‹ L'Architecture de la Ceinture pelvienne: Essai de construction statigraphiqueChapitre 7 sur 21 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

OS COXAL D’ADUCTE

Nous étudierons isolément dès le début les ailes iliaques, parce que leur structure présente le maximum de simplicité. Ce fait est très probablement une conséquence de leur rôle peu important. Elles sont, en effet, à proprement parler, un accessoire de la ceinture pelvienne et l’on conçoit très bien qu'elles puissent être sciées sur un squelette monté sans que sa statique subisse la moindre perturbation. Parties intégrantes de la paroi de la cavité abdominale, on peut les considérer comme continuant le rôle des muscles larges de l’abdomen qui est de renfermer les viscères abdominaux et de s’opposer à leur pression excentrique. Si à ce niveau la paroi est devenue osseuse, au lieu de rester musculaire comme sur la marge antérieure du grand bassin, c’est que, sur les côtés, les muscles larges se fixent directement à la ceinture pelvienne au lieu d’en être séparés par un large espace servant au passage du paquet vasculo-nerveux. Les ailes iliaques fournissent en outre une large surface d'insertion à des

D oi muscles qui atteignent leur maximum de développement dans la station debout (fessiers, psoas iliaque). Cette même raison générale (station debout), rendant maximum la pression des viscères à la partie inférieure de l'abdomen, explique leur grand développement chez les sujets à station bipède, alors qu'elles le sont beaucoup moins chez les quadrupèdes et même chez les anthropomorphes. Le professeur Sabatier (1), qui a étudié avec tant de soin les variations morphologiques de l'os coxal dans la série des vertébrés, distingue des ilions prismatiques et des ilions pourvus d’ailes. Le prismatique, qui se retrouve au bas de l'échelle (cheiroptères, lièvre, kanguroo) et qui constitue la forme type, est composé par une tige osseuse phalangiforme, aplatie de dehors en dedans. La face interne est toute entière occupée par la facette d’articulation avec le sacrum et le rôle principal, fondamental de cette pièce osseuse, est de fixer et de suspendre la ceinture pelvienne au rachis. Sur les 1lions ailés (ruminants), le bord antérieur, en se développant, constitue la fosse iliaque interne qui produit l'évasement si prononcé du grand bassin. Cette formalion est le résultat du développement de la cavité abdominale et des viscères qu'elle renferme, car chez l'embryon, l'ilion possède encore le type phalangiforme aplati. Une toute petite portion de l’ilon reste alors consacrée à l'articulation sacro-illaque. Testut (2) a montré que les variations des muscles précèdent celles du squelette.

L’aile ihaque ainsi conçue peut être isolée par un trait de scie qui, partant en arrière à 4 ou 5 centimètres au-dessous de l’épme iliaque postérieure et supérieure (au point où la

(1) A. Sabatier. — Comparaison des ceintures et des membres dans la série des vertébrés, 1880.

(2) Testut. — Les anomalies musculaires chez l'homme expliquées par l'anatomie comparée, 1884.

pe

crète iliaque décrit son premier coude à concavité externe), aboutirait en avant à l'épine iliaque antérieure et inférieure. Cette section laisse, au-dessous d'elle, tout le pourtour du détroit supérieur qui joue un rôle fondamendal pour la transmission des forces dans la statique. La minceur et la simplicité de structure de cette portion du squelette traduisent son rôle secondaire. Elles se manifestent déjà, au simple exameñ, sans qu'il soit besoin de faire appel à des coupes. On voit alors, dans l'immense majorité des cas, que l'os à ce niveau, présente une zone transparente. Il n'y a entre les divers sujets que des différences de degré. Très rarement cet amincissement peut aller jusqu'à la perforation. Poirier en aurait réuni deux jolis cas dans sa collection de l'École pratique. La fosse 1liaque serait en ce point réduile à l’élat d’une véritable dentelle. Cette zone d’amincissement est située à 3 ou 4 centimètres au-dessous et à { centimètre en arrière de la verticale, abaissée par la tubérosité d'insertion du moyen fessier sur le versant externe de la crète iliaque. Constüiluée par l'accolement des deux lames d'enveloppe de l'os, cette surface est d'étendue très variable. Sur de rares pièces l'os est simplement moins épais, mais les lames compactes restent séparées par une mince couche de lissu spongieux. Elle mesure, en général, 1 ou 2 centimètres carrés de superficie. Sa forme est très irrégulière et parfois elle est dédoublée par un pont de substance spongieuse. Sur les squelettes d'enfant et même d'’adolescent, avant Ja soudure des points d’ossification, nous ne l’avons jamais rencontrée. Chez les premiers on note même que l'épaisseur des ailes iliaques est très grande, mais les aréoles spongieuses sont, dans la future zone d’amincissement, plus spacieuses que dans les points environnants. Cet amincissement ne nous à pas paru témoigner d’une moindre solidité structurale de l'os. Il était très net sur des bassins lourds à travées solides et serrées,

