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LIVRE PREMIER. lo

la seconde par Michel-Ange; celle du Saint-Esprit, dans la même ville, par le Cronaca; celle de Saint- Satire, à Milan, par Bramante. Quant aux cloîtres qui, le plus souvent, ont de Panalogie avec les portiques des palais, quelques-uns d^entre eux jouissent d^une grande célébrité. Aussi, à peine est-il besoin de rappeler le grand et le petit cloître de la Chartreuse de Pavie, Tun et Pautre remarquables par une abondante décoration en terre cuite, le cloître de Sainte- Marie-de-la- Paix, à Rome, par Bramante, celui de Sainte-Marie-des-Anges (Chartreuse de Rome) , par Michel-Ange.

Pour la décoration des églises, les Italiens n'étaient pas embarrassés; ils puisaient également aux quatre sources suivantes : la sculpture sur pierre ou sur marbre, avec motifs tirés, soit de Timaginaiion, soit du règne végétal, soit de l'histoire ou du symbolisme; la sculpture appliquée, en terre cuite ordinairement peinte ou émaillée; la peinture proprement dite, réservée, sauf de rares exceptions, pour les intérieurs; le luxe et la diversité des matériaux. Nous avons eu à parler plusieurs fois de la splendide Chartreuse de Pavie. Cet édifice est l'exemple le plus caractéristique que Ton puisse citer. Non seulement l'abondance des ornements dus aux plus grands artistes y dépasse toute imagination, mais on ne peut rien voir de plus parfait comme exécution. A côté de la sculpture, la diversité des marbres de couleur joue un rôle important ; en vain cherche-t-on une partie tranquille, et si, au milieu de cette apparente confusion, les lignes principales s'accusent encore, c'est grâce à la force des saillies et à une

lîo L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

sage distribution qui laisse à chaque membre sa ve'ritable physionomie.

Un peu partout, en Milanais, bien qu'à un degré inférieur, on trouve le luxe d'ornementation qui vient d'être signalé. Nous devons même ajouter que, sous ce rapport, presque aucun changement ne se fit sentir jusqu'au milieu du xvi® siècle. Le contraste est donc grand avec les autres provinces où, dans la plupart des cas, on se borna, au dedans comme au dehors, à multiplier les placages, dont la tradition n'avait jamais été abandonnée.

La peinture sur verre, qui, dans les monuments religieux, produit un si puissant effet, semble avoir été sinon ignorée, du moins dédaignée des Italiens. Tous ceux qui, au delà des monts, se sont distingués en cet art, soit au xv^ siècle, soit au xvi% avaient une origine étrangère. Citons seulement, parmi les plus célèbres, l'Allemand Jacob d'Ulm, dont on voit les œuvres à San Petronio de Bologne, et le Français Guillaume de Marcillat* (1467-1529), qui travailla à Rome, Cortone et Arezzo.

§ IIL — PALAIS.

En Italie, on donne le nom de palais (pala:[:{o) à toute habitation urbaine de quelque étendue, disposée

I. Guillaume de Marcillat^ dont Vasari a fait un « Guillaume de Marseille », était né, suivant les travaux les plus récents, à Montluçon (Allier). Son nom lui vient du village de Marcillat qui se trouve non loin de là. Entré de bonne heure dans Tordre de Saint-Dominique, il résida quelque temps à Saini-Mihiel, en Lorraine, avant de se rendre en Italie.

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