‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 44 sur 133 · S ^^^' "" GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

S ^^^' "" GÉNÉRALITÉS

La physionomie toute spéciale que présente la Renaissance en Italie fait en quelque sorte un devoir, dans

/ le groupement àtz monuments, de tenir compte de

l'origine bien plus que de la forme et de la destination.

.' Dès le premier instant nous l'avons fait entendre, et

! Ton ne saurait trop le répéter, il n'y a pas eu, au delà

I des Alpes, plus d'architecture nationale que de gou*

vernement national. Tout s'est développé suivant des influences locales ou même isolément sous une impulsion particulière. Nulle part les traditions, qui le plus souvent étaient tout à la surface quand il n'y avait pas

: entre elles contradiction, n'exerçaient un grand empire;

^ on avait un souci médiocre des règles de la logique ;

\ les besoins et les programmes étaient volontiers sa-?

crifiés en présence, d'une part, de princes ou. autres

personnages opulents disposés à subir, sMl le fallait, une Installation défectueuse, de l'autre, d'un clergé tout prêt à déroger aux prescriptions et usages liturgiques, chaque fois qu'un effet plus monumental avait quelque chance jd^être obtenu. De là pour les artistes pleine liberté d^action; rien ne les empêchait de se livrer au caprice de leur imagination, d^interpréter Tantique suivant leur fantaisie. La puissance créatrice tenait lieu de tout, et c'est ce qui a valu à de mauvais praticiens tels que Bramante, Raphaël et Michel-Ange, non seulement d'être chargés de travaux importants, mais encore de passer pour de grands architectes aux yeux de la postérité.

Nous devons l'avouer pourtant, certains caractères généraux se prêtent à une exposition sommaire des évolutions de l'art, à un groupement, à une classification des différents édifices. Pour atteindre ce but, il suffit d'écarter les règles absolues et d'admettre à propos de nombreuses exceptions.

La liberté dont nous parlions tout à l'heure n'était pas de l'anarchie. Il y avait chez les artistes et dans la société un goût dominant, raisonné, éclairé, dont nul ne songeait à s'affranchir ; et ce goût procédait de la lassitude et de la confusion engendrées par ces traditions locales, cesinâuences étrangères qui se disputaient une même région, quelquefois une même ville, sans y implanter rien de fécond ni de solide.

Pour atteindre le résultat cherché, dégager les aspirations générales, une direction était nécessaire; elle ne fit pas longtemps défaut. Les importations orientales, allemandes et françaises n'avaient pas fait oublier l'an-'

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