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Nous ne serions pas éloigné de penser qu'il témoigne d'un processus normal d'édificalion, car il n’est pas plus développé sur des bassins légers, spongieux et friables. Son exagéralion, cependant, serait due à un processus atrophique sénile ou pathologique. C’est ainsi que, sur les nombreux bassins à luxation double congénitale que nous avons eu l'occasion d'examiner, bassins qui sont par excellence des bassins atrophiques, cette zone est très développée au point d'envahir la plus grande partie de la fosse iliaque.

Examinons maintenant la structure intime que peut seule nous montrer l'étude des coupes. Qu’elles soient verticales et frontales, ou bien horizontales, on est tout d’abord frappé par l'inégalité d'épaisseur des lames compactes, suivant le pont envisagé. Il est indispensable, dans l'évaluation de cette épaisseur, de ne tenir compte que des coupes perpendiculaires à la surface des lames, les coupes obliques pouvant en apparence l’augmenter considérablement. La lame externe l'emporte de beaucoup sur l’interne; elle est en moyenne deux ou trois fois plus épaisse. En outre, pour l’une et pour l’autre, le maximum d'épaisseur correspond sur les coupes verticales au milieu de la fosse iliaque, c'est-à-dire à égale distance de lacrète iliaque et du plan passant par le détroitsupérieur. Cette description ne s'applique qu'aux coupes passanten avant ou en arrière de la zone amincie décrite plus haut. A son niveau, en effet, l'épaisseur de l'aile est inférieure à la somme de chacune des deux lames et peut même n'être pas égale à celle de la lame la plus mince {voir planche I, fig. 2). De ce point d'union, et en prenant les caractéristiques anatomiques précitées, les deux lames divergent mais en formant toutefois un angle plus aigu en haut qu'en bas, en arrière qu’en avant. Sur la crète iliaque la lame enveloppante esl en général excessivement mince, à ce point que très souvent les manipulations de préparation des os suffisent à la faire dis-

paraître et à mettre à nu les aréoles spongieuses sousjacentes. Sur certains os, cependant, il court, tout le long de la crête, et simplement au niveau de son interstice, un ruban de tissu compact bien isolé qui peut atteindre 2 à 3 millimétres d'épaisseur, d’où l'erreur de certains auteurs quisignalent cette portion de l'os coxal comme une des plus épaisses, alors que la présence d'une lame compacte relativement peu développée n'est déjà qu’une exception.

Ici, comme du reste dans toute autre pièce du squelette, l'étude des travées spongieuses nous fournira la raison de ces épaississements localisés des lames d’enveloppe. En coupe horizontale (schéma 1) nous les voyons se diriger plus ou moins obliquement | | D d’une lame à l’autre circonscrivant des aréoles d'autant plus fines qu’on s’écarte davantage

Schéma 1 du centre de la (Voir planche I, figure 1)

fosse iliaque. À ce système transversal se surajoute un autre système moins développé, à travées dirigées d'avant en arrière. Elles se détachent à leurs deux extrémités de la lame

externe et constituent la corde de l’arc à convexité externe qui traduit à la coupe la convexité de la fosse 1liaque externe. Il s’agit là très probablement d’un de ces systèmes d’association destinés à renforcer les courbures des surfaces osseuses et à s'opposer à leur affaissement. Un pareil système a depuis longtemps été décrit par les auteurs dans la structure de l’astragale. :

