IV. — VILLAS
Quiconque a lu la lettre où Pline le Jeune de'crit son cher Laureniin • peut se faire assez bien Tidée de ce que furent, au temps de leur splendeur, les plus célèbres maisons de campagne élevées par les architectes de la Renaissance. Sans doute, les bâtiments tiennent une grande place, mais le logement proprement dit est très restreint. Autour des cours assez nombreuses qui affectent différentes formes se succèdent presque indéfiniment des pièces d'apparat. Ce ne sont que grandes salles richement ornées, longues galeries et élégants portiques. Puis viennent des terrasses ménagées avec art, des jardins savamment dessinés, avec accompagnement de grottes fraîches, de bassins et de pavillons. On comprend que Charles VIII et son entourage aient été séduits par tant de choses si nouvelles pour eux. Ces habitations largement ouvertes, où tout semblait fait pour le plaisir des yeux, ne rappelaient guère les sombres châteaux d'au delà les monts. Aussi, suivant Texpression antique, leur donnait-on le nom de villas^ qui implique Tidée d'un lieu de repos où la vie s'écoule facilement, au milieu de la paix et de Pabondance.
Quelques villas comme le Poggio a Cajano, dont Laurent le Magnifique confia la construction à Giuliano da San-Gallo, comme le Belvédère, que le duc de Ferrare, Alphonse I*', fit élever dans une île du Pô,