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du mouvement, et sa main se reconnaît directement dans la belle façade de Belloy.
Le séjour ce Philibert de TOrme à Villers-Cottcrcis, au début du règne de Charles IX, est sans doute cause que Ton attribue à ce maître le chœur de l'église Notre- Dame, à la Fené-Milon (Aisne). Du reste, la construction est digne d'une telle origine et la pureté des lignes ne saurait être poussée plus loin. A notre avis, la façade de Péglise d'Othis (Seine-et-Marne), qui est à peu près du même temr?, mérite aussi de grands éloges. L'architecte, secondé par un habile ornemaniste, est parvenu, chose rare, à faire une œuvre dont l'extrême richesse n'entraîne aucune lourdeur.
Il semblerait que, sous Pinfluence des deux cardinaux d'Amboîse, la Renaissance, dans la vallée de la basse Seine, eût dû prendre de bonne heure possession de Tarchitecrure religieuse. Cependant le contraire est facile à constater. Sauf la tour Saint-Éloi et quelques parties à Saint-Martin-sur-Renelle, la ville de Rouen n'a rien à nous montrer. Au dehors, dans la direction du Havre, à peu près même pénurie, car tout se borne, si l'on excepte les remaniements insignifiants de Caudebec, à une tentative de reconstruction à Jumiëges (église paroissiale). Le mouvement est plus étendu sur la côte, grâce sux relations par mer avec la ville de Caen. A Valmont, Notre-Dame- de-la-Toussaint, le Bourg-Dun, 05ranville, Longueville, Auffay, le nouveau style triomphe sans partage. Mais c'est surtout à Saint-Jacque< de Dieppe qu'il faut aller admirer trois chapelles élevées aux frais du célèbre armateur Jean Ango, dans la manière d'Hector Sohier. Ainsi, par
une tranformation hardie, les nervures gothiques de la voûte, soigneusement conserve'es, au lieu de recevoir directement sur leurs reins des remplissages bombés, portent, au moyen de tympans ajourés, des dalles horizontales qui constituent dans leur ensemble un véritable plafond de pierre.
A Caen, sur le flanc nord de l'église Saint-Etiennele-Vieux, existe un porche datant des premières années du xvi® siècle, où se fait remarquer, croyons-nous, la plus ancienne application du système dont il vient d'être question. En tout cas, les belles chapelles de Saint-Pierre, dans la même ville, commencées en i5i8, terminées en i545, sont certainement postérieures, et les choses ont suivi leur cours ordinaire, c'est-à-dire que la perfection du genre se trouve assez loin du point de départ. Hector Sohier, à qui on ne saurait disputer ce chef-d'œuvre, a montré jusque dans Tarrangement des moindres parties une richesse d'imagination qui enlève tous les suffrages, et Ton comprend la nouvelle dérogation aux coutumes du moyen âge, consistant, dans le but de mieux éclairer les délicates sculptures répandues un peu partout, à priver certaines fenêtres de leurs meneaux. L'extérieur n'est pas moins élégant que l'intérieur et les pinacles à base évasée et à renflements multipliés, plantés sur les contreforts, peuvent à bon droit passer pour l'une des meilleures créations de la Renaissance.
La diflSculté de trouver des dalles assez grandes pour remplacer les anciens triangles de remplissage suggéra bientôt une autre combinaison dont le plus parfait modèle se voit dans le chœur de l'église de Til-
lîéres (Eure), rebàii, de i534 à 1546, aux frais du cardinal Jean Le Veneur. Plus de croisées d'ogives à pro-
~- Saint 'Pierre de Caeii.
prCDient parler, mais des nervures dédoublées ii leur naissance' et arrivant ainsi à formel' huit panneaux triangulaires autour d'un losange central- Ce dernier
naturellement, à chacun de ses angles, a une clef pendante, ce qui ajoute à la richesse de Pensemble, car le plafond continue à être entièrement couvert de sculptures et Ton ne peut lui reprocher qu'un peu d'obscurité dans la partie avoisinant les murs, par suite de la substitution, au-dessus des arcs, de maçonneries pleines aux claires-voies primitives.
