LIVRE PREMIER
dehors de ce carré parfait, la décoration consiste seulement en un ordre dorique élevé sursiylobate et embrassant, outre le rez-de-chaussée qui a une grande importance, un demi-étage ou mezzanino. Dans le but d'alléger un peu la construction, à la partie supérieure, des refends ont été substitués aux bossages ; mais l'effet obtenu est insuffisant et Tensemble n'en demeure pas moins lourd et monotone. Avec beaucoup de connaisseurs, nous préférons à ce palais la cathédrale de Mantoue, vaste édifice à cinq nefs qui, après la mort du maître, fut continué, sur ses plans, par Giambaltista Bertani (f \5y6).
Jules Romain, que le duc Frédéric de Gonzague et son frère le cardinal Hercule, à force de prières, retinrent à Mantoue durant plus de quinze ans (i 324-1 540), construisit encore, dans la ville et aux environs, plusieurs palais et maisons dont il est inutile de parler en détail. Il prépara également, vers le même temps, pour Téglise San Petronio, à Bologne, un projet de façade malheureusement demeuré dans les cartons, bien qu'il eût reçu les plus grands éloges.
Un autre architecte, le Véronais San-Micheli (1484- 1549), ^^î s^ partagea entre sa patrie et la république de Venise, est surtout connu par des travaux d'art militaire. Les Italiens lui font honneur de l'invention des bastions à cinq lignes ou pentagones, dont le premier germe se trouve, en France, dans les tours à bec, usitées de la fin du xii*' siècle au milieu du xv"^. Au Lido, près Venise, on peut toujours voir le fort Saint- André (1544), qui passe pour l'un de ses meilleurs ouvrages; puis, dans un genre un peu différent, à
Vérone, une série de portes où l'homme de goût se manifeste tout autant que l'habile ingénieur. Nous donnons la plus célèbre, la Porta Stuppa ou del Palio, que relèvent à la fois des bossages et une belle ordonnance é dorique.
* Les monuments
" civils dus au talent de g; San-Micheli se distin- " guent généralement § par un soubassement I à bossages percé d'ar- Q cades. Quand des coû lonnes entrent dans la décoration, ce qui est fréquent, elles appartiennent uniquement à Tordre dorique. Citons, comme exemples : à Vérone, le palais Bevilacqua, le palais Pompei et le palais Maffei. A Venise, pour le palais Grimani, te maître qui avait à lutter, comme Peruzzi i Rome, contre les difB-