‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 345 sur 393 · Cordeil, p · texte numérisé non relu

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.4. Sur la répartition de la population blanche libre par districts, v. les résultats du recensement de 1891, in Journ. offic. de Nouvelle-Calédonie, 30 avril 1892.

5. E. Reclus, Nouvelle Géographie universelle, t. XIV, p. 685.

6. Sir Charles Dilke, Greater Britain, 1. 1, p. 438. Temps, 4 et 6 novembre 1890.

conseil législatif de Victoria pour engager des négociations avec les gouvernements de Grande-Bretagne et de France, en vue d'un achat de l'archipel Calédonien et de l'archipel Néo-Hébridais '.

Lorsqu'on parle de « dépendance géographique du Queensland », on oublie trop la distance qui sépare Brisbane de Nouméa, la vaste mer qui isole la Calédonie de toutes parts. C'est un mirage du genre de celui qui fait voir l'Algérie et le Sénégal « se donnant la main » à travers le Sahara. L'extrême isolement de la Calédonie la préserve de l'attraction dont on la menace. D'ailleurs cette attraction est-elle si forte? Malgré les projets de fédération australienne ou autralasienne, et les progrès de la marine de guerre australienne 2, le développement économique de l'Australie n'est pas aussi rapide qu'on l'a dit; ce grand pays vient de subir une crise monétaire et économique dont il se relève avec quelque peine. Il ne faut pas trop oublier quelle place prépondérante occupent dans la Nouvelle-Hollande les déserts et les terres improductives.

Que les rêves de grandeur de l'Australie se réalisent ou non, la Calédonie peut se contenter d'une destinée plus modeste, mais elle doit remplir cette destinée, et le centre de population française qu'il faut y constituer doit rayonner à son tour : « Si l'Angleterre l'eût possédée, dit Balansa 3, elle ne se serait pas bornée à en faire une colonie pénitentiaire perdue; elle aurait compris que l'Ile par sa position, le nombre et la sûreté de ses ports, son climat, son incomparable salubrité, est la clef et peut-être la future métropole de l'Océanie occidentale. » En admettant même que les revers de la fortune nous fassent perdre la Calédonie, du moins faut-il y laisser quelque trace de /notre passage, y implanter notre langue et nos usages, comme nous l'avons fait à Maurice et au Canada.

Enfin une Calédonie peuplée de nombreux Français remédierait à sa médiocre productivité agricole en s'annexant les Nouvelles-Hébrides. Les deux archipels se complètent l'un l'autre : la Calédonie est essentiellement un pays minier, les Hébrides une contrée* de plantations * ; la Calédonie joue le rôle de centre d'expansion et de sanatorium, où l'on viendra passer la saison des pluies, si insalubre aux Hébrides. La possession de ce dernier archipel est indispensable pour ne pas tomber, commercialement d'abord, puis politiquement, aux mains des Australiens5. La Calédonie doit éviter que le cercle de colonies anglaises qui se forme autour d'elle, et qui s'est resserré par les annexions de l'Angleterre en

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