Toutes les églises n'avaient pas un protecteur aussi riche que le cardinal Le Veneur, et si le système pratiqué à Tillières facilitait l'emploi des plafonds, il entraînait de grandes dépenses, vu la nécessité de ne pas laisser sans ornements des surfaces relativement considérables. On renonça donc de bonne heure à combiner deux inventions qui entraînaient certaines complications et sur la nouvelle ossature, ainsi qu'on peut le voir à Verneuil, Laigle et. autres localités de la même région, vinrent reposer les voûtains d'autrefois. Mais, quel que soit le parti adopté, on retrouve invariablement des nervures à section rectangulaire dont l'intrados est richement décoré.
Pendant qu'Hector Sohier et les architectes désireux de marcher à sa suite dans une voie nouvelle créaient un mouvement singulier au centre de la Normandie, Robert Grappin, ses trois fils, Michel, Jacques et Jean P', son petit-fils Jean II, non seulement transformaient l'église de Gisors, à l'extrémité de la même province, mais encore au dehors, dans l'Ile-de-France, à Vétheuil, Magny, Sàint-Gervais, Montjavoult, élevaient toute une série de construaions reconnaissables à leur air de famille. Et quand nous parlons ainsi, nous ne faisons pas allusion à certaine manière de pratiquer
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le système des voùies plaies ; on ne trouve trace qu'en deux endroits, Véiheuil et Magny. de la célèbre innovation, et il semble bien évident que les Grappin ont
Choeur dt Tillièrci.
seulement voulu se montrer par \h au courant de tout ce qui se faisait autour d'eux. L'effort principal se porte sur rextérieur, où la tendance était d'imiter le plus possible les formes antiques. Partout ce ne sont que frontons tracés suivant un segment de cercle, colonnes
a$+ L'ARCHITECTUR'E DE L'A RENAISSANCE.
cannelées surmontées de chapiteaux empruntes aux trois ordres, fasces d'architraves séparées par un chapelet d'oves, triglyphes alternant avec des patéres à ombilic, denticules, grecques, postes et rinceaux. Ajoutons un amour désordonné des niches, introduites souvent à contresens (portail de Magny), et sur les piédestaux, au droit des colonnes, d'élégants médaillons qui représentent non plus des personnages de fantaisie en buste, mais des scènes tirées de l'Ancien ou du Nouveau Testament.
Nous n'avons pas la prétention de signaler toutes les églises marquées du sceau de la Renaissance; celles seulement qui font partie d'un groupe, ou dont la construction peut être considérée comme Tœuvre authentique de tel ou tel architecte, méritent quelque attention. Ainsi en est-il, d'un côté, de la lanterne de Téglise Saint- Pierre, à Coutances (Manche), élevée, de i545 à i58o, sur les plans de Richard Vatin, Guillaume Le Roussel et Nicolas Saurel; de Tautre, des bas côtés de l'église Saint-Germain, à Argentan (Orne), dus aux soins de Guillaume Crété et de Thomas Olivier, qui figurent avec le titre de maîtres de l'œuvre, de i58o à iSgS.
Pas plus à la Renaissance qu'au moyen âge, le Maine n'a eu d'architecture propre. Cette province a toujours été entraînée dans l'orbite soit de l'Anjou, soit de la Normandie. Comme nouvelle preuve à l'appui, il suffit de citer les belles chapelles absidales de l'église Notre-Dame-des-Marais, à la Ferté-Bernard (Sarthe). Rien ne ressemble davantage à Saint-Pierre de Caen, et Mathurin Dclaborde qui, de i535 à 1544, fut chargé de la direction des travaux, avait certainement reçu les
enseignements d'HeciorSohîer, L'originalité reparaît seulement dans les meneaur des fenêtres, formes de
Frg. 8j. — VoCittt de TilUirn.
motifs d'architecture, ainsi que dans les balustrades où, par une exception dont nous ne connaissons pas d'autre exemple, figure toute une série de petits per-
aj6
sonnages représentant les sept jours de la semaine, le roi de France au milieu de ses pairs et les tempéraments de la médecine.
