LIVRE PREMIER. iji
Vérone ; malheureusement, il ne reste rien aujourd'hui de ce remarquable ouvrage, et pour Juger du savoir faire de la Renaissance en un genre difficile qui est plus du ressort de l'ingénieur que de celui de l'archî- 'Tccie, nous sommes obligés de descendre très avant dans le xvi» siècle. Le pont dit de la Trinité, à Florence,
Fig- !(■ — Poi' J' '» TrinîK, à Floren«,
dont les trois arches, tracées suivant une courbe elliptique, font le plus grand honneur à Ammanati, ne date que de l'année 1559. Quant au pont du Rialto, à Venise, composé d'une seule arche solide, mais manquant de beauté, après désistement de Scamozzi, auteur d'un premier projet, il fut exécuté sur plan nouveau par Antonio da Ponte, de i588 à 1591.
La Renaissance, qui inventa les bastions et transforma Tari des fortifications, ne devait pas manquer de donner une physionomie toute particulière aux portes ouvertes dans les courtines. En ce genre, on admire avec raison les œuvres laissées par San-Mîcheli au Lido, près Venise (portç du fort Saint-André), et à Vérone (Porta Nuova et porte Saint-Zenon). L'énergie dans la con-
ija L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.
struction ne saurait aller plus loin, bien que toute ornementation n'ait pas été négligée.
Les tombeaux, généralement appliqués contre les hautes parois des églises, nous retiendraient longtemps, si nous voulions les étudier en détail. Mais dans ces créations la part du sculpteur l'emporte de beaucoup sur celle de Parchitecte, qui à peine est appelé à disposer certaines lignes, à combiner certains arrangements. Sauf au tombeau de Colleone, à Bergame, où le défunt est représenté à cheval, au centre figure toujours une statue couchée sur un sarcophage plus ou moins orné. Comme encadrement, un stylobate chargé d'inscriptions, enrichi d'armoiries ou de bas-reliefs, des colonnes, des pilastres, des statuettes étagées dans des niches, servant de support, soit à un entablement complet, soit à une grande arcade en plein cintre. Les principaux types que nous puissions citer sont à San Miniato, près Florence, le tombeau du cardinal Jacques de Bragance, dit le cardinal de Portugal (1470); à Venise, le tombeau du doge André Vendramin (1485) ; à Rome, église Sainte-Marie-du-Peuple, le tombeau du cardinal Ascanio Sforza (i5o5) et celui du cardinal de Castro (i5o6).
Les autels, les chaires, les fonts baptismaux rentrent encore bien moins* dans notre cadre. Ce sont des œuvres de petite dimension, tout entières livrées au ciseau d'habiles artistes qui ne laissent guère de place, même pour de simples moulures.
En terminant, il y aurait quelques mots à dire des fontaines. Beaucoup d'entre elles, comme celle au nord du Palais Vieux, à Florence (i563), celle de la Pia/sza.