DES LINTEAUX
Des I/lnteanx.
Le linteau est une barre de fer placée en travers et au sommet d’une baie de porte ou de fenêtre. Dans la maçonnerie ordinaire il est d’usage de placer des linteaux de bois de charpente au-dessus de l’ébrasement horizontal des fenêtres, et l’on bande le haut des tableaux en dehors, avec des moellons taillés en coupe, dans lesquels on met par précaution des barres (de fer) de linteau. Dans la construction en pierre de taille, ces barres sont encastrées sur les claveaux (pierres en forme de coin et qui forment la plate-bande) et scellées dans les pieds droits de la baie.
D’après des expériences laites par des hommes de l’art, il résulte que , relativement à la raideur des barres de fer posées horizontalement, un linteau de fer doit avoir pour épaisseur au moins la trentième partie de sa longueur entre, les points d’appui, puisqu’il commence à plier sous son propre poids lorsqu'elle est moins de la cinquantième partie de sa longueur.
On a eu la preuve qu’une barre de fer qui avait 47 millim. de grosseur sur 45 millim. pliait par son propre poids de 4 millim. dans une longueur de 3™, 32. Ce qui prouve combien peu on doit se fier aux barres posées sur les plates-bandes lorsqu’on ne les arrête pas par les bouts, pour les faire agir en tirant, pour les empêcher de courber; et, comme alors elles ont un double effort à soutenir, il est convenable de leur donner une largeur double de leur épaisseur verticale.
Employer les barres de fer comme simples supports, serait donc faire un faux emploi de la matière, parce que, dans ce cas, la flexion dont elle est susceptible annulerait l’effet qu’on se propose d’obtenir en employant cette sorte d’armatures.
Nous croyons utile de donner ici la manière d’évaluer la force des fers. Les barres de fer forgé acquièrent une augmentation de force en raison directe de leur périmètre ou pourtour de grosseur, et en raison inverse de leur épaisseur. Multipliez donc la surface de grosseur de la barre exprimée en millimètres carres, plus son contour ou périmètre par 240, qui est la force moyenne des fers tout grains; ainsi désignant la surface
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
de la grosseur par a, le périmètre de la grosseur par b, et la force moyenne par c , on trouvera pour l’expression générale de la force des fers qui agissent en tirant, a X b X c.
Fera forgé*, fera d'aMemblnge, quincaillerie*.
On distingue dans le bâtiment trois catégories d’ouvrages "de serrurerie :
1° Ceux en fers forgés, tels que les gros fers et autres façonnés au marteau , et qui n’ont pas été travaillés sur l’établi ;
2" Ceux en fers d’assemblage, comprenantlcs grilles, balcons, rampes d’escaliers et autres ;
3° Enfin les ferrures ou quincailleries.
Nous avons déjà parlé des chaînes, des tirants, des anfcres et des linteaux. Il faut encore ajouter à la série des gros fers de bâtiment les étriers fig. 300, bande de fer plat coudé, contçecoudé et à talon de chaque bout, destinée à embrasser .une pièce de bois pour la suspendre; les plaies-bandes , barre de fer plat, qui se pose sur les barres d’appui et sur les rampes; les manteaux de cheminée, pièce de fer qui porte sur les jambages ou sur les corbeaux, et qui soutient la partie supérieure de la cheminée ; les bandes de trémie, fig. 301, fers plats, coudés aux deux extrémités, portant sur |pî^ les enchevêtrures en charpente, supportant l’âtrc d’une cheminée, et remplaçante bois à celle place, afin d’éviter l’incendie; les colliers, liens de fer, dans la forme d’un anneau terminé par deux branches à scellement ou à pattes.
On range aussi dans la catégorie des gros fers les grilles dormantes pour fenêtres avec barreaux de fer, tels qu’ils se trouvent dans le commerce, scellés dans le linteau et l’appui de la fenêtre.
Les grilles le plus en usage pour clôture et les plus solides sont celles dont les montants ou barreaux, d’ordinaire ronds,
Fig. 300.
Fig. sur.
Al 3
Fig. 302.
sont d’un seul morceau du bas jusqu’en haut. Les barreaux passent tout au travers de deux barres de fer transversales , nommées traverses ou sommiers. Quand les travées sont séparées par des piles de maçonnerie , les traverses sont scellées dans les piles. La traverse a des trous pour laisser passer les barreaux; en la forgeant, on lui ménage ses rendements au milieu desquels on perce les trous au foret. 11 faut que ces trous aient exactement le diamètre des barreaux ronds qu’on y ajuste. On emploie aussi, ce qui n’est pas d’un mauvais effet, des barreaux carrés posés en diagonale.
