‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 29 sur 133 · LIVRE PHtMlEU · texte numérisé non relu

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tecies les plus disimgués de noire époque, M. Chark? Garnier :

Fig. If. — Coupole de Saiiil' Pierre.

a L^ordonnance qui sert de base au dôme est bien comprise, les colonnes sont bien planiées, les jours bien percés et les saillies bien agencées ; mais c'est

surtout le dôme lui-même qui forme la dominante de l'ensemble; c'est la courbe donnée à la coupole qui charme, séduit et fait de ce couronnement, unique au monde, une œuvre à peu près sans rivale, une création d'une majestueuse harmonie; c'est cette courbe, qui a été bien souvent étudiée, que Ton a appelée chaînette, parabole, ellipse, qui tient de tout cela, pour n'être en somme qu'une courbe de sentiment, qu'un éclair enfanté par le génie. »

L'achèvement de la fameuse coupole est le principal, mais non le seul titre de Giacomo délia Porta à la renommée. Rome doit encore à cet architecte différentes constructions remarquables, telles que Sainte-Marie-des- Monts, le portail de Saint-Louis-des-Français, celui de Saint-Pierre-ès-Liens, etc., où se montrent les premiers types de ce qu'on a longtemps appelé le style jésuite.

Nous en avons fini avec le Saint-Pierre de la Renaissance. Bien que dans ses lignes générales elle soit comme la continuation du chœur et des croisillons, l'ample nef ajoutée par Carlo Maderno (1556-1629) appartient déjà à la période moderne proprement dite. A plus forte raison en est-il de même de la façade qui accuse un caractère absolument indépendant et, sous prétexte de majesté, n'arrive qu'à la lourdeur.

Pour ne pas interrompre un récit qui avait quelque intérêt à être présenté d'une manière suivie, certains architectes véritablement distingués ont dû être ou négligés ou simplement nommés en passant. Mais le moment est venu de faire à chacun d'eux une juste réparation, et naturellement notre attention se portera tout

livue premier. a

d'abord sur les plus anciens en date, sur ceux qui^ par exemple, comme le Cronaca, Giuliano da San-Gallo, Antonio père de ce dernier, et Baccio Pinielli, ont vécu plus encore dans le jcv" siècle que dans le xvr. . Simone Pollajuolo (1457-1508) a gagné le surnom

Fij. ij. — Palaii Siroiii, i Florenct.

de Cronaca, c'esi-à-dire « la Chronique f, ~ en France on l'eût appelé « le père la Chronique », — aux récits incessants et interminables qu'il faisait de ses voyages. S'il avait un grain de vanité, on ne saurait l'en blâmer, car l'œuvre capitale à laquelle il a attaché son nom, le palais Strozzî, témoigne d'un talent de premier ordre. La première pierre en fut posée (1489) par Benedetto da Majano, mais c'est bien le Cronaca qui, pour la majeure partie, a dirigé les travaux, et le meilleur de cet

édifice, le plus beau de Florence, lui appartient. Deux étages à fenêtres géminées et à bossages régnent audessus d'un rez-de-chaussée pareillement à bossages, avec grande porte plein cintre et fenêtres carrées. La force des bossages décroît à mesuré que les murs s'élèvent; les trois assises supérieures sont tout à fait lisses et font valoir la partie maîtresse, le couronnement, qui, parfaitement approprié à l'ensemble, n'a cessé depuis quatre siècles d'être l'objet d'un véritable enthousiasme de la part de tous les fins connaisseurs.

Le Cronaca ne semble pas avoir exercé son art en dehors de Florence, et s'il vint à Rome, ce fut uniquement comme tant d'autres artistes pour se préparer, par l'observation des monuments antiques, à une plus brillante carrière. On cite de lui, dans la ville même, la )) sacristie de San Spirito, la salle du Conseil, au palais J de la Seigneurie, remarquable par sa charpente que respectèrent heureusement les remaniements de Vasari, et hors de la ville, sur la colline de San Miniato, l'église de San Francesco del Monte qui, dépouillée aujourd'hui de ses ornements, n'en conserve pas moins son caractère de pureté et de grandeur.

Giuliano da San-Gallo, qui, nous l'avons vu, s'était un instant trouvé associé à Frà Giocondo pour les premiers travaux de consolidation des maîtresses piles de Saint-Pierre, a laissé de son talent à Prato, la Madonna délie Carceri (1485- 1491), église remarquable par Texcellente conception du plan et la parfaite harmonie des lignes. On cite encore du même architecte, à Florence, le palais Gondi, et, à Rome, la coupole de Notre-Dame-de-Lorette, où, pour la première fois

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