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Voir la Renaissance en France, t. II, p. iSj-ioJ

i|iS L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

en 1 5o7 sur les plans de Guillaume Besnouard, terminé en i5i8, sept ans aprùs la mon de cet architecie.

A Angers, l'hôtel de Pincé, en partie l'oeuvre de

Fig. 74. — Fenélrei à Cihon,

Jean de Lespine qui, vers i533, fut appelé à continuer les travaux.

A Bourges. Thôtel Lallemant, remanié plutôt que

reconstruit durant le premier quart du xYi' siècle; rhôtel Cujas, attribué non sans quelque raison ù Guillaume Pellevoisin, qui Taurait terminé une trentaine d'années avant Tarrivée (i555) du célèbre jurisconsulte dont il porte le nom.

A Toulouse, l'hôtel Bernuy {i53o), peut éire dû à un architecte espagnol ; l'hôtel d'Assézat (i555), somptueuse résidence qui rappelle par plus d'un point le Louvre de Pierre Lescot; les hôtels Cheverry, Brucelles, Saint-Félix, laMammy, Felzins (anciennement Molinier) , Buet et

Lasbordes (ancien- ^'e- "■ - f»'" » ^'"""=*-

nement Burnet) ,

en tout ou en partie bâtis, de i535 à 1570, dans un style particulier que bien des raisons portent à considérer comme celui de Nicolas Bachelier. Toute l'ornementation est réservée aux fenêtres dont le cadre de pierre, composé de deux ordres superposés avec architrave intermédiaire, se détache sur un fond de briques.

A Dijon, l'hôtel de Vogué, tout empreint encore de

Pesprit de la Renaissance, bien que bâti au ment du xvii" siècle {1607-1614).

A Besançon, le palais Granvelle, où de bonne heure [i532-i54o| sooî superposés les trois ordres qntiques.

A Nancy, le palais Ducal (i5oi-i5i2), auquel travailla le célèbre architccie-sculpieur Mansuy Gauvain.

Dans les jardins qui accompagnent les hôiels, ou bien isolément, on rencontre parfois des monuments

Fig. 77, — Fontiiae d'AmboEie, à Clcrmont-Feirand.

d'un caractère assez singulier, évidemment construits non pour rhabitation.mais pour servir de théâtre à des fêtes. Au rez-de-chaussée comme au premier étage, tout est en grandes pièces et en longues galeries. Par similitude avec certaines maisons de plaisance italiennesi nous leur donnerons le nom de casinos. Les plus im-

ponants sont, à Dijon, le belvédère de Thôtel Bretenières (1541); à Caen, le pavillon dit maison d'Éiienne Duval (i55o); à la Rochelle, la prétendue maison de Diane de Poitiers, rue des AuguStins (i.SSg).

Les habitations de second rang, celles qui d^ordinaire étalent aux yeux des passants toute leur richesse, sont naturellement plus nombreuses que les hôtels. On en trouve jusque dans les localités les plus infimes, celles qui n^ont jamais eu aucun renom. Beaucoup d^entre elles sont en bois, principalement dans la région nord-ouest, et Ton admire en bien des cas Pétat de conservation des sculptures, presque toujours pleines de verve et d'esprit.

Certaines villes, comme Orléans, doivent une bonne part de leur célébrité artistique aux maisons que le temps a respectées. La plupart se distinguent par l'emploi d'un style tout local, spécialement caractérisé par des fenêtres géminées.

Nous ne pouvons même indiquer sommairement les maisons les plus curieuses. Pour se faire une idée de la variété qui règne en ce genre de construction, il faut parcourir les vieux quartiers de Rouen, Lisieux, Caen, Morlaix, Saint-Brieuc, Laval, Angers, Chinon, Tours, le Mans, Chartres, Riom, Poitiers, Fontenayle-Comte, la Rochelle, Périgueux, Brive, Cahors, Rodez, Arles, Valence, Viviers, Vienne, Dijon, Joigny, Langres, Troyes, Bar-le-Duc, Beauvais et Amiens.

Au cours du xvi® siècle, la plupart des villes, ayant pris de l'extension, sentirent le besoin de renouveler leur enceinte. Partout, du reste, si l'on ne voulait demeurer en arrière et compromettre la défense, l'obliga-

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tion s'imposait de substituer des bastions aux tours. Les comptes municipaux, en général, s'étendent assez longuement sur ces travaux. Grâce à eux, le nombre

Fig. ?B. — FoBiaine de Beaunt, i Touri.

des architectes connus, sans grand profit souvent, se trouve considérablement augmenté. Nous avons beaucoup de noms, mais peu d'œuvres, car, sauf à Nancy, Metz et Langres, a-t-on peine à rencontrer quelque

trace delà transformation alors opérée. Les portes ellesmêmes, où se déployait tout le génie décoratif de la Renaissance, ont disparu. En ce genre, depuis la récente destruction, à Arles, de la porte de la Cavalerie, qui datait de Henri II, il n'est guère possible de citer que la porte Montre-Ecu, à Amiens, bâtie sous François I*', et la porte Saint-Nicolas, à Nancy, dont la construction rappelle les agrandissements dus à Charles III (i58o- 1624).

Soit par les dessins de Du Cerceau, soit par les débris plus ou moins importants conservés au Louvre, à Blois et au petit château de Villesavin, près Chambord, nous sommes suffisamment renseignés sur les fontaines commandées en Italie, au temps de Charles VIII et de Louis XII. Toutes se composaient de deux vasques superposées, maintenues par une colonne émergeant d'un large bassin. Cette disposition fit fortune et nous la retrouvons encore de nos jours dans des fontaines d'âges divers, mais bien françaises d'exécution, à Mantes (i5i9-i52i), Guingamp (i535) et Saint-Jean-du-Doigt (1570). A Clermont-Ferrand, au contraire (i 5 1 5), c'est le nombre des bassins qui est porté à deux, tandis que la seule vasque conservée, au lieu de s'arrondir uniformément, est divisée en plusieurs lobes.

La belle fontaine, dite de Beaune, à Tours, en un certain sens, se rattache également aux précédentes. Les vasques n'existent plus, il est vrai; mais, du centre d'un bassin en pierre de Volvic, émerge une pyramide en marbre, haute de 4™, 20, qui, par ses différences de plans, figure assez bien une superposition de piédouches. Suivant les registres de l'hôtel de ville, l'œuvre a été

exécutée par les deux frères, Martin ci Bastien François, neveux de Michel Colombe (iSio-iSii).

Fig. 7p. — Foalline Saint-L»iar«, I Anton, Sur la place Saint'Lazare, à Auiun, s'élève une fon-

taine d'un type tout particulier, mais remarquable par son élégance (i 540-1543). Qu'on se figure deux rotondes ou lanternes superposées, naturellement de proportions différentes et découpées en arcades dont les supports sont revêtus de colonnes non engagées. La rotonde inférieure, seule utilisée, abrite une vasque posée sur un pied habilement profilé.

Il ne nous reste plus à parler que de la fontaine des Innocents, à Paris (i547-i55o). Jusqu'en 1786, ce chefd'œuvre de Jean Goujon, au lieu de se dresser comme aujourd'hui au milieu d'une place, occupait l'angle formé par la rue aux Fers et la rue Saint-Denis. En outre, il ne comptait que trois arcades, ce qui rendait son développement fort inégal. A le voir, on eût dit une sorte de loggia assez élevée au-dessus du sol et richement ornée en toutes ses parties.

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