‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 73 sur 133 · LIVRE II. isi · texte numérisé non relu

LIVRE II. isi

sonnée et parfaitement logique des /ormes de Fart gréco-romain aux dispositions adoptées par le moyen âge et plus particulièrement par V architecture gothique.

Dans ces conditions, on ne saurait songer, ainsi qu^il a été souvent proposé, à faire des deux premiers Bourbons les continuateurs des Valois. A peine si quelques constructions trahissent alors Tancien goût français. Le moyen âge est bien mort, et les temps modernes représentés par Part classique triomphent définitivement. Au moins ne voyons-nous qu'en Bretagne, aux environs de Troyes et dans la région toulousaine se prolonger jusqu^à la fin du règne de Louis XIII la brillante fioraison de la Renaissance. Il ne faut pas non plus négliger de dire que Tavènementde Henri IV {1589) est loin de marquer une limite précise. Les brusques changements se rencontrent rarement dans les manifestations humaines, quelles qu'elles soient, et toute nouvelle direction n'est pleinement acceptée qu^après une période de transition plus ou moins longue.

La Renaissance, durant les cent années environ où sa domination ne fut pas contestée, subit elle-même différentes transformations que Ton a essayé de caractériser suivant la manière plus particulièrement en honneur sous tel ou tel souverain. C'est ainsi que l'on dit le style Louis XII, le style François P^, le style Henri II. Peut-être faudrait-il également dire le style Henri ///, car tout n'est pas demeuré sans changement depuis la mort de François I" jusqu'au milieu du règne de Henri IV. Sous Charles IX, on constate déjà les indices d^une nouvelle interprétation de l'antiquité; l'art

parcourt une dernière phase que l^histoire a le devoir de ne pas négliger.

Le style Louis XII, dont les limites, suivant les provinces, sont assez variables, outre les dix-sept années indiquées par son titre (1498-1515), comprend la fin du règne de Charles VIII et le commencement de celui de François I•^ Les lignes anguleuses et sèches, durant ce temps, tendent de plus en plus à s'adoucir. Le chapiteau, presque abandonné depuis Charles VI, reprend sa place et le pilastre apparaît à la suite des arabesques qui peuvent difficilement se passer de surface plane. Bientôt après se montre Tentablement. L'arc aigu, jurant désormais avec ces dispositions nouvelles, est sacrifié. Chose étrange! il disparaît plus rapidement que dans Pltalie même où si souvent il est associé à une décoration et à des encadrements inspirés de l'antique. En France, à peu d'exceptions près, sa présence n'est plus tolérée, dès le début du xvi« siècle, que dans les voûtes des églises et les grandes ouvertures inscrites sous ces voûtes. On lui préfère le plein cintre et Tare en anse de panier.

Dans le détail des moulures et des membres d'architecture, on voit les profils gothiques se mêler d'une façon assez étrange aux arabesques, aux médaillons, aux losanges importés par les Italiens, ainsi qu'aux différents éléments des ordres classiques. Il est à observer cependant que ces derniers se présentent encore timidement : ce ne sont pas eux qui déterminent les fortes saillies; ils ne sont employés qu'en pilastres, ou, si la colonne survient, elle fait office de pilier, s'affranchît de ses proportions normales et souvent apparaît

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