En coupes verticales et frontales, l'architecture de l'aile paraît plus nettement systématisée. De la portion épaisse des lames partent très tangentiellement des systèmes de travées obliquement ascendantes qui montent dans l’épaisseur de la crète iliaque. À ce niveau se fait un entrecroisement

se OR aie

des fibres venant de la lame interne avec celles beaucoup plus nombreuses venant de la lame externe. Il en résulte une série d’ogives dont les sommets dirigés en haut répondent à l’interstice de la crète iliaque. Du même point d’épaississement de la lame compacte, mais présentant un trajet descendant partent d’autres travées plus nombreuses et plus épaisses. Comme les précédentes, elles se détachent en majorité de la lameexterne. Leur terminaison inférieure variera suivant la coupe envisagée. Dans la coupe (voir planche, figure 2) intéressant le sommet de la grande échancrure sciatique et qui passe par la zone amincie, ces travées descendantes présentent leur minimum de développement en nombre et en: épaisseur. Elles vont se perdre sur les travées transversales et antéropostérieures très nombreuses à ce niveau. Les coupes suivantes intéressent, l’une le corps de l'ischion, l’autre la cavité cotyloïde. Dans l’une et l’autre, ces travées apparaissent très solides et très serrées. Elles abandonnent les lames compactes très obliquement, ces dernières paraissant s’efleuiller en quelque sorte pour les constuer. Dans la première, nous les voyons se recourber progressivement, de telle sorte que celles qui viennent de la lame externe vont ainsi se perdre sur la lame qui forme le fond du dos d'âne dans l’excavation (schéma 2). D’autres, continuant leur trajet descendant, vont se confondre avec les travées constitutives de la branche descendante de l’ischion. Les plus antérieures, encore plus importantes, ont un trajet plus court à parcourir. Elles tombent normalement sur le

HS rebord supérieur du sourcil cotyloïdien, très (Voir planche, I fig.3) épais à ce niveau. Suivant les hasards de

or 1e re la coupe, ces travées peuvent se perdre sur une sorte d’épaississement osseux qui, selon les cas parait perdu dans la masse spongieuse ou au contraire accolé à la lame externe. Mais ce n’est là qu'un relai car elles reparaissent au-dessous

Schéma 3 Schéma 4 (Voir planche I, figure 5) (Voir planche I, figure 4)

de ce point pour se terminer comme les précédentes. Entre les deux systèmes de travées émanant des lames compactes externes et internes, les mailles spongieuses sont très larges et rappellent une cavité médulaire d’un os long {schémas 3 et 4).

Isolons par un trait de scie la surface angulaire, la branche horizontale du pubis et la branche ischio pubienne, portions constitutives du pourtour du trou obturateur déjà plus importantes dans la statique, mais non encore éléments essentiels ainsi que le démontre l'existence des bassins fendus. Dans ces bassins, bien étudiés par Litzmann (1), les pièces squelet-

(4) Litzmann. — Das gespalt. Beck. Arch. f. Gynak, 1872.

== 1910) == tiques précitées existent quoique très atrophiées. Le diastasis de la symphyse qui peut atteindre 87 milim. (Cas de Ayres), enlève à l'arc antérieur du bassin toutesa valeur fonctionnelle. Cependant les sujets porteurs de cette anomalie peuvent marcher, faire parfois de longues courses. Les mouvements brusques ou violents leurs sont seuls interdits.

Ici encore, comme pour les ailes iliaques, la structure de l'os parait d'importance proportionnelle à son rôle dans la statique.

