‹ L'architecture de la renaissanceChapitre 94 sur 133 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

point de raccord avec les planchers et sur toute leur épaisseur, la balustrade, qui n^a pu être ajoutée après coup, puisqu^en certains endroits elle fait corps avec les gros piliers partant de fond, montre des parties pleines; pour atteindre les mêmes planchers, on s^est

Fig. $4. — Plan de Chambord.

trouvé amené à donner aux révolutions de Tescalier des hauteurs inégales, ce qui évidemment présuppose un plan arrêté dès le premier instant; la corniche sur laquelle s'appuie la voûte, à Pétage supérieur, se confond avec la dernière assise des cheminées, d^oU il s'ensuit que tout est du même temps; enfin, sur les quatre faces extérieures, la décoration implique l'existence de trois étages et l'on ne s'explique pas, s'il en

était autrement, comment les pavillons des angles pourraient communiquer entre eux. L'idée de supprimer la division en étages, de laisser chaque bras de la croix grecque, occupée au centre par l'escalier, s'élever du sol à la voûte bandée sous la plate-forme, est donc \

absolument contraire à la vérité, et une restauration j

entreprise dans cet esprit porterait au monument que 1

l'on prétend rendre à son intégrité première le plus -\i

fâcheux préjudice. |^

Le château de Saint-Germain-en-Laye, qui s'élève j|

sur des bases remontant au xiv* siècle, a été commencé, . ^

en i539, par Pierre Chambiges; et les travaux marchèrent rapidement, car, à la mort de cet architecte, en 1 544, si Pon excepte le corps de bâtiments à droite de l'entrée, toutes les parties atteignaient presque le niveau des toits. Le successeur de Chambiges fut son gendre, Guillaume Guillain, qui, sans rien changer au plan primitif, achevait l'œuvre en 1548.

Saint-Germain, à partir du premier étage, est entièrement bâti en briques. Aussi l'ornementation fait-elle quelque peu défaut; on l'a remplacée, du côté de la cour, par du mouvement dans les lignes, obtenu au moyen de contreforts très saillants, entre lesquels, à deux hauteurs différentes, sont bandés d'épais arceaux. Mais le principal caractère de la construction réside .dans les terrasses en pierre de liais que Chambiges, comme il l'avait déjà fait à Challuau, substitua aux hautes toitures d'ardoises. De là la nécessité des tirants en fer qui ont eu le privilège de faire dire tant de sottises. Il était cependant facile de remarquer que, vu la hauteur à laquelle sont placées les voûtes, vu la largeur

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