La Bretagne est un pays de pèlerinages : partant, dans la construction des églises, on s^est occupé surtout de la nécessité de grouper autour du prédicateur en renom le plus de fidèles possible. De là certaines dispositions très caractéristiques, l'absence de déambulatoire, un chœur terminé carrément, peu ou point de chapelles latérales, les trois nefs, à peu près égales en hauteur et en largeur, séparées par des colonnes de diamètre restreint, des voûtes en bardeaux richement historiées à leur base sur les sablières et les entraits. Naturellement l'extérieur correspond à Tintérieur. Comme il n^y a pas de poussées obliques à neutraliser, que tout rédifice se trouve englobé sous un même toit, les savantes combinaisons du moyen âge sont remplacées par quelques niches et une série de gables audessus des fenêtres.
Ce qui précède ne peut donner qu^une bien faible idée de l'intérêt présenté par les églises bretonnes. Toutes sont précédées, du côté ouest, d^un svelte et élégant clocher, tandis que, sur le flanc sud, font souvent saillie un porche richement orné et une sacristie monumentale. A cela ajoutez, dans le cimetière qui est limitrophe, une chapelle funéraire, un ou plusieurs ossuaires, un calvaire, voire même une fontaine aux proportions colossales. Uesprit est véritablement ébloui quand pour la première fois il considère, comme à Saint-Thégonnec et à Sizun, à travers la triple porte en forme d^arc de triomphe qui sert d^entrée, un pareil
entassement d'œuvres archileclurales, sinon toujours parfaitement belles, du moins con<,-ues dans un sentiment indéfinissable de grandeur.
Tous les monuments auxquels nous avons faiiallu-
Fig. 8^. — Clocher norJ d
sion sont situés dans la région comprise entre Landerneau et Morlaix. Les plus anciens datent du règne de Henri II, les plus modernes de celui de Louis XIII; car, si cette partie de la Bretagne a adopié tardivement les principes, de la Renaissance, elle leur est deme.urée attachée plus longtemps qu'ailleurs.
as8 L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.
On pourrait croire au premier abord que, vu i'éloignement, les choses eussent dû se passer partout de la même façon; mais il n'en est pas ainsi, et, d'une part, dans les. Côtes-du-Nord, à Kerfons, à Bulat, à Guingamp, de l'autre, dans le Morbihan, à Ploërmel, à Sainte- Avoye, à Saint-Nicodème, on trouve des constructions reproduisant les gracieux motifs du temps de François I•^ Enfin, ce qui est plus digne encore d'être signalé, sur le flanc nord de la cathédrale de Vannes, une chapelle de forme circulaire, terminée en i5'5j, a toute sa décoration inférieure imitée du palais Farnèse. D'où il ne s'ensuit pas que nous soyons en présence ^
d'une œuvre due à un étranger; le fait s'explique parla fantaisie d'un chanoine, qui, retenu chaque année à Rome durant de longs mois, avait eu tout le temps d'étudier le style de San-Gallo ^
Le célèbre Jean de Lespine, qui personnifie en quelque sorte la Renaissance dans la province d'Anjou, ne pouvait manquer de mettre la main à de nombreux édifices religieux. Mais on est allé trop loin en lui attribuant la' belle chapelle de la Bourgonnière, entre Champtoceaux et Saint-Florent-le-Vieil. Il a surtout bâti des clochers (la Trinité d'Angers, Beaufort-en- Vallée, les Rosiers), oti dans la disposition des ouvertures et des colonnes de l'étage principal on sent le désir de ne pas trop s'éloigner des types du moyen âge^
En Touraine également il existe de très remarqua- |>le$ clochers. Deux d'entre eux se font pendant à la
u Vôiiv pôut ptus de détails^ la Renaissance en France, U III, p. 17-20.