La branche ischio pubienne est enveloppée d’une lame compacte peuépaisse ({milim.au maximum).Letissuspongieux est à mailles parfaitement régulières. Elles sont formées par de minces travées dont les principales, parallèles entre elles, suivent exactement le trajet de la branche ischio pubienne. Quelques travées perpendiculaires à l’axe de la tige osseuse constituent avec les précédentes des aréoles rectangulaires très nettes, surtout vers le milieu de la coupe. A vouloir serrer de plus près la structure de cette pièce, on remarque que son tissu compact d’enveloppe est plus épais au milieu de la branche ischio pubienne et que, par contre, c'est à ce même niveau que les aréoles spongieuses sont le plus spacieuses (schéma 5).

Schéma 5 Les branches horizontales des

(RQ Prentoe in RATE ©) pubis présentent une structure analogue, quoique déjà un peu plus complexe. Même épaississement de la lame d’enveloppe au niveau de la portion moyenne quirépond au fond de la gouttière sous-pubienne, c'est-à-dire au point le plus rétréci. Cet épaississement se

ST y MS voit bien sur une coupe verticale et frontale intéressant l'os dans toute sa longueur. Dans notre note préliminaire, nous cru qu'il n'existait qu'au niveau de la lame supérieure et nous l’avions assimilé à un aster de renforcement. La signification nous paraît tout autre après l'examen de nouvelles coupes. Il ne s’agit pas en effet d’un épaississement localisé de la lame supérieure mais d’un épaississement en virole de toute la coque osseuse visible à la fois sur les coupes frontales, horizontales et perpendiculaires à l’axe de l'os. Les travées de tissu spongieux ne sont plus ici parrallèles à cet axe. Elles paraissent en effet partir en majorité de la lame supérieure. Les plus externes se dirigent obliquement vers la portion antérieure du sourcil cotyloïdien sur laquelle elles tombent normalement. Elles sont peu nombreuses, divergent entre elles, et, sur certaines pièces, arrivent à constituer par leur écartement une lacune de la grosseur d’un pelit pois correspondant extérieurement à la saillie de l'éminence ilio pectinée. Les travées inférieures Lombent perpendiculairement sur la lame qui constitue à ce niveau le toit du canal souspubien. Elles sont donc en ce point exactement perpendiculaires à l'axe de l'os. Les internes, enfin, se dirigent vers la surface angulaire des pubis. Elles parcourent cette surface en décrivant des courbes concentriques à concavité regardant le trou obturateur. Les plus élevées vont se terminer perpendiculairement sur la surface articulaire de la symphyse. Les inférieures, beaucoup plus longues, parcourent toute la coupe et paraissent se continuer sans interruption avec les fibres ascendantes venues des branches ischio pubiennes. En réalité ces deux groupes de travées, pubiennes etischio pubiennes, s’entrecroisent toujours sous un angle droit. Elles parcourent par la suite leur trajet primitif. D'où à première vue l'apparence quadrillée très régulière du tissu spongieux à ce niveau. À l'examen attentif on y retrouve

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toujours une série d'ogives à sommet dirigé vers la symphyse el s'opposant ainsi aux ogives symétriquement placées dans l'autre surface angulaire. Cette même coupe nous montre que la lame compacte sur laquelle repose la couche de cartilage hyalin de l'articulation symphysaire est toujours d'une grande minceur (schéma 5).

Encoupe horizontale nous retrouvons, partant de la portion moyenne des lames compactes, des travées à origine tangentielles. Les externes vont en majorité tomber normalement sur la cavité cotyloïde. Toutefois celles qui émanent de la lame postérieure suivent le contour du détroit supérieur et se continuent bout à boutavec les travées à direction antéro postérieure issues du

versant antérieur de la sur-

© Schéma 6 = face auriculaire. Les inter-

(Koïr planche I, feure 1) nes vont tomber perpendi-

cularement sur la surface symphy$aire après entrecroisement

respectif. Au milieu de la branche horizontale du pubis,

point où naissent toutes ces travées, les aréoles sont beaucoup plus lâches (schéma 6).

Les coupes des régions qu'il nous reste à étudier vont être d’une interprétation beaucoup plus malaisée. Non pas que leur structure n’obéisse plus ici et peut-être davantage à des lois définies, mais elle doit désormais répondre à des nécessités fonctionnelles beaucoup plus complexes. En outre, le squelette est à ce niveau de forme compliquée, d’où la diffé-

AE CE rence d'aspect très grande entre deux coupes voisines cependant l’une de l'autre. Il ne faut plus songer pouvoir faire ici des sections dont la seule lecture donne une idée schématique de la direction générale des travées. Nous n'avons pu en faire représenter ici que quelques-unes des plus instructives.

