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PASSES DU GRAND RÉCIF

D'après Chambeyroo.

tance sans les traverser1. La profondeur augmente devant les grandes passes ; la vase, qui ailleurs a adouci les angles et effacé les différences de hauteur, y disparaît. Aussi les courbes de niveau se rapprochent, et l'on passe parfois brusquement de 30 à 75 mètres, et même 90 mètres. En résumé, les fonds, entre le récif et la terre, varient de 90 à 40 mètres.

Les plateaux et pâtés coralliens, de toutes formes et de toutes dimensions, sont très nombreux en dedans du récif, lis ont aussi leurs lois de situation, de configuration et d'arrangement. 11 y aurait là une étude de détail intéressante à faire. Ils sont toujours très accores et extrêmement nombreux près du récif; jusqu'aux fonds de 20 mètres, il y a parfois « plus de surface de pâtés que de surface de chenal ». Dans les fonds de 30 mètres, les pâtés à fleur d'eau sont moins nombreux; ils sont rares dans les fonds de 40 mètres, et on n'en rencontre pas un seul dans la fosse de 50 mètres. Sur le plateau de 40 mètres, on trouve parfois une portion de plateau de 30 mètres entièrement détachée et faisant île. De même sur le plateau de 30 mètres. Malgré un désordre apparent, la position des pâtés paraît avoir obéi à certaines règles.

Quant aux récifs côtiers de Nouvelle-Calédonie, leur configuration générale ne diffère pas essentiellement de celle des récifs-barrières, et il y a entre ces deux types des formes intermédiaires. Complètement absents en certains points, les récifs côtiers sont fort larges dans d'autres.

L'immense espace de mer qu'enferment les récifs au Nord de la Nou-

1. M. Pelatan écrit [Les mines de la Nouvelle-Calédonie, p. 24), que la profondeur du chenal ne dépasse pas 150 mètres. Il faut lire 50 à 60 mètres, chiffre qu'il avait d'ailleurs donné (p. 4).

velle-Calédonie * paraît avoir une profondeur très grande, à en juger par la couleur de l'eau; on n'y rencontre que très peu de points atteignant la surface. Iln'existe, au delà du Grand-Passage, que quatre petits îlots sur lesquels un peu de végétation a pu s'établir ; trois de ces îlots, Surprise, Leleizour et Fabre, sont compris dans le même lagon ; le quatrième, Huon, a un lagon spécial.

Le lagon de l'île Surprise a 43 milles du N. au S. et 20 milles de l'E. à l'W. L'état de la mer ne permit pas à M. Ghambeyron de sonder en dehors de l'anneau ; les eaux paraissent y être très profondes. A l'intérieur du lagon, les fonds augmentent très régulièrement de 40 à 50 mètres, des bords vers le centre ; ils sont tapissés de sable fin avec coquilles et coraux brisés. Surprise est un îlot circulaire corallien, de 600 à 650 mètres de diamètre ; les grèves, qui ont de 3 à 4 mètres audessus du niveau marin, sont parsemées de trous en forme de godets. A l'extrémité opposée du lagon se trouvent Fabre et Leleizour, un peu plus étendues.

Un chenal de 8 milles environ et d'une grande profondeur sépare le lagon de ces trois îles du lagon de l'île Huon. Ce dernier, long de 16 milles du S.-S.-E. au N.-N.-W., et large de 10 milles, n'est accessible que par une seule passe. Sa profondeur est la même que celle du lagon de Surprise, mais il est encombré de têtes de corail, qui s'élèvent brusquement d'une profondeur de 50 mètres, fait inconnu dans le chenal intérieur de Nouvelle-Calédonie. M. Chambeyron tint à descendre à l'île Huon, parce que son pilote, le pêcheur Sam Miller, lui avait affirmé la présence de roches non-coralliennes à la pointe Nord de l'île. Mais à peine débarqué, il constata que l'amas rocheux, haut de plusieurs mètres, se composait exclusivement de blocs de corail et de ces conglomérats qui se forment si rapidement sur les récifs calédoniens, et ont une extrême dureté. L'île Huon est d'une largeur variable, qui n'atteint nulle part 100 mètres, sur une longueur de 1350 mètres; elle se prolonge au Nord et au Sud en deux dunes de sable aussi élevées et aussi longues que l'île même, reposant sur un banc de corail dur.

Le grand récif extérieur de Nouvelle-Calédonie se termine vers le large par une corniche 2. Suivant une coupe verticale perpendiculaire à la direction du récif, si A est le point d'affleurement, on trouvera en B, à 200 mètres de distance de A, 30 mètres de fond ; en C, à 400 mètres de A, 90 à 125 mètres de fond ; en D, 200 mètres plus loin, pas de fond par 360 mètres, et plus loin encore pas de fond par 750 mètres. Telle est la pente moyenne : mais il faut quelquefois aller à 600 mètres du récif,

1. Chambeyron et Banaré, Instructions nautiques sur la Nouvelle-Calédonie, 3e édition, 1886, p. 3. — Chambeyron, Le Grand Récif au Nord de la Nouvelle-Calédonie, Bull. Soc. Géogr., 1876, p. 634.

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