' Crochcr >ud de la unhédr*Je dir ïoan
aôo L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.
façade de la cathédrale de Tours et, chose assez rare, se ressemblent beaucoup, bien que plus d'un quart de siècle les sépare Pun de Tautre. Le plus ancien, celui du nord, un peu sauvage d'aspect quand on le voit de près, a été terminé en iSoj; il est l'œuvre des deux frères, Bastien et Martin François, qui, ne reculant devant aucune hardiesse, établirent à l'intérieur un escalier en spirale sur la clef d'une voûte à jour. Le second clocher, au sud, commencé seulement en i537, ne reçut son dernier couronnement que dix ans plus tard. L'exécution ne laisse rien à désirer et il est regrettable que le nom de l'architecte demeure inconnu. Entre temps (iSiç-iSSo) s'élevait à Loches le clocher de Saint-Antoine, dont le couronnement comprend^ comme pour les précédents, un étage de plan octogone surmonté d'une coupole et d'un lanternon. Cette liste s'augmente, au dehors, du clocher de Bressuire (Deux- Sèvres), achevé en 1 5 38 par J ean Gendre et Jean Odonné, qui imitèrent jusqu'à l'escalier intérieur sur voûte ajourée.
Les églises et les chapelles bâties en Tourainc durant la première moitié du xvi* siècle présentent toutes une disposition caractéristique. Au centre de la façade se creuse une immense arcade qui enserre sous ses multiples archivoltes non seulement les deux baies d'entrée, mais encore les fenêtres au-dessus. C'est là, si nous ne nous trompons, un développement des portails à tympan ajouré de la cathédrale de Tours, Néanmoins la première application du système a été faite à la chapelle du château de Thouars (Deux-Sèvres), par Jean Chahureau et André Amy, de i5o3 à i5i5. L'église de Saint-
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Marc-la- Lande, qui semble venir après, est également dans le même département. Mais la Toural ne l'emporte
tig, 9C. — Portail de l'égliic Saint-Sjmphoricn, ITonn.
avec la chapelle des Roches-Tranchelion (1S27), celle du château d'Ussé (i522-i538), la collégiale de Mon-
trésor"(i 520-1 532) et Téglise Saint-Symphorien,àTours (i53i). Citons pourtant encore, dans le haut Poitou, la collégialed'Oiron (Deux-Sèvres) et Péglise Saint- Pierre, à Loudun (Vienne). Cette dernière possède, du côté sud, le chef-d'œuvre du genre.
A propos dePéglise de Lonzac(Charente- Inférieure), élevée aux frais de Galiot de Genouillac, grand maître de Tartillerie sous François I®"", on a évoqué le nom de Bachelier. Mais ce que nous connaissons du maître toulousain ne permet pas de souscrire à pareille opinion. Tout dans Tédifice rappelle Tarchitecture des bords de Loire, et, certes, il fallait être du pays où le droit de litre subsistait, pour imaginer la riche et haute frise qui, à deux mètres au- dessus du sol, épouse toutesles saillies extérieures. Galiot de Genouillac fit également construire une église près de son château d'Assier (Lot), et pour cela sans doute eut recours au ménie architecte, car les dispositions sont absolument semblables.
L'Angoumois et le Limousin n'ont rien produit qui vaille la peine d'être cité. Mais, en Berry, l'attention se porte sur la chapelle dite d'Anjou, à Mézières-en- Brenne; en Auvergne, sur la sainte-chapelle de Vic-le- Comte; en Périgord, sur la chapelle du château de Biron. Tous ces monuments appartiennent à la première Renaissance.
En Gascogne et autres provinces le long des Pyrénées, la pauvreté est exceptionnelle. Tout se réduit à quelques détails : le contrefort dit de Grammont à la cathédrale de Bordeaux, une chapelle à l'église Saint- Michel de la même ville, le portail sud de la cathédrale
d'Auch, quelques colonnes à LéEat (Ariège), et un portail à Bagnéres-de-Bigorrc.
L'école de Toulouse n'était pas encore ne'e au moment oit, dans la grande capitale du Midi, furent élevés
le portail de la Dalbade et l'avant-portait de Saînt-Sernin. Aussi ces œuvres, qui séduisent par la délicatesse de leur ornementation, n'ont-elles aucun caractère local.
