LIVRE PREMIER. js
de Polyphile^^ livre qui, en Italie comme en France, par ses gravures aussi bien que par la manière dont le sujet est traité, eut une grande influence sur le mouvement des arts. C^est là également que, durant son épiscopat, rhumaniste Ermolao (HermolaQs) Barbaro fit peindre dans son palais des scènes où les personnages se détachent sur des monuments antiques.
Venise, cité marchande, subit la Renaissance plus qu'elle ne l'accepte. Chez elle, les traditions byzantines d'une part, de l'autre celles de l'ère gothique sont tellement enracinées que Tart nouveau trouve des difficultés à se frayer un chemin. On aime le luxe, mais en parvenu plutôt qu'en grand seigneur; la règle et le goût manquent à la fois et Ton ne s'occupe guère du style. Cependant, avec la famille des. Lombardi, qui ne compte pas moins de trois architectes éminents, les choses à la longue changèrent un peu. Venise posséda un genre original qui, du nom de ses auteurs, prit le nom à^architettura lombardesca. Citons également, parmi les novateurs, Alessandro Leopardi et surtout Antonio Bregno, surnommé Riccio ou Rizzo (f 1498), qui reconstruisit ou restaura une grande partie du palais des Doges.
Gênes, la rivale de Venise, secoue à peine le moyen âge. Il en est de même du Piémont, partout où régnent les maisons de Savoie et de Montferrat.
A Milan, le dernier des Visconti, Philippe-Marie,
I. Hypnerotomachia Folyphili. L'édition originale, publiée à Venise en 1499, est un des premiers ouvrages sortis des presses d^Alde Manuce. Une traduction française, due à J. Martin, parut à Paris, chez Kerver, en 1546.
j6 L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.
ne songe guère qu'à se mettre en sûreté derrière les murailles du château, véritable Coucy italien, dont la République ambroisienne ne laissa pas pierre sur pierre, mais qui fut, peu après, reconstruit et agrandi par François Sforza (1450- 1466). Nous avons vu que Filarète fit partie de la commission consultée à ce sujet. Son séjour fut surtout utilisé au Grand-Hôpital, qui lui doit une partie de ses embellissements. Ver? le même temps, un autre Florentin, Michelozzo, déploya un grand talent dans la construction de la chapelle des Portinari, à Saint-Eustorge. Quant à Bramante^ de 1472 à 1499, il ne quitta guère Milan, où, grâce à la protection de Ludovic le More, des travaux importants lui furent confiés.
On ne peut parler de Milan sans rappeler que dans le voisinage est la célèbre chartreuse de Pavie dont la façade, en partie élevée par Omodeo, présente comme un magnifique résumé de la Renaissance du xv® siècle, bien que les travaux se soient poursuivis jusqu'en 1 546.
Assez facilement on pardonnerait à Naples, si éloignée du foyer de la Renaissance et dominée par des princes étrangers, de s'être tenue en dehors du mouvement. Cependant le goût nouveau y pénétra d'assez bonne heure avec Giovanni di Miniato (i428'i433), sculpteur florentin. N'oublions pas non plus que Michelozzo et Donatello exécutèrent à Pise, en 1427, un tombeau destiné à l'église Sant'Angelo a Nilo. Quant à l'arc triomphal, si pittoresquement encadré entre les deux tours du Castel Nuovo (1443-1471), il est l'œuvre d'un nommé Pietro, architecte et sculpteur milanais, qu'Alphonse d'Aragon éleva à la dignité de