Envisageons d’abord des coupes horizontales faites à des niveaux différents. Elles intéressent la portion de la ceinture dépendant de l'ilion qui constitue toute la partie du détroit supérieur allant de l’éminence ilio pectinée à la surface auriculaire et, en arrière de celle-ci, le massif osseux des épines iliaques postérieures. Toutes ces coupes passent par la facette auriculaire de l'articulation sacro iliaque. Nous retrouvons ici les deux lames compactes externe et interne avec les mêmes caractères que nous leur avons assigné au niveau de l'aile iliaque, mais de plus en plus accentués. C’est dire qu'elles présentent toujours une épaisseur maximum au-dessus du fond de l’échancrure sciatique, à égale distance de l'articulation sacro iliaque et de la gouttière de réflexion du psoas. Mais alors que la lame externe peut atteindre 4 millimètres, l'interne ne dépasse jamais 3 millimètres sur les pièces où elle est le plus développée. Dans la portion rétro auriculaire de la coupe, intéressant tout le massif osseux de la fosse criblée et des épines iliaques postérieures, la coque redevient excessivement mince. Le fond de la surface articulaire est à son tour limité par une mince lamelle compacte dont le peu d'épaisseur frappe d'autant plus l'observateur que l'amincissement se fait à ce niveau sans transition, la lame interne très épaisse venant finir brusquement sur son bord antérieur.

La première coupe. parallèle au plan du détroit supérieur, passe en arrière par la partie supérieure de la facelte auriculaire et en avant dans le fond de la goultière de réflexion du

DNA psoas. On voit, de la lame interne, au niveau de son point le plus épaissi, silué environ à 1 ou 2 cenlimètres en avant de la surface auriculaire, parür une série de travées très denses et très épaisses qui se dirigent très obliquement les unes en avant les autres en arrière. Les antérieures sont les moins nombreuses, elles vont se perdre dans le bord antérieur de l'ilion en s’entrecroisant, suivant un mécanisme que nous avons souvent décrit déjà, avec les travées similaires très nombreuses venues de l’épaississement de la lame externe. Comme elles restent presque toutes tangentes au plan des lames compactes, les aréoles qu'elles imitent au centre

de la coupe sont très spacieuses (schéma 7).

Beaucoup plus nombreuses sont les tra-

Schéma 7 ; LE (Voir planche II, fig.4) vées qui se dirigent en arrière des épaissis-

sements des lames. Parmi elles, celles qui partent de la lame interne, immédiatement au-devant de la surface auriculaire, méritent de nous arrêter plus longuement. Elles sont à ce point si épaisses et serrées qu'elles n'offrent plus l'apparence de lissu spongieux, mais plutôt de tissu compact creusé de rares lacunes. Les plus longues de ces travées vont se perdre en arrière, dans la fossette pyramidale, au point d'insertion des ligaments postérieurs de la symphyse sacro illaque. Sur cette coupe, la surface auriculaire regarde en dedans, mais aussi en arrière, formant avec la lame compacte située au-devant d’elle un angle obtus ouvert en dehors. Les travées précitées passent en pont audevant de cel angle. Mais il en est d’autres, plus courtes, parce que plus internes, qui vont se terminer sur la facette arüculaire elle-même, sur laquelle elles tombent sous un angle voisin de l'angle droit.

Sur certains os très aréolaires, à structure beaucoup plus spongieuse, l'architecture paraît obéir en apparence à une systématisation différente.

