‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 51 sur 133 · LIVRE PREMIER. m · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. m

autour OU au fond d'une cour. Cest Téquivalent de ce que nous appelons chez nous hôtel, et tout citoyen riche et ami des arts pouvait, aussi bien qu'un prince en possession de Tautoriié, se créer une demeure qui reçût une qualification jugée à tort ambitieuse.

Généralement, les palais italiens, quel que soit rhôte pour lequel ils aient été construits, — que leurs dimensions atteignent des proportions considérables ou soient relativement restreintes, — constituent des œuvres d'une haute valeur monumentale; les architectes sont parvenus à se distinguer dans ce nouveau genre autant et plus que dans le précédent. Michelozzo, le Cronaca, San-Gallo, Peruzzi, Alessi, Sansovino seraient peut-être demeurés pour la postérité au second rang, s'ils n'avaient eu à s'occuper de constructions civiles.

Au XV* siècle et même durant toute la période qui nous occupe, c'est à Florence que furent élevés les plus beaux palais. L'un d'eux, le premier en date et qui, dès l'origine, jouit d'une grande célébrité, passa par bien des vicissitudes avant d'arriver en l'état où nous le voyons. Commencé vers 1440, sous la direction de Brunellesco, non pour le chef de l'Etat, peu désireux d'exciter la défiance et l'envie en se préparant une trop vaste demeure, mais pour un des plus riches commerçants de la ville, Luca Pitti, que sa construction ruina, il dut être laissé inachevé au bout de quelques années. Au XVI* siècle seulement, les Médicis, devenus propriétaires, purent faire reprendre les travaux. Ce sont eux qui commandèrent à Ammanati la belle cour intérieure.

Le palais Pitti, dans ses parties primitives, est surtout remarquable par la majesté et l'harmonie des lignes. On n'y trouve pour ainsi dire pas trace d'ornementation, et cette sévérité, si peu conforme au goût ( alors dominant, doit être attribuée aux tendances personnelles de Tarchitecte. Les coupes accentuées de Tappareil à bossages convenaient mieux à sa tournure dVsprit que la sculpture décorative; sans compter que les Florentins ne pouvaient qu'être charmés de le voir chercher ses modèles parmi les monuments étrusques, si nombreux dans la contrée.

Vers la fin de ses jours, Cosme l'Ancien (f 1464) sortit de la réserve que s'étaient commandée jusque-là les chefs de la république, et Michelozzo reçut ordre de lui bâtir un immense palais qui devait deux cents ans plus tard passer entre les mains d'un simple citoyen dont il a retenu le nom, le marquis Riccardi. Là du moins, si les bossages tiennent encore une grande place, les riches moulures ne sont pas exclues, et la grâce marche de pair avec la force.

Au palais Ruccellai (1460- 1466), la tendance indiquée s'accentue de plus en plus. Non seulement des refends sont substitués aux bossages, mais des pilastres se dressent à chaque étage entre les fenêtres. Ce dernier parti, qui constituera plus tard l'un des traits saillants de la manière de Bramante, mérite particulièrepent d'être remarqué.

. .On le retrouve, en dehors de, Florence, au palais Piccolomini, à Pienza ((462), que Pie II fit bâtir par Bernardo Rosscllino. Aussi, bien que, à propos du palais Ruccellai, le nom d'Alberti ait été sou-

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