‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 28 sur 133 · LIVRE PREMIER. Ci · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. Ci

exécuté; aussi, quand on parle de la basilique, est-il toujours question de Michel-Ange. La besogne, du reste, avait été menée si vite, qu'après lui tout remaniement devînt impossible. Les murs, les piliers, les voûtes,

le tambour môme étaient à peu près terminés au moment de sa mort, arrivée en 1 564. Seule, la façade n'étalait encore que des arrachements, ce qui plus tard, au grand détriment de la physionomie générale, conduisit à ajouter une nef complète avec ses bas côtés. Quant à la coupole, elle subit un changement assez notable par la surélévation delà calotte extérieure, dont la courbe, au lieu de demeurer plein cintre, tendit vers Tare brisé, ce qui tout à la fois était plus harmonieux et plus logique, eu égard à la lanterne dressée au sommet. Car, les praticiens ne l'ignorent pas, les conditions d'une coupole hémisphérique et celles d'une coupole ovoidesont bien différentes; l'adjonction d'une lanterne, qui entraîne la déformation de la première, contribue au contraire à la solidité de la seconde, dont l'effet de relèvement, produit sur la clef par les assises voisines, se trouve neutralisé. Si Michel-Ange ne termina pas la coupole, il eut au moins un successeur digne de lui dans Giacomo délia Porta, à qui revient l'honneur de la modification indiquée.

Sans parler de la célèbre corniche du palais Farnèse, que quelques-uns attribuent à Vignola, Rome doit encore à Michel-Ange deux constructions assez belles de lignes, mais aux détails mal conçus : la Porta Pia et le Capitole. Quant au tombeau de Jules II qui ne reçut, quant à l'architecture, pas même un commencement d'exécution, il apparaît surtout, dans les dessins

parvenus jusqu'à nous, comme Tceuvre d'un sculpteur désireux de placer des statues.

Hors de Rome, on ne retrouve Michel-Ange qu'à Florence, où se firent ses premiers essais en architecture. Il s'agissait d'élever une rotonde destinée à contenir les tombeaux des Médicis (i5i4). C'est l'édifice connu sous le nom de nouvelle sacristie de Saint-Laurent, et nous ne saurions trop blâmer l'accumulation de détails capricieux et même disparates qui alourdissent l'ensemble. Le vestibule de la Bibliothèque Laurentienne (1524) est aussi du même maître, dont les restes, enlevés secrètement de Rome, où il était mort, par ordre du grand-duc Cosme I", reposent à Sainte-Croix.

On peut dire que la succession de Michel-Ange, à Saint-Pierre, fut recueillie par Vignola, car il ne saurait être question de compter parmi les architectes de la grande basilique un personnage incapable et à peu près inconnu qu'une cabale avait imposé à Pie IV. Mais le célèbre législateur de l'art de bâtir, sur lequel nous aurons bientôt à revenir, eut à peine le temps (f ï5j3) d'achever les voûtes et de construire les deux petites coupoles placées latéralement et en avant de la grande pour la faire valoir. Ce sont là ses moindres travaux.

Giacomo délia Porta(i53o-i595), élève du précédent, eut la gloire, comme nous l'avons déjà dit, d'achever la coupole de Saint- Pierre, après avoir corrigé, par permission spéciale de Sixte-Quint, la coupe de l'enveloppe extérieure. Il arriva ainsi à un résultat qui, depuis plus de quatre siècles, ne cesse d'enlever les suffrages de tous les hommes de goût. A ce sujet, voici sur l'œuvre entière le jugement porté par l'un des archi-

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