Lanjus, Peterm. Mitteil., 1893, p
Mais la culture la plus en faveur à l'heure actuelle est celle du café l ; elle avait été essayée dès le début, et, comme les premiers résultats avaient été beaux, on planta l'arbuste partout, sans tenir assez de compte de ses conditions de végétation ; puis on se découragea. On est revenu récemment au café; en choisissant des coteaux couverts de taillis, en l'abritant du soleil par des essences d'arbres à feuilles caduques, bois noirs ou autres, on obtient des récoltes satisfaisantes*. Cette culture a, entre autres avantages, celui de favoriser le reboisement, de retenir l'eau et la terre végétale. Quoique la cueillette soit un peu longue par suite de la maturation irrégulière, la position géographique et le climat conviennent très bien au café. Un certain nombre de plantations se sont créées dans ces dernières années; en 1887, le chiffre de l'exportation a été de 155 000 francs, en 1889, 57 000 francs, en 1892, 80000 francs'. « Le café est, dit le Dr François 4, la véritable culture d'avenir de la colonie, le nickel de l'agriculture. » Mais tout cela est au futur, et quand il s'agit de l'avenir, quelles que soient les espérances permises, un incident inattendu, la mise en valeur de contrées nouvelles, une maladie d'une plante, peuvent trop souvent réduire les espérances à néant.
De cette revue des ressources agricoles de la Calédonie il résulte qu'une grande quantité de cultures de toutes espèces ont été tentées, mais que, malgré des résultats encourageants, aucune n'est vraiment sortie de la période d'essais. Ces incertitudes proviennent en partie du climat et de la végétation mixtes de la Calédonie, intermédiaires entre ceux des régions tropicales et ceux des régions tempérées. Ce que la flore indigène a montré, à plus forte raison les « essais de culture » le font voir. « Les saisons n'étant pas bien tranchées, on va un peu à l'aventure 5. » « Quelle différence, dit un écrivain 6, entre les productions du sol de Taïti par exemple, qui n'est qu'à 5 degrés plus près de l'équateur, et la Nouvelle-Calédonie ! C'est avec surprise que nous avons vu germer et produire en Calédonie toutes les plantes apportées de Sydney, où il gèle fréquemment l'hiver. Nous avons pu également faire pousser
1. De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p. 32. Revue mar. et col., 1866, t. XVI, p. 604. Gallet, Notice, p. 21. Nicomède, Bourail, p. 21. Notices illustr., Nouvelle-Calédonie, p. 92. Monit. offic. comm., 1890, p. 411. Lanjus, Peterm. Mitteil., 1893, p. 126, 271. Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 218.
2. Le café a besoin d'abri pour ses bourgeons délicats et de terre profonde pour sa racine pivotante (Jeanneney, Nouvelle-Calédonie agricole, p. 219).
3. M. A. Legrand, p. 47-48. Annuaire de la Nouvelle-Calédonie pour 1893.