‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 48 sur 133 · LIVRE PREMIER. loj · texte numérisé non relu

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les berceaux de pierre OU de brique, on ne négligeait pas les charpentes apparentes qui, à peu de frais, permettaient de couvrir une vaste nef, sans compter rinte'rêt de reproduire avec plus de fidélité les anciennes basiliques. En ce genre, il convient de citer au premier rang, d'un côté, les deux églises de Saint-Laurent et du Saint-Esprit, élevées, à Florence, par Brunellesco, presque au début de la Renaissance; de Pautre, celle de San Francesco al Monte, sur la colline de San Miniato, due à Simone Pollajuolo, dit le Cronaca, qui date seulement de Tan i5oo.

Les Romains, au beau temps de leur architecture, bien que la chose ne fut pas absolument logique, avaient pris Thabitude de bander presque toujours des arcs sous les entablements saillants des ordres engagés. C'est ce qui se voit, par exemple, aux différents étages du Colisée, et la Renaissance ne pouvait négliger une disposition qui s'appliquait on ne peut mieux à la division des églises en trois nefs. Aussi, à Florence, Alberti, dans la chapelle Rucellaï, et Brunellesco, dans celle des Pazzi, firent-ils reposer leurs arcades sur des pieds-droits dont la partie antérieure était décorée de pilastres. Le Cronaca, à San Francesco al Monte, marcha sur leurs traces, et Ton peut dire qu'à partir du XVI* siècle il n'y eut pas en général d'autre système employé. Mais auparavant, de préférence, suivant l'usage des bons temps de l'antiquité, on aimait surtout à faire reposer les arcades sur des colonnes. Si la raison et le goût étaient quelque peu choqués, au moins obtenait-on de la sorte un plus grand dégagement. Cet avantage, déjà sensible à Saint-Laurent de Florence et

aux Servîtes de Sienne, éclate dans tout son jour à Saint-Zacharie de Venise, où Parchitecte, Martino Lombardo, a su créer un type d'une extrême légèreté. Enfin, quelquefois, mais rarement, le cintre fait place à la plate-bande, et les colonnes, comme au portique extérieur de la chapelle des Pazzi, sont reliées directement par Tentablement.

Pour les simples ouvertures,- portes ou fenêtres, la fidélité à l'arc est moins constante ; de bonne heure les baies, dans l'architecture religieuse aussi bien que dans l'architecture civile, affectent la forme rectangulaire avec linteau surmonté d'un fronton triangulaire ou circulaire. Le Milanais et les États de Venise conservent seuls, durant la plus grande partie du xvr siècle, les fenêtres géminées, inscrites, soit dans un cintre principal, soit, comme à la Chartreuse de Pavie, dans un encadrement à angle doit. Suivant une disposition empruntée tout à la fois à l'architecture romaine de tous les pays et à l'architecture gothique telle qu'elle se pratiquait en Italie dans les édifices civils des xiv® et xv° siècles, un oculus est généralement percé au centre du tympan réservé à la partie supérieure. Du reste, l'abandon de la fenêtre géminée entraîna celui des colonnettes, dont les formes variées et capricieuses sont une des séductions des premiers temps de la Renaissance.

La grande nef, lorsqu'elle est éclairée, présente une série de fenêtres généralement petites et s'ouvrant sous une voûte dont le berceau est découpé, latéralement par ce qu'on est convenu d'appeler des pénétrations. Ce système, rarement employé d'abord, après avoir été admis à Saint-Pierre, fit fortune ; on le retrouve dans

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toutes les églises modernes. Quelques baies sont cir-

Flg. iC. ~ Fendre de la Cli:.riceute de Favie.

!s; par exemple, à Saint-Laurent de Florence,

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Saint-EustorgeetSaînt-Maurice de Milan, Saint-Jean de Parme, Saint-Sauveur de Venise. Brunellesco, pour éclairer sa coupole, n^avait pas eu recours à un autre genre d'ouverture, et Teffet en est assez satisfaisant. Au contraire, à Sainie-Marie-de-Carignan, Alessi fut bien mal inspiré lorsqu'il introduisit dans l'architecture religieuse les fenêtres dites « en éventail ». On ne peut rien voir de plus laid que ces cintres sans jambages, ces demi-cercles si universellement à la mode en Italie à partir de ce moment-là.

De bonne heure, les architectes turent préoccupés de la forme à donner aux façades des églises. Ils ne pouvaient, en tenant compte de la coupe des basiliques, se borner à accuser comme précédemment la haute nef et ses bas côtés par un fronton et deux demi-frontons. Puis, le problème de la décoration, qui se compliquait de la suppression du portique projeté en avant, réclamait, pour être résolu, autre chose que les peintures et les mosaïques habituellement disposées de préférence à la partie supérieure. Sur ce mur bizarrement découpé qui devait servir à l'embellissement d'une place et être vu de loin, il fallait distribuer des motifs d'architecture. La situation à tous égards était délicate, et certains artistes ne crurent pouvoir mieux faire que de recourir à l'une de ces dérogations à la logique, alors si familières, en masquant les nefs par un massif carré où, suivant leur gré, allaient prendre place arcades, colonnes et pilastres. Alberti, à Saint-François de Rimini, aborda plus franchement la difficulté. Tout en donnant à l'ensemble de sa composition l'aspect d'un arc de triomphe à triple porte, il laissa voir les ram-

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