutes ont été abandonnées pour une raison ou pour une autre. On s'est surtout beaucoup trop préoccupé d'imiter l'Australie, sans tenir compte de la différence des sols et des climats. La Calédonie avait voulu avoir de l'or comme l'Australie,
1. M. A. Legrand, Nouvelle Calédonie, p. 67. Sagot, Manuel, p. 231.
2. Le bananier est d'un rapport énorme, dit M. Jeanneney. Une bananerie rapporte, sous les tropiques, 135 fois autant qu'un champ de blé de même surface. V. Sagot, Manuel, p. 213. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 237. Jouan, Mém. Soc. se. Cherbourg, 1875, p. 56. M. A. Legrand, p. 72. Cf. Revue scientif., 1894, p. 62, sur l'importance qu'ont prise les bananes, devenues un article de grande consommation, dans quelques-unes des Antilles.
3. Jouan, Mém. Soc. se. Cherbourg, 1875, p. 67. Notices illuslr., Nouvelle-Calédonie, p. 95. M. A. Legrand, p. 93. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 24?.
4. Notices illustr., Nouvelle-Calédonie, p. 90. Opigez, Bull. Soc. Géogr., 1886. Pailleux, Bull. Soc. Acclimat., 1886. p. 319. Jeanneney, La Nouvelle-Calédonie agricole, p. 236. Sagot, Manuel, p. 206 et 454.
5. De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p. 30. Notices illmtr., Nouvelle-Calédonie, p. 99. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 257.
au lieu de rechercher le nickel et le fer, que l'Australie ne donnait pas ; elle s'est inquiétée d'avoir « du blé comme l'Australie ». En 1874, la sériciculture réussissant, disait-on, en Australie, on chercha à doter l'établissement calédonien de cette industrie *, puisque « la colonie anglaise est à peu de chose près, au point de vue du climat, dans les mômes conditions que la nôtre ». Il est bien possible que le mûrier et le ver à soie réussissent en Calédonie; mais jusqu'ici, malgré les essais faits à Koé, cette industrie n'a pas été fondée.
La culture du coton * ne semble pas appelée non plus à prendre une bien grande importance. L'irrégularité des saisons, les pluies au moment de la maturité des capsules, la concurrence du Queensland et de tant d'autres pays où le coton est produit dans de meilleures conditions, ne permettent guère à la Calédonie de lutter. Cependant les Fidji, qui avaient dû renoncer à cette culture après la guerre de Sécession, y sont actuellement revenues 3.
Le tabac v réussit surtout sur l'emplacement des forêts et des broussailles récemment défrichées par le feu, là où les cendres donnent au sol les sels alcalins indispensables. Bien que cette culture se soit quelque peu développée dans ces dernières années, il ne semble pas que de quelque temps encore la Calédonie puisse se suffire.
La canne à sucre 5 existait dans l'île avant la conquête; comme l'igname, le taro, le bananier, elle a probablement suivi dans leurs migrations les peuples qui sont venus habiter les îles du Pacifique. Les premiers colons, surtout ceux, assez nombreux, qui venaient de la Réunion, manifestèrent beaucoup de goût pour cette culture. Dès 1859, quelquesuns d'entre eux avaient de belles plantations de canne. Des espaces relativement considérables lui furent consacrés autour de Bourail, alimentant l'usine de Bacouya. Les invasions de sauterelles, et surtout la crise sucrière qui ruina pareillement les plantations des Fidji 8, furent les principales causes des échecs. Cependant l'usine de Bacouya, cédée par l'administration pénitentiaire à l'industrie privée, continue à fonctionner, ainsi que celle de Koé, et la culture de la canne a été un peu reprise à la Dombéa et à Bourail.
1. Bull. Soc. acclimata 1874, p. 7?9. Notices illustr., Nouvelle-Calédonie, p. 98. Journ. Soc. stalist., 1889, t. XXX, p. 360. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 270.
2. Notices illustr., Nouvelle-Calédonie, p. 96. Faure-Biguet, Nouvelle-Calédonie, p. 106. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p . 270 .