LIVRE PREMIER
larîté autant que par sa beauté, eut une importance conside'rable sur la direction de Tarchitecture à cette époque.
A Ferrare, de iSqS à i5o5, la maison d'Esté demeure fidèle au mouvement artistique dont quatre ge'nérations activent Tessor. C'est ainsi que Nicolas ni (7 1441), prince vicieux et parfois cruel, en 1402 fonde une université, recueille dans ses voyages des monuments antiques et fait construire trois palais. Son fils Lionel (f i45o), charmant esprit et heureux caractère, réunit une collection de pierres gravées ; c'est lui qui demanda à Albertî son Traité d' architecture , bien que la peinture ait à peu près seule illustré son règne. Borso (f 147 1), frère de Lionel, moins érudit, mais plus énergique, déploya un faste royal au milieu d'une des cours les plus élégantes et les plus policées de TEurope. Plusieurs palais et maisons de plaisance ont été construits ou décorés par son ordre, notamment à Ferrare, le palais de la Schifanoja. Hercule P' (f i5o5) marcha sur les traces de Borso, mais, moins heureux, perdit une partie de ses Etats. Il ne faut pas : oublier que cette famille d'Esté, à la fin du xv« siècle
pi et durant tout le xvi®, demeura fidèlement attachée
, j à la France. Alphonse, fils d'Hercule, et le cardinal
Hîppolyte d'Esté soutinrent Louis XII contre Jules II et Tune des filles du roi, Renée, épousa Hercule II, dont la mort lui permit de rentrer en France, où ^ elle se créa au château de Montargîs une cour à l'ita-
. ; lienne.
Le premier marquis de Mantoue, Jean- François de Gonzague (1407-1/1.^^), cultive les lettres, protège Pisa-
ARCH. DE LA RENAI8SAKGC. J
nello et emploie, dit-on, Brunellesco; mais c'est le règne de son fils Louis (1444-1478) qui marque les splendeurs de la Renaissance dans la patrie de Virgile. Ce prince appelle le peintre Mantegna, dont il supporte, plutôt que de s'en séparer, toutes les bizarreries de caractère ; il arrête plusieurs fois au passage Alberti et en obtient des dessins. N'oublions pas de signaler également les femmes de la famille. Paule Malatesta, épouse de Jean-François, aimait les lettres et les arts; Barbe de Brandebourg (7 148 1), qui partagea l'existence de Louis, prodiguait à son mari les encouragements et souvent prit Tiniiiative de ses projets. Cet exemple devait être suivi plus tard par Isabelle d'Esté, qui fut la protectrice des plus grands artistes du XVI* siècle.
A Padoue, le souvenir de Tite-Live, auteur fort lu par les quattrocentistes, semble animer J.ean Bellini et Mantegna, qui représentent volontiers des monuments antiques dans leurs tableaux. Dans celte ville, comme à Vérone, l'influence de Pétrarque se fait sentir et la Renaissance, grâce surtout à de nombreux collectionneurs, commence de bonne heure, Vérone est la patrie de Pisanello, le premier médailleur du xv® siècle et celui dont les idées sont le plus tournées vers l'antiquité; elle a vu naître aussi Frà Giocondo, autre admirateur des Grecs et des Romains.
A Vicence, le palais épiscopal est une ravissante construction de la fin du xv» siècle, bien plus avancée comme style que les églises bâties à la même époque. Quant à Trévise, elle est surtout célèbre par le long séjour de Frà Francesco Colonna, raatcufdu 5o«^e