‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 83 sur 133 · I. Voir la Renaissance en France, t. II, p. 48 et suiv · texte numérisé non relu

I. Voir la Renaissance en France, t. II, p. 48 et suiv

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elles accusent, sinon tou)Ours la main de Jean BuUant, du moins son influence.

Le Parisien Gilles Le Breton, comme Pierre Chambiges, n'a pris place que depuis peu de temps parmi les grands architecies du xvi* siècle. La majeure partie du château de Foniainebleauest pourtant son œuvre, et seul il a tout conçu, tout dirige durant vingt-cinq ans.

de 1527a i552. Mais pour rétablir la véritésur ce point, il a fallu la production de documents aussi nombreux que décisifs. Les tenants de Serlio et autres Italiens ne se laissaient pas facilement convaincre, bien qu'ils n'eussent pour eux qu'une tradition menteuse. Et cette obstination est d'autant moins compréhensible que le talent de Gilles Le Breton est en réalité fort contestable. Si cet architecte brille parfois dans l'agencement des lignes, dans l'habileté à tirer parti de certaines conditions désavantageuses, il manque trop souvent dans

rornementation dé cette abondance et de cette grâce sans lesquelles on a peine à concevoir la Renaissance du temps de François I•^

Naguère encore le château dit de Madrid ou du bois 'de Boulogne, si malheureusement détruit par la Révolution^ était attribué à un céramiste italien, Jérôme délia Robbia. Mais nous savons aujourd'hui d'une manière certaine que les plans en furent dressés (i528) par un architecte tourangeau, Pierre Gadyer. A la mort du maître (r53i), la direction des travaux, jusqu^à leur achèvement en i56o, passa successivement entre les mains de deux autres Tourangeaux, Catien et Jean François.

De même, contrairement à une opinion trop répandue et qui ne repose absolument sur rien, est-ce à une famille d'architectes français qu'est due la construction de la grande et belle église Saint-Eustache, à Paris, La première campagne, qui dura de i532 à i545 et aboutit à élever le transept ainsi que quatre chapelles âu nord du chœur, fut conduite par Pierre Lemercier, dont le talent avait été mis en évidence à Pontoise, son .pays d'origine, par certains embellissements de l'église Saint-Maclou. En iSjS, au moment delà reprise des travaux, la direction se trouva confiée à l'un des fils de Pierre Lemercier, nommé Nicolas, et c'est le gendre de ce dernier, Charles David, qui, au commencement du xvii« siècle, termina Timmense édifice.

Jacques Androuet du Cerceau, né à Orléans dans les dernières années du règne de Louis XII, mort à Paris sous Henri III, est surtout connu comme dessinateur et graveur de monuments. Son principal ou-

vrage, les Plus excellents bastiments de France (i 576), nous a conservé le souvenir de nombreux châieiiux disparus, en même temps qu'il permet de retrouver les anciennes dispositions de ceux encore existants. Peu de constructions peuvent lui être attribuées avec ccriî-

^'S- 13- — Châttau de Bouniazcl.

tude. A Montargis, le chœur de l'église n'est même pas tout entier son ouvrage. 11 n'a fait, en i565, qu'ajouter un pendant à l'aile droite, élevée de 1540 à 1 545. Jacques Androuei du Cerceau laissa deux fils, l'un et l'autre architectes distingués. L'aîné, Baptiste (f iSgo), est l'auteur des plans de Charleval,dont la construction fut si malheureusement interrompue à la mort de Charles IX. Il avait aussi dressé le projet du Pont- Neuf, à Paris (1578), exécuté un peu plus tard par Guillaume Marchand. Quant au second, Jacques il,

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qui vécut Jusqu'*en 1614, il paraît avoir bâti Tancien pavillon de Flore, aux Tuileries, ainsi que les deux galeries jadis adjacentes, au nord et à Test.

