‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 27 sur 133 · LIVRE PBEMIEK · texte numérisé non relu

LIVRE PBEMIEK

Le paUis, complciement isole, présente quatre faça-des il trois étages chacune, dont les fenêtres dites « à labcrnacle •> sont accosie'es de colonnes supportant un fronton. Sous le rapport de l'appareil, pour lequel on n'a employé que le travertin, aucune comparaison n'est à craindre avec les monuments les plus soignés de l'antiquité. La corniche mérite également un grand éloge; son exécution est parfaite de tout point.

Mais celte partie de l'éditîce ne saurait figurer dans l'œuvre de San- , Gallo, qui, à la suite d'un concours provoqué par le pape (1544},

toujours désireux de mieux faire, s'était vu remplacé par Michel-Ange.

Le grand artiste, du reste, devait être appelé bientôt (1546) à recueillir tout l'héritage du maître. Son premier triomphe le désignait au choix de Paul 111 pour la continuation des travaux de Saint-Pierre, qui gagneraient beaucoup à tomber entre les mains d'un génie entreprenant, ne se laissant jamais détourner de son but et capable d'agir avec promptitude et résolution.

A ces qualités que l'âge n'avait pas affaiblies, — il comptait alors soixante-douze ans, — Michel-Ange, par

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malheur, joignait quelques défauts. Chez lui, l'originalité frise souvent le mauvais goût. On sent un esprit qui, pour se donner la satisfaction d'innover, est prêt aux conceptions les plus étranges. Pas de règles fixes, aucune préoccupation des nécessités du métier proprement dit, mais une grande puissance de création, un haut sentiment du rôle que l'art doit jouer en toutes choses. Au sujet d'un sculpteur réputé habile, dont le temps se passait à copier des statues antiques, on l'entendit dire un jour : Chi va dietro ad altri, mai non gli passa innan\i ; ti oomv compléter sa pensée, il ajouta: Chi non sa far bene da se, non puà servir si bene délie cose d'altri^. Ces deux phrases, sous forme d'adages, font admirablement connaître le fond de la pensée du maître, quelles étaient ses tendances et ses aspirations.

A Saint-Pierre, préoccupé surtout de produire certains effets, Michel-Ange négligea quelque peu la distribution intérieure. Il lui suffisait, quant à l'ensemble, de maintenir la donnée primitive : car, suivant son opinion fréquemment exprimée, « on ne pouvait s'écarter du projet de Bramante sans s'éloigner de la vérité ». Mais si l'intérieur conserve ses quatre absides, extérieurement il n'en apparaît que trois, celle du côté de la façade étant noyée dans un massif rectangulaire, destiné lui-même à disparaître derrière une colonnade. Sauf ce dernier arrangement, sauf également quelques modifications apportées à la coupole, le nouveau plan fut entièrement

I. « Qui s'habitue à suivre les autres ne les dépasse jamais. — Qui ne sait bien faire par soi-même ne saurait protîter de Touvrage d^autrui. »

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