Prologue
A Stuart Mcrrul.
L'AVENTURIER
UELLE aube véhémente a chassé l'ombre froide Voici se nuer d'or les cimes dépouillées Où s\âttristait hier un chœur de Destinées — Quelle aube véhémente a chas, é l'ombre froide ?
Le palais dévalait au pied de la montagne, Nul écho n'accueillait l'exil des voix antiques, Des fantômes blafards flottaient sous les portiques Le palais s'écroulait au pied de la montagne.
Ce désert, ce silence et ces heures muettes — Telles des vieilles lasses d'avoir trop vécu — Le lierrcconquérant du parvis jusqu'au faîte. Le flambeau qui s'éteint d'un culte trop connu — O silence, ô désert, ô ces heures muettes !..
Mais écoutez : tout vibre en l'aube véhémente :
Voici se nuer d'or les cimes dépouillées ;
Où s'attristait hier un chœur de Destinées
Un dieu naît fraternel qui rayonne et qui chante.
Geste fauve envolé sur l'Orient prochain. Sa chevelure en feu se déroule et sa main M'appelle à conquérir des terres inconnues.
Je vous retrouve enfin vrais arômes niés
Et vierges floraisons qu'on disait défendues —
Evangile là-bas : tu m'invites — j'irai.
LE CHŒUR
Tant de rêves penchés sur cette âm:; fuyante : C'est une eau pailletée ondoyant vers la nuit, Q'en sera-t-il ?
LE CORYPHÉE
la mort et la cendre sanglante D'un astre qui défaille à l'horizon terni.
LE CHŒUR
J'ai bien peur de la Nuit sur cette âme fuyante !
PROLOOUI 95
L'AVENTURIER
Au balancer très lent de barques radieuses
Je descendrai le fleuve ombré d'orme et d'yeuse.
LE CORYPHÉE
Chercher au loin, si vainement, ta rcmtc (^trangc ! Reste encore et t'endors en nos gramons fleuris.
LE CHŒUR
Ces enfants, groupez- les autour de son logis, Chantez pour retenir et gardez qu'on dérange Le divin vagabond sur le seuil accroupi.
LE CORYPHÉE
Quelqu'un vint avec lui qui n'est pas son bon ange.
l'aventurier
Ah ! la ville étrangère et l'étrange pays.. . Que me sont tes rumeurs, ô foule meurtrière, Ne sais-je pas ton masque et que ton rire ment Dont le dard, autrefois, a lésé ma misère ? Vois-tu pas : j'ai sur moi, baptismal talisman, Une clarté ravie aux lumières premières... Laissez donc, je sais trop la chanson coutumière.
LE CORYPHEE
O palais qu'ont pleuré l'insomnie et l'absence, Salles où s'étiole un blanc songe d'antan, Il outrage votre âme et la voue au silence.
L'AVENTURIER Je suis le Voyageur dans l'espace et le temps.
LE CHŒUR
Viens à nous : le rêve puéril recommence
Et voudrait s'attarder aux rythmes de nos danses,
Puis ta route là-bas est si sombre pourtant.
L'AVENTURIER
Rendormez-vous éveils de rêves décevants : Mon cœur est vers vos cris ô clairons d'aventure.
LE CHŒUR
Voici nos bois profonds et leurs fraîches feuillures, Nos grands bois endormeurs où les sources câlines Et les brises d'été marient en longs murmures Les cuivres chaleureux aux flûtes cristallines : Ils sont tiens et tes pas y guideront nos pas.
rROLOOUI
L'.WENTIKIKK
Le p<»rt osl au Levant que m'indique mon frOro Qui marche dans mon ombre et me parle t^iit bas.