Non pas qu'on n'y retrouve tous les éléments plus haut décrits, mais ils sont beaucoup moinsnets et paraissent céder le pas en importance à un autre système qu’on retrouve, du reste, à un examen altentif sur toutes les pièces. Mais il n’est très nettement manifeste que dans les os très spongieux. On voit, en effet, sur ces derniers (schéma 8) parür du bord postérieur de l'au-

ricule un épaississement de tissu médulaire qui se dirige directement en avant sur une Schéma 8 longueur de 3 à 4 centimètres pour aller se (Voir planche N, fig. ï) perdre non plus sur une lame compacte, mais au milieu des mailles du tissu spongieux. Qu'elle est sa signification exacte? N'est-il que le résultat de l’entrecroisement à ce niveau destravées venues des lames interne et externe, et qui, en arrière comme avant, se coupent sous un angle droit ? Nous ne le pensons pas, car alors le même épaississement se retrouveraitsur tout autre point du squelette, présentant celle même intrication de fibres. Par contre, celle traînée à toute l'apparence morphologique de la trace laissée dansletissu spongieux parle passage d’un tronc nourricier, ainsi que nous avons pu le vérifier en examinant d’autres pièces du squelette. Le même examen nous a montré aussi que Ces vaisseaux nourriciers suivent dans les os les points soumis aux moindres pressions, points par conséquent où ils risquent le moins d’être comprimés. Tel es le cas de la zone neutre envisagée plus haut.

Quoiqu'il en soit, à ne plus lenir compte de ce nouvel élément de complicalion, nous retrouvons en arrière de l’articulation toutes les travées à direction antéro-postérieure qui

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ne se sont pas arrêtées sur l’auricule. De nouvelles fibres naissent du versant postérieur de l’auricule qui présente à ce niveau la forme d'une gorge avec un versant antérieur et un versant postérieur. Toutes ces travées et celles qui viennent de la lame externe forment dans la portion rétro-auriculaire de l'ilion un feutrage spongieux très régulier et très serré.

Les mêmes coupes passant par des plans inférieurs, mais intéressant toujours l'articulation, nous montrent les mêmes éléments également orientés. On note simplement l’épaississement croissant des lames compactes. Cet épaississement atteint son maximum à quelques millimètres au-dessus du fond de l’échancrure sciatique sur une coupe qui intéresse alors la voûte de la cavité cotyloïde {voir planche IT, figure 6).

Faisons dans la même région passer une nouvelle coupe . verticale et sagitale intéressant les épines iliaques postérieure et antérieure, l'articulation sacro 1liaque et le fond de la grande échancrure sciatique. À la lumière des coupes précédentes, nous allons pouvoir mieux l'interpréter. La portion postérieure de la coupe qui répond au massif des épines iliaques postérieures et à toute la partie de la crète et de l'aile iliaque située en arrière de l'insertion du ligament ilio-lombaire tranche sur tout le reste par sa conslitution caractéristique qui frappe d'autant plus qu'elle paraît se faire sans transition. Région essentiellement spongieuse, les travées n'y présentent que deux directions, les unes, les plus nombreuses, sont verticales, les autres ont un trajet antéro-postérieur. Elles limitent de toutes petites aréoles parfaitement orthogonales. Immédiatement au-devant de cette région, à 1 centimètre en arrière de la zone de projection de la surface auriculaire, se trouvent de nouvelles travées plus écartées, mais beaucoup plus épaisses, qui toutes se dirigent d'avant en arrière. Elles représentent les fibres langentielles que dans les coupes

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horizontales nous avons vu côloyer la facette articulaire. Quoiqu'il en soit de leur origine postérieure, nous les voyons se terminer en avant de façon différente. Quelques-unes, légèrement ascendantes, vont se perdre sur la lame interne (la supérieure de la coupe) au point où elle est déjà très fortement épaissie. Les autres, beaucoup plus nombreuses, vont se jeter sur la lame compacte qui forme le fond de la grande échancrure sciatique. Mais ce dernier point est aussi celui où les lames limilantes externe et interne de la fosse iliaque se réunissent l’une à l’autre après avoir atteint leur maximum d'épaisseur. C’est aussi celui où vont converger et s’entrecroiser les travées descendantes que nous avons vu émaner

Schéma 9 (Voir planche IV)

de ces mêmes lames dans les coupes vertico-frontales. Il en résulte un énorme épaississement de la coque compacte for-

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