‹ L'archipel de la Nouvelle-CalédonieChapitre 94 sur 393 · De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p · texte numérisé non relu

De Rochas, Nouvelle-Calédonie, p

dit un auteur !, le squelette d'un immense poisson qui posséderait un système d'arêtes inégalement espacées, et plus longues dans la partie occidentale que du côté oriental, mais se dirigeant toutes vers la mer, et vous aurez un aperçu de l'orographie calédonienne. » Cet aperçu renseignerait peu et mal ; dans d'autres notices a, on rencontre aussi cette conception de la « feuille de fougère », avec arête principale et subdivisions régulières, et on se donne beaucoup de mal pour retrouver cette arête et suivre ces subdivisions. Une pareille conception n'est vraie, croyons-nous, pour aucun pays ; en tous cas, elle ne s'applique pas à la Nouvelle-Calédonie. Ce que nous savons de la nature et du relief de son sol montre que l'un et l'autre sont plus compliqués.

Dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie on rencontre un plateau à bordures; puis, dans tout le centre de l'île, un enchevêtrement de sommets éruptifs et de massifs isolés, serpentineux ou mélaphyriques, enchevêtrement que la géologie seule permet de débrouiller ; en avant de ces massifs, sur le versant occidental, des collines de médiocre hauteur, et, par places, de simples ondulations de terrain, triasiques ou crétacées. C'est dans le Nord seulement, dans la région des terrains primitifs, qu'on peut réellement parler de deux chaînes de montagnes bien distinctes, de deux sierras qui vont en divergeant et encadrent entre elles la spacieuse vallée du Diahot. Partout ailleurs, la configuration de l'île et son étroitesse empêchent la formation de vallées de quelque importance, pendant que son relief si accentué et si enchevêtré donne à tous les cours d'eau une pente rapide et interrompue par des chutes.

Par suite de l'étroitesse de l'île, de son relief jeune et relativement considérable, de son imperméabilité, qui font que les ravins se succèdent à intervalles très rapprochés, presque partout en Nouvelle-Calédonie à un cours d'eau situé d'un côté de la ligne de faîte correspond un autre cours d'eau situé dans son prolongement 8. C'est donc pour les formes de détail du terrain, pour son modelé, dû, comme on sait, à l'action prépondérante des eaux courantes, que la conception de « l'arête de poisson » ou de la « feuille de fougère » se trouve justifiée. On trouve à cet égard, en Nouvelle-Calédonie, une régularité qui est bien rarement réalisée dans la nature. De plus, les cours d'eau calédoniens n'ont pas atteint l'état d'équilibre et n'ont pas achevé de creuser leurs lits. « Il faut, disent MM. de la Noë et de Margerie \ distinguer dans le phénomène du creusement des canaux des rivières deux périodes bien distinctes.

1. Le Chartier, La Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles 'Hébrides p. 21.

2. Nicomède, Bowail, p. 11, Opigez. B. S. Géogr., 1886, p. 420. M. Faure-Biguet, {Nouvelle-Calédonie, p. 16) échappe en partie à ces critiques.

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