Quant aux balcons , on en exécute rarement aujourd’hui en fer forgé, qui a été remplacé par la fonte.
On aussi beaucoup simplifié les rampes d’escalier. Dans les escaliers dits à l’anglaise, qui n’ont pas de limon et dont les marches se profilent sur leur épaisseur, on emploie des barreaux de fer rond, qui par le bas, portent un tenon rond taraudé, ajusté et monté sur un support simple ou orné, dont la tôle est ordinairement carrée, percée d’un trou pour recevoir le tenon du barreau , et posé soit à vis, pour les escaliers en bois, où à scellement pour ceux en pierre. Ces supports, nommés pitons, se posent à l’extérieur des marches.
On pratique d’autres rampes, et qui sont le plus en usage aujourd’hui; elles ont leurs barreaux coudés â col de cygne par le bas, posés sur le côté de la marche, soitù pointe, soit à patte fixée avec des vis , et ornés de patères en cuivre ou en fonte.
Le serrurier fournit et le quincaillier vend un grand nombre d’objets qui s’emploient dans le bâtiment, auxquels on a donné le nom de quincaillerie , serrurerie proprement dite, et qui comprend la généralité des objets que l’on peut fabriquer en fer ou en acier, tant pour la solidité que pour la sûreté et la décoration. Les articles de quincaillerie sont innombrables : nous n’en mentionnerons que les plus importants et les plus en usage :
Fig. 303.
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
D’abord les serrures de toutes espèces, depuis 33 millim. jusqu’à 21 à 24 centimètres. La serrure est une boîte parallélipipédique , dont la face principale est une plaque de fer battu sur laquelle est bâtie la serrure et qui supporte la broche , la bouterolle, etc. : cette plaque est nomméepa/as/rc. La pièce opposée au palaslre est nommée la couverture; c’est la partie visible et principale de la serrure; les quatre autres faces en forment l’épaisseur. La face que traverse le pêne se nomme le bord ou rebord, les trois autres ont le nom de cloison. Ce sont donc six côtés formant une boite qui contient tout le mécanisme. Le pêne , petit verrou de fer que la clef fait aller et venir , se meut sur le palastre; il est contenu par un ressort qui le comprime et qui s’introduit dans des coches qui lui sont destinées. Une clef introduite dans celte machine accroche, en tournant, le ressort et le soulève, tandis qu’en môme temps elle rencontre une barre du pêne, la pousse et la fait marcher.'Ce pêne, en sortant de la serrure, entre dans une gâche qui retient sa tête fortement, et par ce moyen la porte est fermée. Afin d’empôcher qu’une clef étrangère n’ouvre la serrure, on dispose dans son intérieur des pièces minces, qui sont autant de portions de diaphragme, placées de telle sorte qu’elles passent librement dans des ouvertures correspondantes et ménagées à la clef. Voilà, aussi brièvement que possible, l’analyse du mécanisme d’une serrure.
Parmi les serrures on distingue :
La serrure à veille, qui sert à ouvrir un loquet.
La serrure bénarde , qui s’ouvre de deux côtés, employée dans les appariements pour s’enfermer à l’intérieur.
La serrure à demi -tour, dont le pêne se pousse avec un bouton , une pomme , une olive , et qui s’ouvre aussi avec un demi-tour de clef. Cette sorte de serrure peut avoir un ou deux tours indépendamment du demi-tour.
La serrure à pêne dormant , dont le pêne ne se meut qu’au moyen de la clef.
La serrure à deux fermetures, celle qui se ferme à deux pênes par deux endroits dans le bord du palastre.
La serrure de sûreté , celle qui est parfaitement faite , dont les garnitures (c’est-à-dire les bouterolles , pertuis , planches,
Fig. 304.
Fig. 305.
râteaux et rouets) répondent bien aux entailles du panneton de la clef, et dont les pièces, les rivures, les brasures, sont parfaitement finies. Le pêne de ces serrures est, assez ordinairement, dormant , et elles ont en outre un demi-tour et un verrou de nuit.
On se sert beaucoup de. la serrure dont M. Sterlinget est l’inventeur. Elle est à tour et demi et marquée S T.
Les gonds à scellement et à repos pour volets extérieurs etpersiennes, fig. 304.
