Heurteau, p
Les sources chaudes, on le sait, même lorsqu'elles ne sont pas sous la dépendance visible de l'action volcanique, émergent toujours dans des régions de fracture, à la faveur de fentes du sol. Le nombre des sources chaudes est d'autant plus grand que l'écorce terrestre est plus disloquée, et l'activité des sources d'autant plus manifeste que les dislocations sont de date moins ancienne. Il est donc impossible de méconnaître dans l'apparition des sources chaudes un effet intimement lié à la production des montagnes, laquelle d'ailleurs provient du même principe général que le phénomène volcanique, à savoir l'énergie calorifique du globe. C'est pourquoi les sources thermales de la Nouvelle-Calédonie n'ont pas paru pouvoir être entièrement passées sous silence.
Avant d'essayer d'expliquer ce qu'on peut présumer de l'histoire géologique de l'archipel Canaque et des événements du passé auxquels il doit sa configuration actuelle, il convient de résumer en quelques mots le véritable caractère de son relief, et de montrer ce qu'il faut penser de quelques erreurs qui se perpétuent parmi les géographes.
On se figurait autrefois que le relief de la Nouvelle-Calédonie était formé par deux chaînes côtières parallèles, séparées par une cuvette médiane. « On ne peut décider, dit Meinicke !, si l'opinion d'après laquelle il y aurait deux chaînes parallèles séparées par des plaines est exacte. » Un autre auteur précise, et dit * qu' « entre les deux escarpements parallèles aux deux côtes, s'étend un intervalle de 12 à 15 kilomètres qui se creuse en vallées intérieures. » Cette idée fausse était suggérée aux marins par l'aspect des sommets vus de la mer, et aux géographes par l'aspect des cartes marines. De plus, la longue vallée du Diahot fortifiait encore cette opinion, et l'on supposait que cette grande dépression centrale se prolongeait à travers toute l'île.
Lorsque la Nouvelle-Calédonie fut mieux connue, on substitua à cette notion celle d'une chaîne centrale 3, un peu moins inexacte en apparence, tout aussi erronée en réalité. Ce qu'on appelle ainsi, c'est-à-dire apparemment la ligne qui réunirait les plus hauts sommets (bien que les géographes négligent de s'expliquer à cet égard), n'est « centrale » que par exception et par hasard, étant en général beaucoup plus rapprochée de la côte Est que de la côte Ouest. Il faudrait donc dire tout au moins : « chaîne principale » ou « chaîne dominante ». « Figurez- vous,