‹ L'Architecture de la Ceinture pelvienne: Essai de construction statigraphiqueChapitre 16 sur 21 · VUE D’ENSEMBLE SUR LA STRUCTURE ET LA MÉCANIQUE PELVIENNE · texte numérisé non relu

VUE D’ENSEMBLE SUR LA STRUCTURE ET LA MÉCANIQUE PELVIENNE

Nous pouvons maintenant, de par l’étude morphologique et structurale du bassin schématiser le trajet des systèmes de travées qui en forment la charpente et dont la direction ne fait que traduire celle des différentes forces qui parcourent le pelvis en tous sens. Nous savons en effet, d'après les lois de la mécanique du développement, qu’une trajectoire ne se forme que là où une force constante d’une certaine grandeur et toujours dans la même direction est supportée par l’os. La plus grande partie du poids du tronc transmise surtout par la colonne lombaire tombe sur le bassin au niveau de Ja première sacrée. Cette vertèbre représente la base du coin sacré qui, grâce à la forme des surfaces articulaires, tend à s’enclaver entre les deux os coxaux. La force à ce niveau se décompose suivant deux directions différentes. L'une, la moins importante, tend à abaisser en masse le sacrum et en même temps à faire basculer sa base en avant dans l'intérieur de l'excavation. Elle développe les différents systèmes verticaux ou arqués qui réunissent les surfaces intervertébrales du sacrum. De par la direction de la force et de par l’incurvation du sacrum, ces systèmes sont surtout nombreux contre sa face antérieure. Pour lutter contre la tendance du sacrum

à basculer en avant, interviennent d’abord la forme même dessurfaces articulaires dé l'articulation sacro iliaque. Comme l'a montré Farabœuf, ces surfaces sont emboîtées l’une dans l’autre de telle sorte que le coin sacré, même isolé de tous ses autres moyens de suspension, reste solidement fixé en sa place tant qu'on n'écarte pas les surfaces de la symphyse pubienne. Toutefois, pour renforcer celte action on trouve les ligaments postérieurs (tout spécialement les interosseux) de l'articulation sacro iliaque. D'où la présence dans Île sacrum de travées continuant la direction de ces ligaments et dans l’ilion de ces solides trajectoires qui, parties tangentiellement de la surface auriculaire, vont se perdre dans la tubérosité illaque postérieure. Elles traduisent la force de traclion de ces ligaments.

La seconde composante du poids du tronc, qui est de beaucoup la plus importante, passe obliquement dans lilion par les masses latérales du sacrum. C'est par elle que les forces. pourront aboutir, soit à la cavité cotyloïde, soit à la tubérosité ischialique, suivant le Lype de station envisagé. Elles tracent dans le squelette deux trajectoires fondamentales : la trajectoire de l'attitude droite et la trajectoire de l'attitude assise. Ces - deux trajectoires suivront un trajet commun jusqu'à l’éperon sciatique, et c'est à partir de ce point seulement qu'elles divergeront. Au niveau du sacrum, elles sont représentées par deux grands systèmes de travées. L'un, qui recoit les pressions transmises par les apophyses articulaires inférieures de la cinquième lombaire est le moins développé. II part du processus articulaire sacré, suit la partie postérieure des masses latérales, pour aboulir au versant postérieur de l’auricule. Notons que de par son trajet et de par la forme des surfaces articulaires, ce système doit lutter aussi contre la tendance du sacrum à basculer en avant. L'autre, beaucoup plus imporlant, aboulit au versant antérieur de l'auri-

a cule par les corps vertébraux sacrés. Il passe par la portion antérieure des masses latérales, déterminant la forte saillie que fait cette pièce squelettique dans le plan du débroit supérieur et qu’on désigne en anatomie descriptive sous le nom de bord antérieur de l’aileron du sacrum. Cette formalion, étroitement liée à l'attitude droite, n'atteint son parfait développement que chez l’homme.

Venues par ces deux systèmes des apophyses articulaires ou des corps vertébraux sacrés, les forces, réunies au niveau de la symphyse sacro-iliaque, gagneront l’éperon sciatique par les solides travées antéro postérieures que nous avons décrites à ce niveau. Mais si la majorité de ces travées va tomber sur 'éperon sciatique, d’autres, légèrement ascendantes, iront s’accoler sur un épaississement de la lame interne qui, dans la-coupe sagittale, est situé immédiatement au-dessus de l’éperon (1). D’autres, enfin, iront toujours au même niveau, soit sur la lame interne, soit surtout sur la lame externe et s’opposeront à la tendance qu'aurait le détroit supérieur à exagérer sa courbure sous la poussée du coin sacré.

Envisageons-nous maintenant la stalion debout? Les travées partiront du versant antérieur de l’éperon sciatique et des épaississements compacts environnants pour aboutir sur la voûte de la cavité cotyloïde, constituant le groupe supérieur des travées rayonnées que nous avons signalées à ce niveau.

Rien n’est plus aisé que de suivre leur trajet ultérieur dans le col du fémur. S'agit-il de la trajectoire de l'attitude assise? Nous trouvons un faisceau serré de travées légèrement incurvées qui, parties elles aussi de l’éperon sciatique, se

(4) Latarjet et Gallois donnent à cet épaississement le nom d'éperon ou de lame innominée,

Lu RSR lermineront sur la tubérosité ischiatique. Mais ces travées ont une longue route à parcourir et leur trop long trajet serait pour elles une cause de fragilité. Aussi sont-elles interrompues et renforcées par les relais que leur forment les contreforts sous-colyloïdien el sous-épineux.

Tels sont les trois principaux systèmes de travées qui par leur importance dominent toute l'architecture de l'os coxal, Ils servent de soutien à toutes les autres portions (ailes ilaques, éléments du trou obturäteur) qui viennent s'appuyer sur eux. Nous les avons appelés poutres fondamentales de la ceinture pelvienne. Ces poutres représentent très schématiquement un Ÿ couché ou encore une fourche dont la branche commune postérieure s'appuie contre le sacrum et dont les deux branches divergentes antérieure et inférieure aboutissent à la cavité cotyloïde et à la lubérosité de l’ischion. Nous croyons que c'est dans l'association de ces deux trajectoires de l'attitude assise et de l'altitude droite qu'il faut chercher la vraie caracténislique architecturale du bassin humain. Nous nous proposons du reste de vérifier cette proposition dans un travail ultérieur sur l’archilecture du bassin de quelques vertèbrés.

Nous avons déjà dit au début de cette étude comment nous concevions le rôle des ailes iliaques. Les travées ascendantes ou descendantes qu'elles renferment sont parfaitement orientées pour résister aux tractions musculaires et aux pressions des viscères.

Le rôle des tirants pubien et ischio-pubien peut prêter à de longues discussions. Les travées que lon trouve dans leur intérieur traduisent-elles des forces de pression ou des forces de traction ? Pour Mayer, l'os coxal serait un levier du premier genre mobile autour de l'articulation sacro-iliaque. Lorsque le poids du tronc appuie sur le sacrum, ce dernier exercerait par ses ligaments postérieurs une traction sur les tubérosités 1liaques postérieures qu’il tendrait à rapprocher,

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