Les loqueteaux simples fig. 305 ou coudés fig. 306, petits loquets à ressort, attachés au haut des fenêtres ou des persiennes à des endroits où la main ne peut atteindre et qu’on ouvre en tirant un cordon en fil de fer attaché à sa bascule. Le loqueteau peut entrer quelquefois dans un mantonnet; quelquefois aussi il porte lui-même son mantonnet, qui accroche un étoquiau (ou petite cheville en fer, ronde ou carrée).
Les pivots à équerre , pièce qui tourne sur son axe, employée pour les portes cochères ou pour les portes qu’on veut faire fermer seules.
Les gonds à pointe simple et ceux à pointe et à repos, fig. 307.
Les pivots à équerre et crapaudine, .pour portes, fig.
Les charnières , pour ferrure de placards, fig. 309.
La pommelle simple en T, pour portes et fenêtres, fig.
La pommelle double en T, id. fig. 311.
La pommelle simple en S, pour portes et fenêtres, fig.
Les charnières pour ouvrages divers , pour portes, armoires, etc.
Fig. 300.
Fig. 309.
Fig. 310.
Fig. 311. Fig. 312.
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
Fia 313.
Fig. 315.
Fig. 310.
Fig. 324.
Fig. 320.
Les tourniquets , pour fixer les volcls et les persiennes, fig. 313.
Les pommelles simples à queue d’aronde, pour usages divers, fig.
Les fiches à vases , pour usages divers, iig. 315.
Les charnières pour volets brisés, fig. 316.
Les charnières à un coq, fig. 317.
Les charnières à deux coqs, fig. 317.
Les couplets à pans, fig. 318.
Les loquets pour volets et portes, fig. 319.
Les espagnolettes ou crémones avec leurs gâchettes haut et bas, recevant le crochet, le support du haut et celui du bas et ceux du milieu s’il y en a, la poignée, l’agraphe et Je contre-panneton.
Les fichesM gonds , pour portes pesantes, fig. 320.
Les fiches à nœuds , pour guichets, fig. 321.
Les fiches à broche , fig. 322.
Les verroux à ressort sur platine, pour haut, pour portes, id. pour bas. id.
Les équerres simples ou doubles, pour volets , persiennes et fenêtres, fig. 323.
Les targettes, pour nombreux usages, fig. 324.
Les charnières à branches, fig.
Les poignées brisées, fig. 326.
Les crochets, fig. 327.
On nomme pentures des banfk 327. des de fer méplat , terminées par
Fig. 325.
un œil ou anneau dans lequel entre le gond, et qu’on arrête sur la porte avec des clous. Leur usage est de tenir les portes ouvrant et fermant.
La penturc peut être soudée, fig. 328 ou ployée, fig. 329.
Le ferrage d’une porte consiste en gonds ou en fiches à broche et à bouton , sorte de gond à charnières, dont tous les nœuds sont enfilés par une seule et môme broche (fig. 321); ensuite vient la serrure et enfin la gâche. La gâche est une pièce de serrurerie dans laquelle s’engage le pêne de la serrure pour tenir la porte fermée. Il est aisé de comprendre que cette pièce peut être plus ou moins compliquée, selon le degré de force et de sûreté qu’on veut lui donner ; quelquefois ce n’est qu’un simple crampon de fer. C’est au constructeur à choisir le genre de penturcs et de serrure qu’il préfère selon son goût et selon les pièces auxquelles les portes sont destinées. Les belles serrures d’un prix Fis- 330. élevé ne doivent ôtre posées qu’aux portes d’entrée, xau salons, salles à manger et .chambres à coucher. Pour les portes des autres pièces de la maison on peut choisir des serrures moins chères.
Il ne faut pas faire usage de charnières pour les portes d’apparlement; car dans le cas où l’on voudrait déposer la porte, on abîmerait la peinture ainsi que la menuiserie. Il est donc convenable de n’employer pour des portes pleines que des gonds ou des fiches â broches et à bouton ; il y en a de simples et d’ornées dans le commerce.
Quant aux boutons de serrure, il y en a en cuivre, en cristal et en porcelaine blanche ou peinte. Les boutons en cuivre se ternissent facilement , sont d’un entretien journalier et donnent de l’odeur â la main qui s’en sert. Les boutons en cristal , devenus d’un usage vulgaire, sont préférables : il ne se crassent point. Il en est de môme des boutons en porcelaine que nous recommandons comme étant d’un bon usage et d’un aspect élégant; le blanc se dessine nettement sur toute espèce de peinture.
Le commerce livre des serrures qui se posent dans l’épais-
Fig. 328. Fig. 329.