En i562, Jean Salvanh, à la demande du cardinal
d^Armagnac, bâtit le pignon occidental de la cathédrale de Rodez. Il conçut, vers la même époque, le projet de terminer la tour sud-ouest, et par avance, dans une inscription orgueilleuse, abaissa devant son œuvre les pyramides d'Egypte. Mais le temps ne lui permit d^ajouter que quelques assises à ce qui existait déjà.
Sur les deux rives du Rhône, en Provence, en Languedoc, dans le Comtat et le Dauphiné, absence complète de monuments. Il faut remonter jusqu^à Lyon pour trouver prétexte à nou» arrêter. Encore tout se borne-t-il au portail de Saint-Nizier que la tradition, non sans quelque raison, attribue à Philibert de l'Orme. Mais si le célèbre architecte a commencé les travaux, il ne les a pas terminés, et Ton ne saurait mettre à son compte le disgracieux enfoncement en demi-cercle que nous voyons aujourd'hui. Le projet primitif comportait une rotonde entière avec coupole et lanternon.
La Bourgogne, qui avait traversé des années si brillantes, au XV* siècle, ne pouvait demeurer indifférente à la nouvelle évolution. De bonne heure elle eut sa part dans tout ce qui se fit de remarquable et Tun de ses artistes, Hugues Sambin, est même arrivé à une renommée peu commune. Seulement, comme pour Bachelier à Toulouse, les choses ont été singulièrement exagérées. Sambin, né aux environs de i520, n'a pu à une date inconnue, mais évidemment trop récente puisque les deux portails latéraux étaient terminés en i537, fournir les plans de la grande et belle façade de Téglise Saint-Michel, à Dijon. Tout au plus, vers i564, dut-il intervenir dans la construction du portail central qui, depuis Tannée i55i,- était resté inachevé. Le tympan et
Pimmense voussure en entonnoir, destinée à remplacer la série d'arcs concentriques si chers au moyen âge, seraient son œuvre, et tout à la fois nous possédons un admirable spécimen du talent du maître comme architecte et comme sculpteur. Plus tard, en iSjo,
Fig. SS. — Ponail de l'^gllie Saint-Michel, à Dijon.
Sambin aurait été également appelé à continuer la tour sud, dont les deux premiers étages datent de 1541. Mais il ne put pousser bien loin les travaux qui, pour cette partie de la façade, ne furent sérieusement repris et conduits à bonne fin qu'en i655. Nous ne parlons pas de la tour nord, achevée encore plus tard, en 1661,
après avoir vu sa construction arrêtée à la hauteur du second étage, en iSSj.
Saint-Michel de Dijon a une telle importance qu'il fait presque oublier ce qui Tentoure. Et pourtant une mention est bien due tout au moins au beau portail de Saint-Jean-de-Losne, à la riche chapelle greffée sur le flanc sud de Téglise Notre-Dame, à Beaune(ï529i532), à la chapelle non moins riche jadis, mais aujourd'hui mutilée, qui se dresse isolément au milieu des ruines du château de Pagny. Ces divers édifices sont situés au centre de la province (Côte-d'Or); au sud (Ain et Saône-et-Loire), la Renaissance n'a pour ainsi dire pas laissé de trace, et quant au nord (Yonne), qui du reste dépendait en partie de la Champagne, s'il se mêle activement au mouvement, c'est surtout sous l'influence de ce dernier pays.
Pour épuiser le Nivernais, il suffit de citer le portail de la Maison-Dieu, le chœur de Brassy (1546- 1549) et le clocher de Sully-la-Tour (i545). La Franche-Comté est encore moins riche, puisque l'on ne trouve rien en dehors du chœur de Montbenoît (Doubs), élevé, de i520 à i526, aux frais et par les soins de Ferry Carondelet, abbé commendataîre du lieu. De même, en Lorraine, tout se borne à la construction de deux chapelles, aux angles rentrants formés par la nef et le transept de la cathédrale de Toul. La plus ancienne, au nord, commencée sous l'épiscopat de Pierre d'Ailly, vers 1 53o, rie fut guère terminée que dix ans plus tard. De forme carrée, elle est recouverte par un plafond orné de caissons et de rosaces. La plus moderne, au sud, date du .milieu du xvi* siècle. On y travaillait encore eh 1549,
aii moment de la mort du fondateur, le chanoine Forget. Également sur plan carré, elle est voûtée en coupole avec lanternon.
