J. Garnier, Océanie, p
3. Reclus, t. XIV, p. 703. Cordeil, p. 43, 174. Balansa, Bull. Soc. Géogr., 187S, p. 119
tournée vers l'Australie; la magnificence du port, la sûreté de la rade, la facilité des abords présentent de grands avantages, et il est exagéré de dire que « Terreur de n'avoir pas déplacé plus tôt la capitale (comme on Ta fait aux Fidji en J882), a contribué à paralyser l'essor de la colonisation. »
D'ailleurs il n'est ni indispensable ni utile que la capitale absorbe toute la vitalité de la colonie. Canala * notamment, centre d'une région agricole et minière, possédant le plus beau port de la colonie, doit devenir un centre important, la capitale de la côte orientale. Jusqu'ici, ce n'est guère qu'un village, de môme que Thio et Bourail *. Houaï'lou, Hienghène, Ouégoa, Pam sur la côte Est; Païta, Bouloupari, la Foa, Fonwhary, Koné, Gomen, sur le versant occidental, ne sont que des hameaux (150 à 300 habitants). Les autres points sont des expressions géographiques, désignant] une halte, une station de bétail, un lieu de débarquement, une mine, une concession abandonnée 3. Les Européens ne vivent d'ailleurs pas par groupes, mais chacun sur sa station ou sur sa mine *.
C'est seulement par une nombreuse immigration libre, par la constitution d'un centre important de population française, que la Calédonie résoudra à son profit les deux questions politiques qui la concernent : la question de sa propre indépendance vis-à-vis de l'Australie, et la question des Nouvelles-Hébrides.
« La Nouvelle-Calédonie, dit-on5, est entourée de terres anglaises; elle est une dépendance géographique du Queensland. Les immenses progrès de l'Australie en puissance politique ne permettent guère de douter qu'elle n'entraîne la Calédonie dans son orbite. La plupart des entreprises industrielles et commerciales de l'île sont préparées par des spéculateurs anglais, et le jargon « bichlamar » est tout mélangé de termes britanniques. »
D'ailleurs, les Australiens ne cachent nullement leurs intentions6; ils engagent la France à échanger la Calédonie et les Hébrides contre des territoires en Afrique; le 19 octobre 1892, une motion était faite au