Clément Métezeau, premier du nom, — le second (i58i-i652) est le célèbre inventeur de la digue de la Rochelle, — vivait à Dreux durant la première moitié du XVI* siècle. En t5i6, il est chargé de continuer la construction de Phôtel de ville, commencé quatre ans plus tôt sous la direction de Pierre Caron, et, en 1524, il ajoute un portail à l'église paroissiale. Son fils, Thibaut (i 533-1 596), architecte de Henri III, s'installe, semble-t-il, *d'assèz bonne heure à Paris. CVst lui qui dressa lés. plans et exécuta en partie la première moitié de la grande galerie du Louvre.

Sur les bords de la Loire, outre Charles Viart et Colin Byàrd dont il a été déjà question, nous trouvons Pierre Nepveu dit Trinqueau, Pimmortel architecte du château de Chambord; Bastien et Martin François, deux des esprits les plus avancés de leur temps, ainsi qu'en témoignent, à Tours, le clocher nord de la cathédrale (iSoj), la fontaine dite de Beaune (i5ro) et le cloître de Saint-Martin (i 5o8-i 5 19) ; Jean de Lespine, la plus grande gloire artistique de l'Anjou, qui eut probablement des conseils à donner hors de sa province', car son genre se reconnaît à Solesmes et dans le corps principal du château de Valençay.

La Normandie n'est pas moins bien partagée. Au début, Pierre^ Fain et Guillaume Senault construisent le château de Gaillon, l'une des merveilles de la Renaissance; Roland Leroux élève dans la cathédrale de Rouen le tombeau de Georges d'Amboîse. Puis, à

Caen et dans les environs, Hector Sohier, dont Texubérance s'allie au goût le plus exquis, de 1 5 1 5 à 1 545, maniCesie son génie; àGîsors, trois générations d'architectes du nom de Grappin {Jean 1°', Robert et Jean II),

^'^e- *-i- — Détail! de Bouruuct.

sans atteindre à la même hauteur, font preuve d'un talent véritablement original.

Dans les provinces de l'est, Bourgogne et Franche- Comté — cette dernière alors se'parée de la France, — Hugues Sambin(i5 18-1602), que les documents qualifient tantôt de menuisier, tantôt d'architecteur, en la seconde qualité a bâti, à Dijon, une partie de la façade si curieuse de l'église Saint-Michel, à Besançon, un corps de logis des bàiiments municipaux, aujourd'hui transformés en palais de justice. La caractéristique de

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son Style est une grande habileté dans la distribution des ornements dont il abuse quelque peu. Parmi les émules de Sambin, il faut citer Charles Ribonnier, qui se distingua, à Dijon, dans la construction du palais de justice et^ près de Langres, dans celle du grand et beau château du Pailly.

Enfin le Rouergue ne doit pas être oublié, car il produisit, au cours du xyi** siècle, un grand nombre d'architectes, parmi lesquels Jean Salvanh, Baduel et Guillaume Lissorgues tiennent le premier rang. La Renaissance, qui s'était déjà manifestée sous Tévêque François d'Estaing (i5oi-i529), trouva dans son successeur Georges d'Armagnac (i53o-i562) un protecteur aussi généreux qu'éclairé. Ce prélat, d'ailleurs, avait pour ami et pour conseiller le célèbre Guillaume Philandrier, qui, en 1541, publia un commentaire sur Vitruve. Si le château de Gages, bâti par Salvanh, aux environs de Rodez, n'existe plus, nous admirons encore celui de Bournazel, œuvre de Baduel, et celui de Graves, dû au talent de Lissorgues.

Nous nous sommes efforcé plus haut de faire comprendre comment se développa le mouvement de la Renaissance. La transformation, d'abord assez lentement opérée, a été étudiée par règne, ce qui, tout en mettant à peu près chaque chose au point, ne semble pas suffisant pour faire valoir la grande figure de François P'. Nul prince, en effet, ne s'identifia peutêtre aussi complètement avec les tendances de son époque. Capricieux, chevaleresque, épris de toute beauté et de toute grandeur, il ne négligea rien pour assurer le triomphe des novateurs^ auxquels les nom-

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