Fîg. a^. — Egliie SiiDl-ADdr<-1«z-Trt>jtt (Fichoi).
Il ne reste plus à parler que de la Champagne, l.e sud de cette province (Aube) et les parties voisines de "la Bourgogne (Yonne), pour rintensité du mouvement lion des édifices religieux et la franchise
a-se L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.
dans le sens des idées nouvelles, figurent au premier rang. Rien qu'à Troyes il existe encore six églises qui en tout ou en panie sont Toeuvre de la Renaissance. L'une d'elles, Saint-Nicolas, commencée en i5i8, sous la direction de Gérard Faulchot, fut continuée, à partir de i535, par le fils de ce dernier, nommé Jehan. Une autre, Saint-Pantaléon, a eu quelque temps aussi pour architectes les deux Faulchot; mais on ne sait à qui sont dus Saint-Nizier, reconstruit en i535, la Madeleine, dont la tour fut élevée de i53i à iSSp, Saint- Remy, qui montre un portail daté de i555, Saint- Martin-ès- Vignes, où se retrouvent les transformations opérées de iSgo à 1600.
Aux environs de Troyes les monuments sont non moins nombreux. Maîtres et ouvriers, lorsque les travaux de la ville leur laissaient quelque répit, se répandaient dans la campagne, où, par le prestige de leurs travaux déjà connus, ils décidaient sans peine les fabriques, les paroissiens, le clergé et les moines à faire quelque chose pour la décoration des églises. Avec quelle largesse les ressources matérielles furent mises à leur disposition, avec quels succès ils répondirent aux espérances qu'ils avaient fait concevoir, il est encore facile d'en juger. Si nous ne possédons plus la belle église abbatiale de Montier-la-Celle dont Gérard Faulchot commença la construction en 1 5 17, nous pouvons toujours admirer les deux portes jumelles de Saini- André-lez-Trôyes(i549), dues aux talents réunis de François Gentil et de Dominique del fiarbiere dit le Florentin; les trois portes occidentales de Pont-Sainte- Marie (i553); le portail si original d'Auxon (i535-
Fig. 90. — EgliK d'Auion (Fichol)»
1540); des parties plus ou moins étendues à Saint-
a/d L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.
Phal (i53o), Ervy (1537-1540), Villemaur (1540-1547), Creney (155/), Laubressel (i56o), etc.
Il n'est peut-être pas de région en France, où, sur un petit espace, les types soient aussi variés que dans la région troyenne. L'affranchissement souvent radical des traditions gothiques n'entraîne pas une inféodation complète à l'antiquité; les architectes demeurent euxmêmes et savent vraiment trouver. Plusieurs églises, telles que Saint-Nicolas de Troyes, semblent défier toute classification. Les réseaux des fenêtres sont généralement composés d'éléments empruntés aux différents ordres gréco-romains, et les portes, divisées en deux baies, ne se montrent qu'enserrées sous une épaisse archivolte.
Dans le département de l'Yonne, les édifices religieux, moins originaux, moins dégagés que les précédents des procédés traditionnels, présentent en revanche un luxe d'ornementation plus soutenu. A citer en première ligne la belle chapelle du château de Fleurigny (i532), la façade de l'église Notre-Dame, à Tonnerre (i533), le cliœur de Neuvy-Sautour (1540), la façade de Villeneuve-sur- Yonne (1575), œuvre de Jean Chériau, la voûte de l'église Saint-Jean, à Joigûy (1596), qui porte la signature dii même architecte. Puis viennent le chœur et les chapelles de Brienon-l'Archevêque (i535)^ l'église de Molesmes (i539), le chœur et la tour de Crflivant (i55o), l'église de Seignelay (i56o), l'église Saint-Pierré de Tonnerre (i562 et 1590). A Saint-Florentin, des parties Notables du chœur et les façades des croisillons, élevées sous Louis XIII (1611-1622J, se Fcsé^mem . encore -pleinement delà Renaissance. Il en