Renseignement oral
5. Godey, Souvenirs de la Nouvelle-Calédonie, 2v. in-18, Soissons, 1888, t. II, p. 22.
6. Magen, in Gassies, Faune conchyliologique terrestret préface.
et grainer tous les légumes d'Europe, ce qui est impossible à Taïti, où les tiges atteignent des hauteurs incroyables, mais sans conserver la vigueur nécessaire pour produire la semence. Le blé dans les hauteurs, avec la vigne, et les végétaux des tropiques dans la plaine réussissent à la fois en Calédonie et même à Port-de-France. » Il est résulté de cet « embarras du choix » qu'on n'a pas assez distingué entre la plante qui « peut venir » et la plante qui « vient le mieux. » C'est cette dernière seule qu'il y a intérêt à produire. On n'a pas assez tenu compte des différences dans l'orientation, la latitude, l'altitude, etc. On a été trompé aussi par une ressemblance plus apparente que réelle avec le climat méditerranéen : « La distribution des pluies, dit-on, se rapproche sensiblement de ce qu'elle est dans le midi de l'Europe * ; » c'est oublier la différence capitale : régime de pluies d'hiver dans les pays méditerranéens, de pluies d'été en Calédonie.
Il est certain que la colonie se prête à des acclimatations de toutes sortes, le nord et l'est réussissant mieux aux cultures tropicales, le sud et l'ouest aux cultures tempérées '. L'époque de l'ensemencement a aussi une importance considérable, la saison des pluies, c'est-à-dire l'été, convenant aux plantes originaires des pays chauds, la saison chaude à celles qui proviennent des pays tempérés. Étrange pays que celui où poussent côte à côte, ou du moins avec quelques centaines de mètres de différence en altitude, le blé et la canne à sucre, le pêcher et l'ananas, la vigne et le caféier !
Et cependant les uniques ressources ont été jusqu'ici les minerais et la viande. Toutes les cultures ont été successivement adoptées et abandonnées avec une égale rapidité; on s'est enthousiasmé trop vite, pour se décourager tout aussi subitement. Faut-il donc donner raison à ceux qui pensent que la Calédonie est un magnifique pays minier, mais ne se prêtera jamais, même dans une mesure restreinte, à la colonisation agricole? Il est difficile de le croire.
Des 400000 hectares cultivables, il convient de faire deux parts : l'une pour les cultures vivrières et destinées à la consommation locale, l'autre pour les cultures industrielles et destinées à l'exportation. « L'histoire démontre, dit très justement M. Perret, que l'homme ne colonise à perpétuelle demeure qu'à condition de s'alimenter au moyen des récoltes que produit le sol sur lequel il s'est établi. » Les colonies qui ont négligé les cultures vivrières pour se livrer uniquement à la production des denrées coloniales s'en sont généralement mal trouvées. Quand l'Européen peut cultiver les aliments dont il a coutume d'user, • introduire les trois choses qui, d'après M. Hahn 3, caractérisent son
1. G. Marcel, Journ. des économ., avril 1873. De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p. 26.