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mouvement. Les résistances qui se produisirent vinrent surtout des architectes, merveilleusement façonne's par des programmes séculaires et peu disposés à sacrifier des formules facilement utilisables. Maîtres et élèves se trouvaient également embarrassés, car si les premiers répugnaient à recommencer leurs études, les seconds, en dehors de Pltalie, qui les eût trop radicalement séparés des traditions nationales, ne savaient encore où aller puiser renseignement dont ils avaient besoin.
Aussi, par une conséquence logique, le système des voûtes à nervures, qui est le point de départ et la raison d^être de l'architecture gothique, fut-il le dernier ébranlé. On ne croyait pas pouvoir y toucher sans modifier le plan des églises, et c'est justement ce qui faisait la difficulté. Clergé et architectes se refusaient à innover sur un point si important. Du reste, l'occasion se présenta rarement de faire une application de principes. La seule grande église qui ait alors été bâtie de toutes pièces est Saint-Eustache de Paris. En général, tout se borna à faire ou refaire ici un chœur, là un clocher, plus rarement une nef ou une façade. Les cathédrales dont la construction ne dépassait guère le transept restèrent en cet état. Les travaux de longue haleine avaient cessé d'être du goût des évéques et si, quelques-uns se décidèrent à dépenser noblement les revenus dont ils pouvaient disposer, leur choix se porta plus volontiers sur des remaniements, des compléments faciles, des œuvres d'art proprement dites, comme retables, jubés, clôtures et tombeaux. Ce n'est plus l'ère des cathédrales, c'est encore moins celle des églises monastiques; le principal et presque unique effort se porta sur les églises
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paroissiales qui, dans certaines contrées, reçurent alors en grand nombre de notables embellissements.
Ajoutons que la Renaissance est loin d'avoir des droits à faire valoir surtout ce qui fut construit pour le culte catholique dans le temps où elle eut sa part plus ou moins prédominante dans nos temples. Ce temps commence aux trois ou quatre dernières années de Louis XII, et, pendant tout le règne de François I*"', pendant la plus grande partie du règne de Henri II, on vit des architectes étaler sans vergogne dans le voisinage, souvent à quelques pas des édifices les plus gracieux de la Renaissance, les formes heurtées et anguleuses du style gothique. Il n'y a rien ou presque rien du nouveau style dans Saint-Merry de Paris, église élevée de i52oà 1612; rien ou presque rien dans les croisillons si riches et si imposants des cathédrales de Beauvais et de Senlis, dont la construction, entreprise sous Louis XII, se prolongea jusque vers le milieu du règne de Henri II; rien dans le magnifique portail septentrional de la cathédrale d'Evreux, terminé vers i525 ; rien dans le chœur de Saint-Vincent de Rouen, exécuté de i5ii à i53o*, rien dans la célèbre église de Brou (Ain), ni dans ses non moins célèbres mausolées. A proprement parler, l'église française de la Renaissance ne se distingue et ne saurait se distinguer par aucune disposition spéciale. Plan, coupe et élévation sont empruntés aux édifices analogues du xiii* siècle. Les architectes ont les yeux fixés sur le type le plus remarquable de la région où ils bâtissent, ainsi que cela se voit à propos de Saint-Eustache. Pierre Lemercier, qui a commencé les travaux en i533, Nicolas, son fils,
qui les a coniinues ea 1578, Charles David, gendre de ce dernier, qui les a terminés en 1639, poursuivent jusque dans des détails assez singuliers l'imiiaiion de Notre-Dame. Comme à la cathédrale de Paris, bien que panoutdepuis longtemps on s'en tienne aux pans coupés, le rond-point se termine en demicercle. De même, les doubles bas côtés sont interrompus par un transept qui n'a de saillie qu'en hauteur, les chapelles au pourtour affectent la forme rectangulaire.
La principale nouveauté introduite par le xvi* siècle est la coupole, généralement préférée à la nèche pour le couronnement des clochers et des clochetons; on la voit apparaître dès i5o7, à la tour nord de la cathédrale de Tours, œuvre des deux frères, Maninei Bastien François. Mais la coupole n'en vient jamais à
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commander les proportions et j, j.^.^^ sami-s.iomoi., lesdimensionsdu clocher; moins î piihiviin.
encore, en s'établissant au centre
du transept, — ce qui, si l'on excepte certaines chapelles sépulcrales, n'arriva guère qu'au temps de Louis XIII, — réduit-elle, comme en Italie, la masse de l'édifice à n'être que son contrefort et son accessoire. A Saint-Eusiache, la composition des piliers, oU sont
groupés et superposés des éléments de nature différente, paraît quelque peu artificielle. Mais à Saint-Etiennedu-Monty dont la nef n*a été commencée qu^en 1540, la vieille tradition de l'Ile-de-France se trouve maintenue. Les colonnes allongent de chaque côté leurs longs cylindres que, pour plus de solidité, étrésillonnent vers le milieu d^épais arceaux surmontés d'une balustrade. Sauf ce dernier détail, même arrangement au pourtour du chœur de Saint-Nicolas-des-Champs, qui date de Henri III. Les embellissements alors exécutés furent complétés par un magnifique portail (i 576-1 58 1), ouvert sur le flanc sud et reproduisant presque sans aucun changement un projet d^arc de triomphe gravé dans le Premier tome de l'architecture (p. 245). En réalité, nous avons donc là une composition de Philibert de rOrme et c'est sans surprise que Ton admire avec quel art sont combinées toutes les parties, avec quelle perfection sont traités les moindres détails.
A Touest et au sud de Paris, la Renaissance n'a exercé qu'une action presque insignifiante et c'est à peine si nous pouvons à Étampes (église Saint-Basile), à Brie-Comte-Robert, à Orly, à Montfort-l'Amaury, signaler quelques travées ou quelques parties de façades remontant au règne de François l^^. Mais, au nord, il en est autrement et, sans parler de Saint-Maclou de Pontoise, où Pierre Lemercier fit ses débuts, dans un rayon peu étendu, à Pombre pour ainsi dire du château d'Écouen, se rencontrent les églises de Luzarches, l'Isle- Adam, Maffliers, Belloy, Villiers-le-Bel, le M esnil- Aubry, Sarcelles, Groslay et Goussainville. BuUant, comme on le suppose bien, a été le grand instigateur